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Enquête

Métier d’espions, comme dans James Bond ?

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Qui ne s’est pas rêvé « agent secret » comme dans les films ? Parcourir la planète, recueillir des informations confidentielles, déjouer des attentats, espionner l’ennemi... Ces métiers existent-ils vraiment ? Comment devenir agent secret ? Enquête sur les métiers du renseignement d’Etat et confrontation d’idées reçues avec la réalité des experts de la DGSE.

Boulevard Mortier, dans le XXe arrondissement de Paris. Dans ce quartier animé et populaire qui borde le périphérique, un long mur hostile rehaussé d’un grillage longe la chaussée défoncée par des travaux. Au milieu se détache une porte vitrée moderne et totalement anonyme. Pas de doute, vous êtes bien au quartier général de la DGSE (Direction générale de la sécurité extérieure), surnommée « La centrale ». Autrement dit : les services secrets de l’Etat, notre CIA à nous.

La DGSE, 4.500 personnes


DGSEPour pénétrer dans cet ensemble de bâtiments hyper sécurisés, mieux vaut montrer patte blanche. Tous les téléphones portables des visiteurs sont consignés par des gardes postés à l’entrée, de même que leurs appareils photos et papiers d’identité. Après avoir franchi le détecteur de métaux, on ressort dans une vaste cour intérieure où se mêlent immeubles de briques du XIXe siècle et annexes plus modernes, entourés par diverses antennes et paraboles.

C’est dans ces bureaux que travaille une bonne partie des 4.500 agents de l’Etat rattachés à la DGSE. Des services qui officient dans le secret, sous l’autorité du président de la République, du Premier Ministre et du ministre de la Défense. Leur mission : recueillir et analyser, souvent de façon clandestine, des informations. L’enjeu : assurer la sécurité du pays, prévenir les actes de terrorisme, contribuer à la libération d’otages, contrer la prolifération nucléaire... En utilisant divers outils, des plus classiques (des espions sur le terrain) aux plus sophistiqués (images satellitaires, photographies aériennes…).

Les coulisses de notre reportage


Pour le reportage de L’Etudiant, tout a été très balisé. Pas question de se promener au hasard dans les couloirs : nous n’avons eu le droit de rencontrer que certaines personnes sélectionnées par la direction, dans une salle de réunion. Sur les photos, aucun visage ne peut apparaître, par souci de confidentialité. De même, les agents que nous avons interrogés n’ont pas eu la possibilité d’évoquer de manière précise leurs activités quotidiennes : de nombreuses questions ont été qualifiées d’« off the record ». Pourtant, après plusieurs heures passées à leurs côtés, nous pouvons confronter la réalité de leur métier avec plusieurs idées reçues véhiculées dans les innombrables films et séries qui leur sont consacrés, de la sélection des agents au danger de leurs missions, ou le secret auquel ils sont tenus.

Le fonctionnement de la DGSE
La DGSE est divisée en plusieurs directions.
> La première est celle du renseignement : c’est là que sont recueillies et analysées les informations secrètes sur les zones sensibles (le Moyen et le Proche-orient, certains pays d’Afrique ou d’Asie orientale).
> A côté, une direction est dédiée aux opérations sur le terrain et aux actions clandestines. Ce sont souvent des militaires qui les assurent.
> La direction technique rassemble les effectifs les plus importants : spécialistes de l’imagerie satellitaire, des télécommunications, des informaticiens. Leur mission : « pirater » les systèmes d’informations de certaines cibles, intercepter des communications, réaliser des images satellitaires. Ils sont aidés par des linguistes et des traducteurs, ou spécialistes des langues parlées dans les zones de crise.
> La direction de la stratégie transmet et suit les commandes des interlocuteurs de la DGSE (notamment le ministère des Affaires étrangères). Enfin, une direction s’occupe de tout l’aspect administratif : ressources humaines, budget, contrôle de gestion.

Pour aller plus loin : Défense : après les attentats, comment les jeunes peuvent s'engager / Étudiants en informatique : devenez réserviste dans la cyber-défense / Cybersécurité : passez à l’attaque du secteur, cela recrute !

Sommaire du dossier
Idée reçue n°1 : devenir espion, une mission impossible Idée reçue n°2 : les espions flirtent en permanence avec le danger Idée reçue n°3 : les agents de la DGSE passent leur temps à l’étranger Idée reçue n°4 : les espions ne peuvent pas parler de leur métier