1. Ces étudiants font le buzz en inventant de quoi géolocaliser des objets
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Ces étudiants font le buzz en inventant de quoi géolocaliser des objets

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Guénolé, Marc-Olivier et Benjamin, posent devant leur projet primé à la Journée de l'Innovation Télécom ParisTech. // © Delphine Dauvergne
Guénolé, Marc-Olivier et Benjamin, posent devant leur projet primé à la Journée de l'Innovation Télécom ParisTech. // © Delphine Dauvergne

LES JEUNES ONT DE L’AVENIR ! Un groupe de cinq futurs ingénieurs a remporté le prix étudiant de la Journée de l’Innovation Télécom ParisTech. Leur projet futuriste ? Une technologie permettant de localiser des objets à l'intérieur de bâtiments.

"Plume". Drôle de nom pour un projet scientifique, lauréat de la Journée de l'Innovation Télécom ParisTech 2014. Mais l'acronyme décliné ôte tout doute : Plume is Localization Using Magnetic Emitters. Plume permet, "à partir d'un champ magnétique généré dans l'espace, de faire remonter des informations de position", explique Guénolé Lallement, l'un des étudiants participants au projet. Un dispositif qui utilise des champs magnétiques comme le pass Navigo de la RATP, mais qui innove en permettant de connaître la position d'un objet, même à l'intérieur d'un bâtiment.

Limité pour l'instant à une portée de 5 mètres, la technique de Plume, si elle était développée, pourrait être utilisée dans de nombreux domaines, surtout dans les objets interactifs : contrôleurs de jeux, retrouver des objets, aspirateur, robots, drones, souris 3D... "Il y a aussi des choses à faire dans les objets miniaturisés si l'on arrive à réduire la taille du dispositif", souligné Guénolé.

Pour la majorité en 2e année à Telecom ParisTech

Chaque année, l'unité d'enseignement Rose (pour "robotique et systèmes embarqués", UE qui devient "architecture des systèmes embarqués" à la rentrée 2014) – proposée en 2e année de Télécom ParisTech – permet aux étudiants de plancher par groupe sur des projets. Le thème pour 2013-2014 était "les objets connectés". Le projet de l'équipe de Plume était "celui qui mélangeait le plus d'électronique, de maths et de physique. Les professeurs nous l'ont aussi présenté comme un challenge pas sûr d'être réussi", raconte Guénolé. Son camarade, Marc-Olivier Koppe, qui a présenté Plume devant le jury lors du concours, partage son avis : "Ce qui m'a donné envie, c'est le côté défi".

"Nous aimons tous les gadgets"

Marc-Olivier, 22 ans, est un "scientifique dans l'âme". Ce polytechnicien a rejoint la deuxième année de Télécom ParisTech, après trois ans à l'X, dans le cadre d'un double diplôme. "J'aime l'électronique, l'aspect logique qu'il y a derrière, je souhaite continuer ensuite dans le domaine des systèmes embarqués", confie-t-il.

Pour Guénolé, 23 ans, en deuxième année à Télécom ParisTech, ce sera plutôt de "la recherche en micro-nano électronique". Quant à Benjamin Groeneveld, 22 ans, il est en troisième année, mais en apprentissage à Thalès, il travaille sur les réseaux de télécommunications. "C'est enrichissant d'avoir des profils différents dans un projet. Benjamin a beaucoup d'expérience en code", explique Marc-Olivier. Les deux autres participants, Olivier Tassinari et Virgile Quintin sont en deuxième année. "Une chose est sûre : nous aimons tous les gadgets", constate Benjamin.

Les mêmes aléas que dans la "vraie" vie pro…

Pendant deux mois les étudiants ont planché sur ce projet. "Notre planning était fixé à la demi-journée près", se souvient Marc-Olivier. Les futurs ingénieurs ont été confrontés aux difficultés présentes dans l'industrie. "Nous avons dû imprimer nos circuits électronique dans une usine en Irlande, mais ils ont oublié de souder certains de nos composants, ce qui nous a fait prendre deux semaines de retard", raconte Guénolé. Mais pour lui, "cela prépare à la vie professionnelle".

Autre contrainte : "le manque de documentation sur le sujet, que cela soit sur Internet ou auprès des professeurs", remarque Benjamin. Pour son camarade Marc-Olivier, c'est surtout "l'imprévu" qui a été dur à gérer. Mais, "il ne faut pas avoir peur de se lancer dans des projets ambitieux. Dès qu'il y a une difficulté il faut s'y attaquer", conseille-t-il.

Les étudiants ont récolté 2.000 euros pour financer leur projet. // © Delphine Dauvergne
Les étudiants ont récolté 2.000 € pour financer leur projet. // © Delphine Dauvergne

Pour l'instant, le développement du projet en start-up n'est pas encore à l'ordre du jour. Seul Marc-Olivier aura fini son cursus dans quelques mois, tandis que certains partiront poursuivre leurs études à l'étranger. "Nous sommes bien motivés à continuer ce projet, mais il faudra sûrement attendre un an pour que tout le monde soit diplômé", regrette Marc-Olivier. Le temps que tous puissent prendre leur envol.