1. Maïté, développeuse : “À chaque fois, je dois justifier mon parcours”
Témoignage

Maïté, développeuse : “À chaque fois, je dois justifier mon parcours”

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Maïté a été embauchée par l'entreprise où elle a effectué son stage de fin d'études. // © Flore-Aël Surun/Tendance floue pour l'Etudiant
Maïté a été embauchée par l'entreprise où elle a effectué son stage de fin d'études. // © Flore-Aël Surun/Tendance floue pour l'Etudiant

Passionnée d'informatique, Maïté a réussi à se faire une place dans ce milieu très masculin. Développeuse chez SAP, le leader en édition de logiciels pour les entreprises, elle est la seule femme de son équipe… et aussi la plus jeune.

À 24 ans, Maïté fait office de petite dernière auprès de ses collègues de SAP, âgés de 40-50 ans. “Ils se montrent patients, sans être paternalistes”, apprécie-t-elle.

Être une femme dans un milieu aussi masculin n'a pas toujours été facile. “Je suis considérée à chaque fois comme une licorne, je dois justifier mon parcours”, témoigne-t-elle. Affectionnant les maths au lycée, elle a décidé de s'orienter vers l'informatique après l'obtention de son bac S. Férue de jeux vidéo, elle était aussi “la débrouillarde de la famille, qui résolvait les ­problèmes informatiques”.

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12 filles sur 300 étudiants

Maïté intègre ainsi l'EPITA, au Kremlin-Bicêtre (94), une école d'ingénieurs spécialisée dans l'informatique. Sur une promotion de 300 élèves, elles ne sont que 12 filles. “Les blagues sexistes à répétition, cela fatigue, à force.”

À l'inverse, les enseignants “ont plutôt tendance à couver les filles, à les accompagner davantage lorsqu'elles ont besoin d'aide”.

Résoudre des bugs en équipe

Maïté effectue son stage de fin d'études chez SAP, où elle est ensuite embauchée comme développeuse. Elle travaille actuellement sur un logiciel qui analyse des données pour en tirer des constats. “Je m'occupe surtout de la partie test du noyau du logiciel, c'est-à-dire de son moteur avec les lignes de code”, décrit-elle.

Constamment derrière son ordinateur, la jeune femme aime cependant “le côté humain que l'on retrouve, paradoxalement, dans l'informatique”. Pour résoudre les problèmes, il convient de se mettre d'accord sur les solutions. “Toutes ces interactions me permettent d'apprendre et d'améliorer rapidement mes compétences.”