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Travailler dans le secteur de l’ESS (économie sociale et solidaire)

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Il représente pas moins de 10 % de l’emploi en France. Surtout, il crée des postes non délocalisables pour la plupart, dans des domaines relevant de l’intérêt général (santé, enseignement, action sociale, services à la personne...) et innovants (développement durable, commerce éthique...). Pas étonnant que le secteur de l’ESS (économie sociale et solidaire) attirent de plus en plus de jeunes. Mais à quoi ces derniers doivent-ils s’attendre ?

Le secteur de l’ESS (économie sociale et solidaire) attire les jeunes : 62 % d’entre eux se disent prêts à créer une “entreprise sociale”, d’après un sondage CSA datant de janvier 2010. Et 87 % mettent particulièrement en avant le rôle positif des entreprises sociales. Mais qu’entend-on par “économie sociale et solidaire” et “entreprise sociale” ?

 
Travailler dans des asso, coopératives, mutuelles, fondations

 
“L’économie sociale, c’est d’abord des statuts, explique Sébastien Darrigrand, délégué général de l’USGERES (Union de syndicats et groupements d'employeurs représentatifs dans l'économie sociale). Cela recouvre les entreprises de droit privé à but non lucratif, qui se trouvent surtout dans le secteur de la santé, du social et des services aux personnes.”
C’est donc par leurs statuts, reposant sur un projet collectif et des valeurs, que les associations, coopératives, mutuelles et fondations relèvent de l’ESS. Avec plus de 1,7 millions de salariés, les associations représentent près de 80 % du volume d’emploi et près de 85 % des employeurs de l’ESS, révèle le Panorama 2010 de l’ESS en France et dans les régions. Les coopératives emploient environ 300.000 salariés, les mutuelles, près de 120.000 et les fondations un peu moins de 60.000 salariés.

 
La montée en puissance des entreprises sociales

 
L’entreprenariat social vient quant à lui s’ajouter à ces quatre familles historiques. “Depuis une vingtaine d’années, des entreprises militantes émergent dans des secteurs liés à l’innovation comme le commerce équitable, l’environnement ou le développement durable”, constate Guillaume Chocteau, fondateur et premier président de l’association Ressources solidaires, dont il est devenu salarié. “Une boutique de commerce équitable, comme une société coopérative [SCOP, historiquement société coopérative ouvrière de production, NDLR] qui fabrique du savon pas bio du tout, relèvent de l’ESS”, illustre le délégué général de Ressources solidaires.

 
L'esprit : tous les les bénéfices réinjectés dans l’activité

 
L’ESS tourne donc autour de deux axes : le statut et le produit fabriqué ou le service proposé. D’après Guillaume Chocteau de l’association Ressources solidaires, l’économie sociale et solidaire est aussi “fille de nécessité, puisqu’il s’agit d’individus qui se mettent ensemble pour apporter une réponse collective à des besoins non satisfaits par l’État et par l’économie de marché”.
Quel que soit le statut de la structure (association, mutuelle, coopérative, fondation ou entreprise sociale), “dans l’ESS, la réalisation de bénéfices ne constitue pas une fin mais un moyen au service du projet collectif”, explique Sébastien Darrigrand de l’USGERES. En clair, les bénéfices ne reviennent pas à des actionnaires, mais servent au développement de l’activité.

 
De grosses différences avec le secteur du bénévolat

 
Si l’ESS tente de plus en plus de salariés ou de jeunes diplômés en quête de sens, “les structures de l’économie sociale et solidaire ne recrutent jamais un salarié sur des valeurs. La cause appartient aux bénévoles et un salarié est toujours recruté sur un métier”, insiste Guillaume Chocteau, délégué général de Ressources solidaires. D’après lui, “la moitié des gens qui disent vouloir travailler dans le secteur associatif ne trouveront pas d’autre endroit que le bénévolat pour satisfaire leur quête de sens”.
À titre d’exemple, le délégué général cite un cas qu’il a rencontré plusieurs fois. Celui du chargé de com’ lassé de faire de l’événementiel dans une grosse entreprise et qui espère trouver du sens et une certaine éthique en postulant dans l’économie sociale. “Il doit bien comprendre qu’il sera embauché pour ses compétences techniques en communication et pas pour une cause qu’il soutient, prévient Guillaume Chocteau. Les salariés du secteur ont des objectifs à respecter et doivent se soumettre aux décisions d’un conseil d’administration composé de bénévoles élus. Le monde associatif n’est pas un monde de Bisounours !”
Il ne suffit donc pas d’avoir envie de donner un sens à son activité professionnelle, ni même de partager les valeurs de la structure visée pour y trouver une place en tant que salarié.

Novembre : mois de l’économie sociale et solidaire
La 3e édition nationale du Mois de l’économie sociale et solidaire se déroule en novembre 2010. Son ambition ? “Démontrer et promouvoir la conviction que l’on peut entreprendre autrement”, déclare Jean Louis Cabrespines, président du CNCRES (Conseil national des chambres régionales de l’économie sociale). Débats, spectacles, projections de films, visites d’entreprises, salons... Plus de 1500 manifestations sont organisées autour des thématiques du travail, de la consommation, du logement, de l’éducation...
Consulter le programme sur le site du Mois de l’économie sociale et solidaire.

Pour aller plus loin : VidéoChat : "Les métiers de l'ESS (économie sociale et solidaire) expliqués par des professionnels" / Trouver un job dans l’ESS (économie sociale et solidaire) grâce aux réseaux sociaux / Travailler dans l’économie sociale et solidaire, c’est comment ? / Comment trouver un stage dans l’économie sociale et solidaire

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