1. Quel avenir pour les métiers de l’automobile ?
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Quel avenir pour les métiers de l’automobile ?

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2009 : un mauvais cru pour l’industrie automobile… Pourtant, ce secteur devrait embaucher dans les prochaines années. Quels seront les métiers en vogue quand vous arriverez sur le marché du travail ? Comment vous y préparer ? Professionnels et responsables de formation répondent. 

Jean-Pierre Trenti, vice-président du Conseil national des professions de l’automobile.


Quels sont les métiers qui recruteront d’ici à 5 ans ?
 
"Si les constructeurs adoptent les nouvelles technologies en faisant appel à des ingénieurs de conception, dont les compétences sont très recherchées, la commercialisation et la maintenance resteront des pourvoyeurs d’emplois. On va continuer à vendre des voitures ! De même, je ne pense pas que la filière verte révolutionne tout : qu’un pare-chocs soit en matière plastique ou céréalière, il faut quand même des techniciens bien formés pour les monter et les réparer !"

Quel choix d’études aujourd’hui ?
 
"Le niveau de compétences est plus élevé qu’il y a 7 ou 8 ans. Par exemple, les besoins en titulaires d’un bac professionnel, d’un BTS [brevet de technicien supérieur] ou d’une licence professionnelle en maintenance augmentent, car les voitures contiennent de plus en plus d’électronique. Dans le secteur de la distribution, on est passé d’un système de concessionnaires moyens – 2.000 véhicules – à des groupes qui ont 20.000 à 30.000 voitures sur plusieurs sites. Il faut donc du personnel formé pour les gérer. Les écoles de commerce et écoles d’ingénieurs offrent des garanties."


Pascale Ribon, directrice de l’ESTACA (École supérieure des techniques aéronautiques et de construction automobile)


pascale ribon automobile estacaQuels sont les métiers qui recruteront d’ici à 5 ans ?
 
"Dans les grands groupes ou les bureaux d’études, la recherche et développement recrute beaucoup, notamment des chefs de projet. Les évolutions technologiques à l’œuvre dans le domaine de l’automobile et les contraintes environnementales génèrent des demandes au niveau de la conception. Les réflexions portent sur l’ensemble de la chaîne : matériaux, moteurs, systèmes embarqués…"

Quel choix d’études aujourd’hui ?
 
"Il y a de la place pour beaucoup de formations, à condition qu’il y ait une composante technologique forte, car les systèmes se mélangent (mécatronique) et deviennent de plus en plus complexes. Quelques écoles spécialisées, comme l’ESTACA, s’intéressent à l’ensemble de la filière et à d’autres domaines (aéronautique) pour favoriser les transferts de technologie. Il existe d’autres chemins, comme l’apprentissage, qui amènent aussi à des diplômes d’ingénieur. Les industriels sont intéressés par les personnes qui ont eu des expériences plus concrètes."


Pierre Loonis, directeur de l’ISAT (Institut supérieur de l’automobile et des transports)

pierre loonis automobile isat
Quels sont les métiers qui recruteront d’ici à 5 ans ?
 
"La filière automobile postcrise doit concevoir des véhicules qui respectent les contraintes environnementales tout en répondant aux exigences des clients (services embarqués, confort d’utilisation). En conséquence, la recherche industrielle aura d’importants besoins pour développer les nouvelles motorisations, les biomatériaux, la sécurité active. Par ailleurs, les métiers de spécialistes, pouvant fournir une expertise technique (tests de conformité ou de validation numérique), seront très appréciés. D’autres métiers plus transversaux sont déjà prisés : la gestion de projets collaboratifs, pluridisciplinaires, avec des équipes pluriculturelles."

Quel choix d’études aujourd’hui ?
 
"Les écoles d’ingénieurs apportent un bagage scientifique (chimie, électronique, énergie) et de la méthode en gestion de projets. Mais ce ne sont pas les seules à ouvrir les portes du secteur ! Les formations courtes – BTS maintenance automobile, DUT (diplôme universitaire de technologie) génie mécanique – permettent aussi aux étudiants de toucher et de ressentir la matière. C’est un atout. Le modèle des écoles d’ingénieurs postbac, comme l’ISAT, allie les deux avantages : les élèves acquièrent des connaissances scientifiques tout en étant confrontés à une approche technique."


Sophie Benchetrit, chef de service du recrutement France chez Renault.


sophie benchetrit automobile renaultQuels sont les métiers qui recruteront d’ici à 5 ans ?
 
"Les constructeurs comme Renault ont 4 grands métiers : la conception, la fabrication, le commerce et les fonctions support (achats, informatique, marketing). Bien que nous soyons actuellement dans une phase de restriction d’embauche, c’est dans le commerce et la conception que l’on devrait trouver les recrutements les plus importants. Le prochain challenge à relever, c’est la voiture électrique : il y a beaucoup de métiers qui interviennent en amont et en aval. Globalement, les profils recherchés sont plus qualifiés (bac +5) qu’il y a quelques années."

Quel choix d’études aujourd’hui ?
 
"Un projet de véhicule – de la première intention à sa sortie – fait appel à plus de 2.000 personnes et à des métiers très variés. On peut donc intégrer le secteur de l’automobile après une école d’ingénieurs ou de commerce. De plus, ce ne sont pas que des métiers d’hommes, les jeunes femmes aussi peuvent travailler dans ce secteur. Dans certaines branches, un doctorant Cifre (conventions industrielles de formation par la recherche) spécialisé en électronique ou en électrique peut côtoyer quelqu’un ayant un profil beaucoup plus généraliste."

Christopher Gramley, responsable du développement RH à Bosch France.


Quels sont les métiers qui recruteront d’ici à 5 ans ?
 
"En France, la filière automobile a commencé à se réorganiser en adaptant son outil de production. De nouvelles technologies telles que les voitures hybrides et électriques vont demander de gros investissements dans la recherche et développement. Les demandes concernent notamment la mécatronique (combinaison de la mécanique, de l’électronique et de l’informatique)."

Quel choix d’études aujourd’hui ?
 
"On a autant besoin de bac +2, en motorisation par exemple, que de bac +5 en électronique et en informatique. Pour un étudiant qui veut aller vers la haute technologie, il vaut mieux faire une école spécialisée. Quant à ceux qui veulent se diriger vers un métier d’interfaces clients/ fournisseurs (ventes, achats), ils peuvent passer par une école généraliste. Enfin, deux qualités sont indispensables : la maîtrise de l’anglais et la rigueur. S’il y a le moindre couac lors du paramétrage d’un logiciel, il peut y avoir des répercussions sur la production de milliers de voitures !"