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Quel avenir pour les métiers des arts appliqués ?

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Design, mode, graphisme… Sur le papier, les débouchés des arts appliqués sont nombreux. Mais certains secteurs se portent mieux que d’autres. Quelques pistes pour faire vos choix. 

"Plus vous serez spécialisé, plus vous aurez de la valeur"

François Caspar, designer graphique et fondateur de l’AFD (Alliance française des designers) 

"Le marché est tendu dans le design, notamment dans la communication visuelle et le textile. Les studios font surtout appel à des indépendants, à des tarifs très bas. Pour réussir, il faudra se positionner sur des niches comme l’architecture intérieure de luxe et la création industrielle, où les investissements financiers sont plus lourds. Aujourd’hui, la scénographie n’est pas porteuse, sauf pour le design d’espace. Mais le marché est difficile à prévoir.

Le BTS [brevet de technicien supérieur] arts appliqués permet de se former rapidement et d’intégrer une agence de pub ou de webdesign, très à la mode, mais, demain, cela ne suffira plus. Je conseille de privilégier les études longues, solides, conceptuelles, dans une école sérieuse, puis de choisir une spécialisation. Plus vous serez spécialisé, plus vous aurez de la valeur aux yeux des employeurs ou des clients. Les langues font aussi la différence. Parler russe ou chinois, en architecture intérieure par exemple, vous permettra de vous démarquer dans un appel d’offres."



"La demande est importante"

Marc du Pontavice, président fondateur de Xilam, société de production audiovisuelle et multimédia, et président du SPFA (Syndicat des producteurs de films d’animation)

"Le cinéma d’animation est l’un des rares secteurs français où la balance commerciale est positive : la France est aujourd’hui le troisième producteur mondial, derrière les États-Unis et le Japon. En cinq ans, les effectifs ont presque doublé dans tous les métiers (décor, texture, ­personnages…) et la demande est importante. Impossible de savoir si cette croissance va se poursuivre à ce rythme, ni dans quelle spécialité.

Je conseillerais de surveiller les filières susceptibles de se développer : jeux vidéo, animation sur Internet, image de synthèse. Le métier de story-boarder est porteur, à condition d’avoir quelques années de dessin derrière soi. Pour recruter des jeunes, les professionnels des studios participent aux jurys d’examen des écoles. Les études idéales ? Trois ans en arts appliqués, puis l’une des quinze écoles du RECA (Réseau des écoles françaises de cinéma d’animation), reconnues par la profession, comme les Gobelins (Paris) ou Supinfocom (Valenciennes). Le book permet aussi de montrer son potentiel. Apportez toutes vos productions, quels que soient le style et le domaine ! Enfin, la maîtrise de l’anglais est nécessaire : un long-métrage peut réunir une centaine de personnes, issues de tous les continents."


"La crise ne durera pas dix ans"

Marie-Josée Mascioni,  Directrice de l’ENSAAMA (École nationale supérieure des arts appliqués et des métiers d’art), dite Olivier-de-Serres

"Quand ils sortent d’Olivier-de-Serres, les diplômés des métiers d’art ouvrent leur atelier, tandis que ceux qui ont étudié les arts appliqués intègrent des agences de design, comme salariés. Nous les formons à tous les métiers, mais tous n’offrent pas les mêmes débouchés… Actuellement, les diplômés s’insèrent plutôt dans le design de produits ou le design de communication espace (stands de salons, packaging, publicité sur le lieu de vente…). Mais la période est difficile. Certains en profitent pour parfaire leurs langues : en 2011, 36 jeunes diplômés de BTS sont ainsi partis en stage à l’étranger via le programme Leonardo.

Nous les encourageons aussi à poursuivre avec un master, un DSAA (diplôme supérieur des arts appliqués), pour évoluer vers la gestion de projet en agence, ou un DMA (diplôme des métiers d’art). La crise ne durera pas dix ans, mais il est difficile de faire des prédictions. J’incite les étudiants à travailler dur afin que les professionnels les repèrent au cours des ateliers et des stages. Ils doivent aussi faire preuve de créativité, démontrer qu’ils sont passionnés, avoir confiance en eux et rester ouverts pour saisir les opportunités."

Pour aller plus loin : Arts-arts appliqués en Europe : la force de la tradition