1. Cette jeune diplômée parcourt le monde pour revaloriser l’image de la femme musulmane
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Cette jeune diplômée parcourt le monde pour revaloriser l’image de la femme musulmane

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Sarah Zouak // © Photo fournie par le témoin
Sarah Zouak // © Photo fournie par le témoin

Après le Maroc, la Tunisie et la Turquie, Sarah Zouak repart pour l’Indonésie puis l’Iran pour achever son "Women SenseTour in Muslim Countries". Un voyage au cours duquel cette jeune diplômée de l'ESCEM Tours-Poitiers réalise un documentaire sur des musulmanes qui contribuent à l’émancipation des femmes.

Un mois par pays. Cinq pays. Vingt-cinq femmes. Cinquante-deux minutes de documentaire. Ainsi pourrait-on résumer le projet de Sarah Zouak. La jeune femme de 25 ans s’est envolée le 2 avril 2015 pour Jakarta. Elle passera un mois en Indonésie. Là-bas, puis en Iran, Sarah ira rencontrer des femmes qui œuvrent pour l’émancipation et les droits des femmes dans leur pays, comme elle l’a déjà fait au Maroc, en Tunisie et en Turquie. Pas de hasard. Toutes ont été repérées et contactées en amont, via les réseaux de femmes, les réseaux sociaux et le bouche-à-oreille.

Musulmane, féministe et engagée pour les droits des femmes, Sarah n’a jamais vécu la stigmatisation mais en a eu assez d’entendre qu’elle était "une exception" ou que sa religion serait un jour un obstacle à son féminisme, comme le lui a dit sa directrice de mémoire, "une grande féministe", précise la jeune diplômée de l’ESCEM École de management et de l’IRIS (Institut de relations internationale et stratégiques).

"Marre d’entendre que la femme musulmane est passive et soumise"

"En France, dès qu’on dit ‘femme’ et ‘musulmane’, on a une image négative. J’en avais marre d’entendre que la femme musulmane est passive et soumise", lance Sarah, lors d’un goûter de départ dans les locaux de Makesense, espace où de jeunes entrepreneurs sociaux sont accompagnés pour développer leur projet, à deux jours du départ.

Largement impliquée dans la logistique du goûter, Clotilde Vallée, copine de promo de Sarah en classe préparatoire au lycée Claude-Monnet à Paris, n’a pas seulement fait un CAP de boulangerie après son diplôme d’une école de commerce à Nice, elle a aussi  accompagné Sarah dans la première partie de son voyage. L’occasion de "déconstruire pas mal de clichés que j’avais, moi aussi, reconnaît la jeune femme de 25 ans. À commencer par l’image d’une femme musulmane pas trop émancipée."

Des femmes soutenues par leurs pères et leurs maris

Déterminée, Sarah s’est formée à la prise de vue pour mener à bien son projet. Elle a récolté 10.000 € via deux plates-formes de crowdfunding – financement participatif – pour acheter le matériel nécessaire. Avec sa copine de promo, elle a déjà parcouru le Maroc, la Tunisie et la Turquie, à la rencontre d’une quinzaine de femmes, qu’elle a pris le temps de découvrir et de faire témoigner, en vidéo.

"La femme musulmane, voilée ou pas, rurale, urbaine, est une femme, tout simplement", résume Sarah. Qu’elles soient à la tête d’une association qui vient en aide à des mères célibataires, des victimes de violences conjugales, ou aux commandes d’un restaurant solidaire qui permet à des mendiantes de sortir de leur servitude en retrouvant un travail, "ces femmes recevaient et avaient toutes reçu le soutien de leurs pères et de leurs maris", note la voyageuse, qui ne s’attendait pas à cela. Elle relève même que certaines d’entre elles utilisent l’islam pour émanciper les femmes, "s’appuyant sur le Coran pour lutter contre les violences conjugales, par exemple", illustre Sarah.

Un projet de tour de France des écoles et universités pour présenter son documentaire

Avant de reprendre la route, avec Justine Devillaine, 23 ans, rencontrée à l’IRIS, Sarah livre quelques-uns des projets qu’elle aimerait mener à son retour dans deux mois. Après la réalisation du documentaire de cinquante-deux minutes, consacré à 10 des 25 femmes, et des portraits filmés de chacune d’entre elles, elle envisage de faire un tour de France des écoles et des universités pour présenter son documentaire et susciter le débat. À moyen terme, elle aimerait créer une entreprise sociale, pour faire connaître des modèles de femmes féministes musulmanes.

Déjà primée pour son engagement associatif lors du Gala de la femme africaine le 7 mars dernier, Sarah Zouak se réjouit de cette reconnaissance. Aussi posée qu’engagée, féministe que féminine, Sarah a l’étoffe d’une leadeuse, qui aime fédérer, partager ses projets et croit en l'intelligence collective. Elle n’a pas attendu le nombre des années pour donner envie de la suivre… Au bout du monde !

Cliquer ici pour suivre le voyage de Sarah et Juliette en Indonésie et en Iran.