Banque : quelles conséquences de la crise sur les salaires ?

Par Pascale Kroll, publié le 19 Octobre 2010
5 min

Qualités attendues, salaires par fonction, spécificités des métiers, niveaux de recrutement…vous nous avez posé des dizaines de questions sur le secteur de la banque et de la finance lors des salons de l’Etudiant. Quels métiers ? Quels salaires ? Comment évoluer ? Réponses extraites du livre "Les métiers de la banque et de la finance" de Pascale Kroll.

"Si un candidat postule dans la banque en pensant qu’il va gagner beaucoup d’argent en peu de temps, je lui conseille de passer son chemin ! Le niveau de salaire d’embauche n’est pas forcément très élevé et la progression de salaire ne se fait pas rapidement contrairement à d’autres secteurs."

Ces propos, tenus par Luc Mathieu, secrétaire général adjoint de la Fédération des banques et sociétés financières CFDT, étonneront peut-être certains prétendants au secteur bancaire. Ils écornent l’image d’Épinal du riche banquier dont les primes et bonus divers décuplent le salaire de base. Certes, dans les salles des marchés, la part variable peut représenter de 1 à 5 fois le fixe, voire 50 fois pour quelques traders stars. Mais c’est une exception.

Dans la banque de réseau, là où a lieu la majeure partie des recrutements, les salaires fixes et les rémunérations variables sont raisonnables. Les entreprises du secteur, comme dans tous les secteurs d’activité, octroient à leurs salariés intéressement, participation, plan d’épargne entreprise. Si vous voulez entrer dans la banque ou la finance, sachez que vous pourrez bénéficier (surtout dans les grands groupes) d’avantages non négligeables pour vos sorties, votre achat immobilier, votre congé maternité, etc.

La crise a-t-elle des conséquences sur les salaires ?


En ce qui concerne les rémunérations, la crise a eu plus de conséquences sur les montants des rémunérations variables – bonus, primes, avantages – que sur le fixe qui s’est globalement stabilisé. Le détail des salaires en vigueur à différents postes vous permet d’avoir une meilleure idée des pratiques et de vous aider à vous déterminer sur votre projet professionnel.

Des rémunérations stables


Robert Half International, cabinet de recrutement expert dans les métiers de la finance, a publié une étude des rémunérations 2009-2010. C’est la première enquête sur le sujet depuis le déclenchement de la crise. Selon cette enquête, les rémunérations des salariés des banques, des assurances, de la finance d’entreprise et de la comptabilité vont rester globalement stables en 2010 malgré la crise. Néanmoins, ils baisseront pour certains métiers alors que pour d’autres ils seront à la hausse dans les prochains mois.

Ainsi, dans la banque d’affaires, les salaires sont en général stables, voire en décroissance, sauf sur certaines niches telles que la gestion de patrimoine et pour les spécialistes du contrôle interne. Dans la banque commerciale, l’inflation devrait à peine être compensée en 2010. Cela devrait toucher aussi bien le salaire fixe que la part variable. Dans la banque d’affaires, la situation est plus grave. La quasi-disparition des éventuels deals se traduit par une chute véritable des salaires pour les spécialistes des financements structurés ou des fusions et acquisitions. Quant aux bonus, ils devraient enregistrer en 2010 une très forte baisse.

Baisse de l’écart entre les régions


Le cabinet de recrutement Michael Page a également réalisé une étude sur les rémunérations dans la banque, sur la période 2008-2009. Il y constate un nivellement des rémunérations par le haut avec la part des cadres qui n’a cessé d’augmenter en 10 ans et de manière plus marquée depuis 2006.

Autre enseignement : les écarts entre les différentes entreprises du secteur et entre les régions se résorbent. "Le pouvoir d’attractivité des banques est devenu homogène parallèlement à l’uniformisation des salaires, note le cabinet Michael Page. Paris et la région parisienne sont des marchés à part où la concurrence est vive, où les pressions sur les prix de l’immobilier sont fortes et où le salaire constitue l’une des premières raisons pour changer d’entreprise. Par opposition, la province est moins le théâtre de ces joutes salariales même si, dans les grandes métropoles, la chasse aux talents est intense."

Augmentation du fixe


On commence à voir émerger une nouvelle tendance dans les salaires des cadres de haut niveau. Comme les bonus des traders sont sur la sellette, plusieurs banques ont décidé d’augmenter le salaire fixe pour contourner le problème.

Selon une étude internationale du cabinet Mercer auprès de 42 banques, 65 % d’entre elles ont augmenté les salaires de base, tandis que 83 % diminuaient la part des bonus dans la rémunération. C’est une manière pour les banques de rester compétitives pour attirer les talents, tout en demeurant politiquement correctes face à l’opinion publique. C’est en tout cas le mouvement amorcé dans les pays anglo-saxons. Les banques françaises peinent encore à le suivre.

Les métiers de la banque et de la financePOUR ALLER PLUS LOIN
À découvrir aux éditions l'Etudiant :
"Les métiers de la banque et de la finance", par Pascale Kroll.



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