Administrer des bases de données : un métier tendance du Big Data

Par Olivier Monod, publié le 15 Mars 2013
4 min

Phénomène de mode ou évolution technologique profonde ? Le Big Data est devenu en quelques mois une préoccupation majeure dans de nombreuses entreprises. Face à la profusion de données numériques produites à travers le monde, les besoins en compétences sont nombreux. Ils concernent la gestion de ces données, mais aussi l’analyse et la communication de ces informations. Autant de fonctions qui devraient largement recruter.

Hélène et Élodie occupent la même fonction dans des structures très différentes. L'une à la Mairie de Paris, l'autre chez Assu 2000, elles gèrent des bases de données afin de les maintenir accessibles et prêtes à l'emploi.

Leur métier

Hélène comme Élodie font le lien entre l'informatique et l'utilisateur. Le Big Data se traduit concrètement par des bases de données gigantesques. Qu'elle concerne les informations géographiques ou celles de l'assurance, la multiplication des données a fait émerger une nouvelle fonction : administrateur de base de données.

"Je récupère les données géographiques produites dans les différents services, je les centralise et je les mets en forme pour les rendre utilisables, explique Hélène Clodot, responsable de projet au sein de la direction informatique de la Mairie de Paris.

Je travaille beaucoup sur ordinateur afin de vérifier l'intégrité des données, les exporter, m'assurer que la base reste accessible, avec des temps de réponse acceptables. Il faut savoir coder pour développer des procédures automatiques."

Les données recueillies et mises en forme par Hélène sont ensuite diffusées au grand public, via le site Paris Data ou utilisées directement par les services de la Ville, pour définir l'itinéraire de ramassage des poubelles par exemple.

Administrer une base de données, c'est également faire l'interface entre la base et les personnes qui l'utilisent. "Je transforme les données pour les rendre compréhensibles en fonction des demandes, explique Élodie Homo, analyste décisionnelle chez Assu 2000. Je travaille sur des outils de restitution pour mettre en place des tableaux de bord interactifs." La jeune femme de 27 ans prépare la matière sur laquelle va travailler le data scientist. Elle agrège les contenus des contrats, des devis ou encore les données de production de son entreprise et les restitue sous forme de tableaux de bord interactifs pour le suivi de l'activité de l'entreprise et la définition de nouvelles stratégies.

Leurs parcours

Le secteur étant nouveau, les profils sont très variés, du bac+2 à l'école d'ingénieurs. Hélène Clodot, 39 ans, a un diplôme d'ingénieur géomètre de l'INSA. Elle a acquis des compétences en informatique via la formation continue. Aujourd'hui, son service est intéressé par des profils bac+2 à bac+5 avec de solides compétences en informatique.

Élodie Homo, quant à elle, est diplômée d'un DUT STID (satistique et informatique décisionnelle) à l'université Paris-Descartes (décroché en 2007). "Je l'ai intégré après un bac ES spécialité mathématiques. J'étais très bonne en maths, mais moins en économie..." Suite à son stage de DUT, elle se voit proposer un CDI (contrat à durée indéterminée). "Au début j'étais chargée de traitement statistique, explique-t-elle. J'interprétais les réponses à un questionnaire en code. J'ai rapidement évolué au sein de ma société." En termes de salaire, Élodie est passée de 23.000 € brut annuel à 38.000 €.

Au final une formation initiale en informatique et statistique complétée par une spécialisation dans un domaine d'application (marketing, systèmes d'information géographique, santé...) permet de s'insérer rapidement sur le marché du travail et offre de belles perspectives d'évolution.

Leurs conseils

Pour Hélène, le principal est clairement d'être bon en informatique. "On utilise des langages de programation comme SQL ou PL/SQL, javascript. L'idéal est de faire une formation initiale en informatique, puis d'acquérir une double compétence dans un secteur comme les systèmes d'information géographique."

Même son de cloche du côté d'Élodie. "Il faut être bon en algorithme, c'est sûr. Il est également nécessaire de se tenir informé des nouvelles technologies. Mais il n'y a pas que des compétences techniques. Le travail en équipe est primordial. Nous sommes le lien entre l'informatique et le business." La double compétence, encore.

Le salaire d'Hélène

30.000 € brut annuel en début de carrière, puis 35.000 €.

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