BTP, l’effet développement durable

Par Sylvie Lecherbonnier, publié le 01 May 2011
4 min

L’heure de la reprise a sonné pour les jeunes diplômés scientifiques ! Certaines entreprises parlent même déjà de difficultés de recrutement. Quels métiers sont particulièrement porteurs ? Si les ingénieurs et titulaires de masters sont toujours recherchés dans les secteurs traditionnels de l’industrie ou des transports, les mutations technologiques font apparaître de nouveaux besoins dans l’énergie, le BTP, l’informatique ou, plus original, la banque-assurance ou la santé… Zoom sur les fonctions en vogue dans chacun de ces domaines.

À côté du traditionnel débouché de conducteur de travaux, le BTP (bâtiment et travaux publics) élargit la palette de métiers proposés à des ingénieurs, en raison des préoccupations environnementales des consommateurs et des suites du Grenelle de l’environnement. Le président de la commission formation de la FFB (Fédération française du bâtiment), Armel Le Compagnon, parle même de "petite révolution dans la nature même des professions du bâtiment" : "la branche se structure avec des professions dont elle n’avait pas besoin auparavant. Les entreprises doivent aujourd’hui garantir la performance, énergétique notamment, des bâtiments qu’elles construisent et s’assurer que les normes de plus en plus détaillées sont respectées. Pour ce faire, elles ont renforcé leurs bureaux d’études."

Conséquence : les métiers du diagnostic, du suivi de la qualité ou de l’évaluation de la performance sont aujourd’hui très demandés.


Zoom sur le métier d’ingénieur thermique
Elise Cruette, 25 ans, en poste chez Bouygues
"Nous étudions les différents scénarios pour rendre le bâtiment le moins énergivore possible"
En prépa, Elise voulait devenir prof comme ses parents. Mais à force de lire la revue "Maison écologique" qui traînait sur la table du salon, elle a changé d’avis et a voulu travailler à réduire l’empreinte énergétique des bâtiments. Un choix engagé. Elle s’est alors dirigée vers l’INSA Strasbourg et son cursus en génie climatique et énergétique.
Consciente de l’importance du stage de fin d’études pour entrer dans la vie active, elle le sélectionne avec soin et entre chez DV Construction, une filiale de Bouygues dans le Sud-Ouest. À son issue, Bouygues lui propose un poste d’ingénieur thermique dans sa filiale du Nord, Norpac.

Vérifier le respect des réglementations
Loin des clichés sur le BTP, elle travaille aujourd’hui dans un bureau d’études avec 3 autres ingénieurs thermiques. "Je vais sur les chantiers 1 fois tous les 2 mois quand il y a un souci". En temps normal, la jeune femme a toujours une dizaine de dossiers en cours. "Nous suivons les projets de construction de A à Z, confie Elise. Mais notre travail est concentré en amont. Nous étudions les différents scénarios pour rendre le bâtiment le moins énergivore possible et nous vérifions à chaque phase d’avancée du chantier que la réglementation et le cahier des charges sont respectés."

"Une vie de bureau classique"
L’ingénieur thermique répond à des appels d’offres qui peuvent aussi bien concerner des logements, un hôpital ou une prison. Elise assure avoir "une vie de bureau classique" avec beaucoup de réunions avec les différents interlocuteurs des chantiers. "Aujourd’hui, les questions énergétiques sont devenues incontournables dans la construction et nous faisons partie des premiers consultés", assure la jeune femme qui décrit son poste comme "un métier très technique pour lequel il faut avoir des connaissances assez globales sur le chauffage, les circuits d’eau chaude, l’éclairage, la structure…"

Diplômée en 2009, Elise Cruette n’a pas vu ses 2 premières années de carrière passées. Cet été, elle déménage à Orléans pour occuper le même poste dans une autre filiale du groupe. Une nouvelle aventure…

Sa rémunération : 34.500 € brut annuel

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