1. Bio-informaticien : mi-biologiste, mi-informaticien
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Bio-informaticien : mi-biologiste, mi-informaticien

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Au sein de l'école d'ingénieurs Grenoble INP-Phelma. Les outils informatiques permettent de stocker, classer et comparer des données scientifiques. // © Pablo Chignard pour l'Etudiant
Au sein de l'école d'ingénieurs Grenoble INP-Phelma. Les outils informatiques permettent de stocker, classer et comparer des données scientifiques. // © Pablo Chignard pour l'Etudiant

À la croisée de deux domaines, le bio-informaticien met les outils informatiques au service de la recherche en biologie. Comment s'articulent ces activités ? Explications extraites du guide “Les Métiers de demain” de Martin Rhodes.

Quand on lui demande s'il est biologiste ou informaticien, il répond : “Je suis un peu les deux. Je consacre trois quarts de mon temps à la biologie et le reste à l'informatique.” Matthieu, 27 ans, est consultant en bio-informatique chez Amaris, un cabinet notamment spécialisé dans les télécoms. Il est en mission chez Sanofi, un grand groupe pharmaceutique.

Matthieu, 27 ans, consultant en bio-informatique chez Amaris

Tout être humain est constitué de milliards de cellules. Chacune de ces cellules contient la molécule d'ADN, c'est-à-dire toutes les informations du corps entier. En d'autres termes, une cellule de l'œil contient les informations de l'œil comme sa couleur, mais aussi les caractéristiques des cheveux, de la peau, du cœur, etc. Ces caractéristiques sont présentes mais ne s'expriment pas. “L'ADN est comme une bibliothèque. On y trouve des livres sur tous les sujets mais le lecteur n'est généralement intéressé que par un seul d'entre eux”, compare Matthieu.

Le jeune bio-informaticien a pour mission de déchiffrer l'ADN. Pour ce faire, il compare différentes cellules du corps humain afin de déterminer, dans chacune d'elles, les parties de l'ADN qui s'expriment. Il peut également confronter les cellules de deux êtres humains pour observer, par exemple, les différences entre un œil sain et un œil malade. Enfin, il a la possibilité d'examiner l'ADN d'un homme et celui d'un animal, d'une plante ou d'une bactérie dans le but de comprendre les évolutions et les maladies.

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Ces travaux nécessitent de jongler avec des milliards d'informations. C'est là que l'informatique intervient. Les outils informatiques comme les tableurs lui permettent de stocker les données (toutes les cellules d'un homme, par exemple), de les classer, de les retrouver et de les comparer facilement.

“Je participe, à ma petite échelle, au progrès scientifique. Je suis en quelque sorte utile à l'ensemble de la communauté humaine et cela me plaît beaucoup”, confie Matthieu.

Le jeune homme est diplômé d'un master en bio-informatique de l'université Paul-Sabatier de Toulouse. “Les cursus en bio-informatique inculquent les bases en programmation et data. Mais il est nécessaire de se former par soi-même car l'informatique évolue très vite”, explique Matthieu.

• Le mot du métier

ATGC : adénine, thymine, guanine et cytosine sont les quatre bases constituant l'ADN.

• La boîte à outils

Veille : la biologie et les mathématiques sont des domaines qui évoluent très vite. Se tenir informé des nouveautés est donc indispensable.

• La rémunération

Les jeunes professionnels perçoivent entre 25.000 et 35.000 € par an.

POUR ALLER PLUS LOIN
À découvrir aux Éditions de l'Etudiant :
Les Métiers de demain”,
par Martin Rhodes.

Sommaire du dossier
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