1. Ingénieurs et scientifiques : les métiers qui recrutent
Boîte à outils

Ingénieurs et scientifiques : les métiers qui recrutent

Envoyer cet article à un ami

L’heure de la reprise a sonné pour les jeunes diplômés scientifiques ! Certaines entreprises parlent même déjà de difficultés de recrutement. Quels métiers sont particulièrement porteurs ? Si les ingénieurs et titulaires de masters sont toujours recherchés dans les secteurs traditionnels de l’industrie ou des transports, les mutations technologiques font apparaître de nouveaux besoins dans l’énergie, le BTP, l’informatique ou, plus original, la banque-assurance ou la santé… Zoom sur les fonctions en vogue dans chacun de ces domaines.

Tous les analystes le confirment : la crise est derrière nous. Si les jeunes ingénieurs diplômés ont souffert comme toutes les professions du ralentissement économique en 2008-2009, les promotions 2010 et surtout 2011 devraient entrer plus facilement sur le marché du travail. "Que ce soit des juniors ou des confirmés, 180.000 recrutements de cadres sont prévus en 2011, annonce Pierre Lamblin, directeur du département études et recherche de l’APEC (Association pour l’emploi des cadres). Les ingénieurs font partie des profils fortement recherchés par les entreprises. Certaines commencent même à parler de difficultés de recrutement. Leur taux d’emploi, le pourcentage de CDI (contrat à durée indéterminée) et même les salaires devraient être en hausse."


Dans les SSII, mais pas seulement

Même les secteurs qui avaient stoppé leurs recrutements se remettent à embaucher. Renault prévoit ainsi de recruter 400 ingénieurs juniors, le groupe d’ingénierie et de conseil en innovation Assystem 300 ; EDF 950… Dans les SSII (Société de service en ingénierie informatique) et chez les éditeurs de logiciels, les prévisions de recrutement donnent presque le vertige. "Le secteur est reparti sur une dynamique de croissance qui nous permet d’envisager 40.000 recrutements en 2011 dont la moitié de jeunes diplômés, la plupart de niveau bac+5", assure Philippe Tavernier, président de la commission social-emploi-formation du Syntec numérique, organisation professionnelle qui rassemble les SSII, les éditeurs de logiciels et les sociétés de conseil en technologie.


Des premiers emplois tournés vers la R&D

Le premier emploi des jeunes ingénieurs concerne le plus souvent les fonctions "ingénierie, études et conception". Près d’1 sur 2 ont commencé dans cette voie en 2009, selon l’enquête des Ingénieurs et scientifiques de France. Viennent ensuite les fonctions de production et celles liées aux systèmes d’information.

Exemple chez Renault où la priorité en 2011 est de recruter des jeunes diplômés pour sa division "ingénierie". "Ils participeront ainsi à la conception des véhicules de demain. Recruter des jeunes est important pour disposer des nouvelles compétences qui contribuent au développement de nos innovations technologiques. Les passionnés de technologie sont donc les bienvenus", assure Sophie Labbey, responsable du recrutement France de l’entreprise automobile.


Les entreprises de plus en plus exigeantes

Autre évolution de fond : le développement durable n’est plus une mode mais fait partie, le plus souvent pour des raisons économiques, de la stratégie des entreprises. "Ces préoccupations exacerbent certains aspects des métiers d’ingénieurs : la qualité, la sécurité, l’efficacité des systèmes", estime Julien Roitman, le président des Ingénieurs et scientifiques de France. Des mutations qui modifient les attentes des recruteurs.
Car si le marché est plus favorable, les entreprises sont de plus en plus exigeantes envers les jeunes diplômés. "Il y a 5 ans, les entreprises demandaient aux ingénieurs d’être des têtes bien faites. Désormais, elles recherchent de la mobilité intellectuelle, des candidats capables d’évoluer dans différents secteurs", analyse Christelle Jacq, coordinatrice recrutement chez Assystem.
Même son de cloche de la part du président des Ingénieurs et scientifiques de France : "En raison de la conception de systèmes de plus en plus complexes, les recruteurs attendent que l’ingénieur ne soit pas centré sur un seul domaine et apporte une approche transdisciplinaire. Les entreprises demandent ainsi aux ingénieurs de devenir des architectes de solutions."


École ou université ?

Si les postes d’ingénieurs sont traditionnellement dédiés aux diplômés d’écoles du même nom, les entreprises s’ouvrent de plus en plus aux diplômés de masters universitaires. Chez EDF par exemple, sur les 950 jeunes ingénieurs diplômés en 2010, 80% étaient issus d’écoles françaises, 16% d’universités et 4% de formations étrangères.

Le président de la commission social-emploi-formation du Syntec numérique, Philippe Tavernier met lui en avant la pénurie de compétences dans les domaines de l’informatique et des télécoms pour expliquer la diversification des profils recherchés. "Notre pays ne forme pas assez de jeunes diplômés pour les industries du numérique. 30.000 jeunes sortent diplômés d’une école d'ingénieurs chaque année. Nous souhaitons en recruter 20.000 et nous ne sommes pas le seul secteur qui embauche. Nous nous ouvrons donc aussi à des profils universitaires, voire à des diplômés bac+2 ou bac+3 que nous formons aussi en interne." Avis aux intéressés…

Sommaire du dossier
BTP, l’effet développement durable Les technologies de l’information sont partout, les emplois aussi Énergie, le nucléaire en tête Banque-assurance, actuaires demandés Santé, les ingénieurs de plus en plus prisés