Aurélie, ingénieure dans la robotique : comment elle invente un exosquelette

Par Céline Authemayou, publié le 25 Octobre 2013
3 min

Concevoir un robot permettant à celui qui le porte de soulever des charges très lourdes sans effort : tel est le travail d’Aurélie, devenue chef de projet exosquelette chez Rb3d après avoir fait l’INSA Strasbourg et un master recherche en automatique et en robotique.

Son métier

Au sein de la petite entreprise auxerroise Rb3d, Aurélie est chef de projet exosquelette. La jeune femme participe à la conception d'un robot permettant à celui qui le porte sur lui de soulever des charges très lourdes sans effort. Unique en Europe, ce mécanisme a été pensé pour équiper les soldats de l'armée française. Mais l'entreprise développe aussi un squelette pour le monde civil. "Les possibilités sont immenses dans l'industrie, le bâtiment, mais aussi le milieu médical", note Aurélie.

La première partie du travail de l'ingénieure consiste à rédiger un cahier des charges. Ce document contient toutes les spécifications techniques de l'exosquelette et permettra aux différentes équipes (électronique, informatique, mécanique) de réaliser leur partie du travail.

Puis Aurélie établit un planning. "Nous sommes en contact avec des entreprises, qui nous font connaître leurs besoins. Il faut pouvoir répondre à leurs demandes." Un premier démonstrateur a été conçu. Aurélie a même été son "pilote d'essai", pour tester le robot et noter les améliorations à apporter. Un premier prototype sera bientôt créé, avant la phase d'industrialisation.

Dans le monde de demain...

Aurélie en est certaine : "Dans quelques années, l'exosquelette sera un outil comme un autre dans le monde du bâtiment. Nous pensons que, dès 2016-2017, les premiers exemplaires de l'exosquelette seront commercialisés. Tout dépendra ensuite de l'accueil que lui feront les ouvriers. Car travailler avec un robot sur le corps demande un petit temps d'adaptation."

Son parcours

Après un bac S option sciences de l'ingénieur, Aurélie a intégré l'INSA (institut national des sciences appliquées) de Strasbourg (67). "J'ai grandi dans une famille où le bricolage et les réparations en tous genres étaient monnaie courante, raconte la jeune femme. En terminale, j'ai découvert l'électronique, la mécanique et l'informatique : ces trois matières m'ont séduite. Au moment de choisir une école, j'ai privilégié celle qui offrait une spécialité mécatronique, qui est à la croisée de tous ces sujets."

En parallèle de son cursus d'ingénieur, Aurélie a préparé un master recherche en automatique et en robotique, à l'université de Strasbourg et a réalisé plusieurs stages, notamment chez Rb3d et au CEA (Commissariat à l'énergie atomique), sur le projet d'exosquelette. Diplômée en 2009, elle a travaillé 18 mois au CEA, avant de rejoindre en CDI (contrat à durée indéterminée) son entreprise actuelle, en juillet 2011.

Ses conseils

"Les métiers techniques sont peu valorisés. Or, ils offrent de belles opportunités de carrière. Pour les filles, ce choix de filière n'est pas évident, que ce soit au lycée ou en école d'ingénieurs. J'étais la seule fille de ma promo à l'INSA. Mais si cette orientation correspond à vos envies, osez et foncez !"

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