Environnement : les débouchés des métiers liés aux énergies renouvelables

Par Dominique Perez et Roseline Goiran, publié le 30 Novembre 2010
8 min

Vous vous posez des questions sur les métiers de l’environnement ? Nous les recueillons tout au long de l’année lors des conférences des salons de l’Etudiant à travers toute la France. Roseline Goiran et Dominique Perez, y répondent dans leur ouvrage "Les métiers de l’environnement" (éditions l’Etudiant). Extraits.

Les besoins en termes d’emploi concernent les ingénieurs, les chefs de projet et les techniciens, mais aussi des commerciaux et des conseillers. Les énergies renouvelables créent actuellement plus d’emplois que les énergies fossiles. Le ministère de l’Écologie doit investir 440 milliards d’euros dans le domaine de l’environnement et des énergies renouvelables. Les secteurs de l’éolien, du solaire, de la biomasse déclarent devoir recruter 67.000 professionnels d’ici 2013.

L’ingénieur recherche et développement est compétent pour travailler sur toutes les énergies renouvelables (améliorations techniques en solaire, éolien, hydraulique…)


L’éolien


Éole était le dieu des vents chez les Grecs anciens, et ses colères ont mis en danger le voyage d’Ulysse. Les moulins à vent ont donné naissance aux modernes éoliennes, un secteur en pleine expansion. Implantées sur terre ou en milieu marin, les éoliennes utilisent la force du vent pour produire de l’électricité ou sont utilisées pour les pompages d’eau. Elles posent des problèmes de nuisances sonores et visuelles, et de transfert d’énergie. Leur puissance devrait tripler dans les prochaines années. Si les éoliennes sont pour la plupart construites à l’étranger, il faut gérer l’installation, l’exploitation et la maintenance des équipements. Les éoliennes sont en train de passer sous le régime des installations classées, et l’équipement off-shore est en développement. C’est le Danemark qui est le leader mondial en matière d’éoliennes, en couvrant 20 % des besoins électriques dans le pays. Un exemple qui surpasse de loin la France à l’heure actuelle, mais des installations massives sont prévues dans les années à venir.

Le chef de projet éolien est un ingénieur en génie énergétique ou titulaire d’un master spécialisé en éolien et solaire. Il travaille en bureau d’études et prospecte des sites possibles d’implantation. Le but est d’obtenir un permis de construire. Il convient d’analyser le site en fonction de la géologie et de la météorologie, mais aussi de l’impact aux alentours.

Le chef de projet est assisté par des techniciens éoliens (DUT [diplôme universitaire de technologie] génie mécanique, BTS [brevet de techicien supérieur] électrotechnique, électromécanique) qui mettent en place la technologie des machines – mâts, anémomètres (instruments mesurant la vitesse du vent), pales, rotors – en utilisant leurs connaissances des flux de vent.

L’opérateur de parc éolien, souvent titulaire d’un BTS maintenance industrielle, en assure quant à lui l’exploitation et la maintenance.


Le solaire


Cette énergie ne prendra fin qu’avec la mort du soleil, qui surviendra dans 5 milliards d’années, et entraînera la mort de notre planète. Elle peut être thermique (eau chauffée) ou photovoltaïque à l’aide de cellules en silicium (matériau non renouvelable). La puissance de la lumière peut être transformée en électricité. L’énergie solaire se décline en installations individuelles ou pour des grandes surfaces.

Parmi les nouveaux métiers, on peut même compter le fabricant de toilettes solaires ! Spécialiste des toilettes publiques, l’entreprise "Michel Planté Systèmes" a réalisé, pour des écoles, des toilettes alimentées en eau de pluie et équipées de panneaux solaires.

L’ingénieur solaire (spécialisé en électronique, génie thermique et énergétique) élabore et suit des projets d’installation et de recherche d’innovation (rendre le photovoltaïque moins coûteux, par exemple). La surveillance peut se faire à distance à l’aide d’ordinateurs.

Le technicien en photovoltaïque assiste l’ingénieur solaire. Titulaire d’un BTS électrotechnique, par exemple, il installe les équipements sur les chantiers, mais il peut aussi travailler sur plans en bureau d’études. Le travail en extérieur demande une bonne forme physique, et dans un bureau, une bonne connaissance des logiciels.


La géothermie


La géothermie est l’étude des phénomènes thermiques internes du globe terrestre et des moyens techniques de capture de la chaleur pour la transformer en énergie consommable (chauffage et eau chaude). Plus on creuse et plus la chaleur est intense. Il s’agit surtout de nappes d’eau chaude (sources hydrothermales).

Le géothermicien est ingénieur, orienté vers la recherche, ou technicien (BTS, DUT, licence professionnelle efficacité énergétique et énergies renouvelables), tourné vers l’installation et l’exploitation. Il travaille sur le terrain : l’ingénieur procède à des études de terrains, des forages et conçoit les installations. La chaleur issue de source à température élevée peut être transformée en électricité, et celle à température plus basse, utilisée pour le chauffage (pompes à chaleur par exemple).

L’hydraulique


C’est la branche de la physique qui étudie les liquides sous pression. L’énergie hydraulique est fournie par le mouvement de l’eau (marées, houle, courant des rivières, chutes d’eau). Elle peut être convertie en énergie hydroélectrique pour produire de l’électricité par l’intermédiaire d’un alternateur relié à un ensemble mécanique. La Norvège expérimente actuellement une centrale électrique dont l’énergie est fournie grâce à une technique utilisée dans les usines de dessalement, utilisant le phénomène d’osmose entre eau salée et eau douce.

L’hydraulicien est un ingénieur spécialiste de la mécanique des fluides. Il exerce pour des agences de l’eau, des bureaux d’études, des collectivités locales, des grands groupes (EDF, par exemple). Il est secondé par des techniciens (souvent titulaires d’un BTS hydraulique) qui assurent les installations et la maintenance des machines.

L’ingénieur recherche travaille par exemple sur les courants marins, donc sur une énergie prévisible et fiable. Il développe des éoliennes de mer, ou hydrauliennes, par le biais de modèles informatiques.

Bois, biomasse et biogaz


Le bois est par excellence une matière renouvelable (si on prend le soin de replanter les essences nécessaires). Il est utilisé pour le chauffage et la construction.

La biomasse est d’origine organique : l’ensemble des matières vivantes (bactéries, champignons microscopiques, végétaux, animaux…) peut devenir source d’énergie. La biomasse peut notamment être transformée en carburant. Le biogaz (issu de la fermentation de déchets organiques sans présence d’air) s’obtient aussi par transformation des boues issues du traitement biologique des eaux usées. Il devient chaleur ou électricité. Cette valorisation énergétique des déchets est une filière en développement. La France s’apprête à expérimenter le biométhane dans ses réseaux de gaz naturel. À Lille, le biogaz récupéré après traitement des déchets alimente les autobus de la ville. Les déchets organiques sont utilisés pour faire du compost, qui permet de fertiliser la terre en respectant l’environnement.

L’or vert… L’image biblique du pauvre Job pleurant sur son tas de fumier, c’est fini : aujourd’hui, il se réjouirait, car il serait assis sur un tas d’or ! Des PME se spécialisent dans la production de biogaz en unités de méthanisation (1 m3 de lisier de vache = 15?m3 de biogaz) et recrutent des ingénieurs et des techniciens pour le marché agricole et les collectivités. Dans le Val-d’Oise, une nouvelle chaufferie à bois (biomasse) fournit, en parallèle avec l’usine d’incinération des déchets, les deux tiers du chauffage et de l’eau chaude de ses 12 communes. La biomasse est la première source d’énergies renouvelables en France, devant les énergies hydrauliques, éoliennes et géothermiques, et elle est très compétitive. Ce projet permettra d’éviter 30.000 tonnes de CO2 par an. Par ailleurs, les agriculteurs récupèrent les cendres comme engrais naturel.

Le chef de projet biomasse est un ingénieur généraliste avec une spécialisation en environnement ou en génie énergétique et thermique, qui étudie la faisabilité des projets de bois-énergie et de méthanisation et suit leur gestion. Il a pour partenaires des industriels et des collectivités locales.

 

A consulter
> Le site de l’Observatoire des énergies renouvelables, qui publie Systèmes solaires, le Journal des énergies renouvelables (chaque mois un dossier complet sur une filière).
> Le site de l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (ADEME), qui participe à la mise en œuvre des politiques publiques dans le domaine de l’environnement.


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