Banque-assurance, actuaires demandés

Par Sylvie Lecherbonnier, publié le 01 Mai 2011
4 min

L’heure de la reprise a sonné pour les jeunes diplômés scientifiques ! Certaines entreprises parlent même déjà de difficultés de recrutement. Quels métiers sont particulièrement porteurs ? Si les ingénieurs et titulaires de masters sont toujours recherchés dans les secteurs traditionnels de l’industrie ou des transports, les mutations technologiques font apparaître de nouveaux besoins dans l’énergie, le BTP, l’informatique ou, plus original, la banque-assurance ou la santé… Zoom sur les fonctions en vogue dans chacun de ces domaines.

Que ce soit dans la finance, où les embauches reprennent petit à petit, ou dans l’assurance, qui connaît de fort besoin de recrutement, les profils d’ingénieurs sont de plus en plus recherchés. "Leur haute technicité est appréciée", selon Sylviane Gastaldo, directrice de l’ENSAE ParisTech (école nationale de la statistique et de l’administration économique).

Jean-David Fermanian, professeur de finance et responsable de la voie "gestion des risques" de cette école va plus loin : "De nouvelles spécialités apparaissent et demandent des compétences scientifiques très pointues comme le trading haute fréquence, où il faut construire des algorithmes qui contrôleront les ordres émis par un ordinateur à des vitesses très inférieures à la seconde."

Les métiers du risque ont la cote


Autre tendance : l’intérêt croissant pour les fonctions liées aux risques financiers. "Le métier de ‘risk manager’ est très en vogue dans la finance comme dans les assurances, souligne Jean-David Fermanian. Avec la crise, les réglementations ont tendance à se renforcer et en interne, les banques d’investissement ont également accentué les phases de contrôle et de validation des ordres émis." Une fonction aussi rémunératrice que le trading ? Jean-David Fermanian l’affirme : "En début de carrière, oui. Ce qui change ensuite, c’est la culture du bonus qui n’a que peu pénétré les métiers du risque."

Le métier d’actuaire profite également de cette vogue. Sylviane Gastaldo le voit bien : "La gamme des employeurs s’est diversifiée. L’actuariat peut désormais se pratiquer dans les grandes compagnies d’assurance AXA, BNP Paribas, ALLIANZ… comme dans des cabinets de conseil spécialisés comme Deloitte, Joel Winter ou Mazars."


Zoom sur le métier d’actuaire
Denis Neiter, 27 ans, commissaire-contrôleur à l’ACP (Autorité de contrôle prudentiel)
"J’aime le côté pluridisciplinaire de mon métier, entre mathématiques, droit et économie"

Féru des maths depuis son adolescence, Denis Neiter a choisi une filière exigeante. Après 3 ans à l’École polytechnique, le jeune homme décide de suivre une 4ème année à l’ENSAE pour entrer comme fonctionnaire dans le corps de contrôle des assurances. "Ma famille compte un grand nombre de fonctionnaires. C’était pour moi comme une évidence de travailler pour l’État." Une fois ses diplômes en poche et après avoir validé un mémoire spécifique, l’Institut des actuaires lui accorde le titre d’actuaire. Il pourra devenir actuaire qualifié en 2012 après 3 ans d’exercice et de nouvelles validations de son parcours.

Analyser les risques et les contrôler
Scientifiques de haute volée, les actuaires utilisent des techniques mathématiques et statistiques pour analyser les risques dans les secteurs de la banque et des assurances. Denis a choisit lui d’intégrer l’autorité de contrôle des assurances, l’ACAM (Autorité de contrôle des assurances et des mutuelles) devenue ACP (Autorité de contrôle prudentiel). "Je fais peut-être un peu moins de calcul scientifique qu’un actuaire qui travaille dans une compagnie d’assurances. Mais j’aime le côté pluridisciplinaire de mon métier, à la frontière entre les mathématiques, le droit, l’économie, la comptabilité", assure l’ingénieur de formation.

Ses missions ? Suivre et contrôler les sociétés d’assurances. Lire des contrats, effectuer des calculs scientifiques, se rendre sur le terrain pour effectuer des contrôles font partie du quotidien de ce "gendarme de l’assurance". Un métier qui exige, outre les compétences techniques, rigueur et organisation.

Son évolution ? Denis Neiter n’y pense pas trop pour le moment. Peut-être la réassurance des grands risques (catastrophes naturelles, risques épidémiologiques…). À voir…

Sa rémunération : entre 50.000 et 60.000 € brut annuel

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