1. Comment je suis devenue comédienne
Portrait

Comment je suis devenue comédienne

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Comédienne et danseuse, Cédrine Chevalier, 25 ans, a plus d'une corde à son arc. // © Thomas Graindorge
Comédienne et danseuse, Cédrine Chevalier, 25 ans, a plus d'une corde à son arc. // © Thomas Graindorge

Après avoir envisagé des études scientifiques, Cédrine Chevalier, fan de danse et de théâtre depuis son enfance, décide de sauter le pas pour vivre à fond son attirance pour la scène. Elle s'installe à Paris afin d'y parfaire sa formation de comédienne, et, à 25 ans, elle multiplie les engagements. Itinéraire d’une passionnée.

Samedi et dimanche après-midi, comme souvent depuis le début de l’année, Cédrine Chevalier a revêtu les costumes d’un spectacle pour enfants qu’elle joue au sein d’une troupe de jeunes comédiens. Ses semaines sont chargées : en deuxième année de l’École du One-Man-Show à Paris, où elle complète sa formation de comédienne au rythme de 14 heures de cours hebdomadaires, elle travaille environ quatre soirées par semaine au Lido, comme vestiaire-hôtesse.

"Mes parents me paient l’école. Pour le reste, à commencer par ma chambre de 15 mètres carrés, la nourriture et les factures, je me débrouille seule. Entre les spectacles du week-end, mon job au Lido, quelques représentations, des silhouettes dans des films, plus des cachets de danseuse, je m’en sors de mieux en mieux !", énumère la jeune femme de 25 ans.

Objectif : intégrer le milieu du cinéma

D’ici un mois ou deux, Cédrine espère avoir trouvé un agent et réalisé sa bande-démo, sorte de portfolio filmé d’environ trois minutes, résumant sa palette de jeu d’actrice. Deux sésames incontournables pour attirer l’attention des réalisateurs, metteurs en scène et directeurs de casting…

"Mon but, c’est bien sûr d’arriver à vivre de mon art, et si possible, d’intégrer le milieu du cinéma. Pour cela, trouver un agent est indispensable et… compliqué", explique Cédrine.

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Un CV de comédienne-danseuse

Son âme de battante a fait d’elle une habituée de la lutte en tous genres. "J’ai commencé ma scolarité en mode 'petite blonde du premier rang avec 18/20 de moyenne', sourit-elle. Mais je rêvais de scène et de paillettes. J’ai commencé par faire de la gym rythmique à trois ans. Jusqu’à mes 18 ans, je passais mes semaines et mes week-ends en compétition. Sans compter le modern jazz et au collège, les cours de théâtre ! D’ailleurs, sur mon CV je suis 'comédienne-danseuse'", souligne-t-elle.

La fac de chimie puis de droit…

Au collège de Verneuil-sur-Avre (27), où elle est scolarisée, Cédrine est LA bonne élève, particulièrement douée pour les matières scientifiques. Pourtant, en première S, au lycée Rémi-Belleau à Nogent-le-Rotrou (28), elle galère en maths. Refusant un redoublement, elle passe en terminale S. Mais à cause du stress et d’un niveau insuffisant, elle rate l'examen. Son année d’avance lui permet de redoubler sans encombre.

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Sa famille déménage alors pour s’installer sur le bassin d’Arcachon. Cédrine, qui rêve d’études en chimie organique pour évoluer dans l’univers de la cosmétologie, intègre avec enthousiasme la fac de chimie à Bordeaux. Mais le tronc commun généraliste de la première année la décourage. Simultanément, un problème de santé aux tibias l’empêche de pratiquer la danse et le sport, ses plus belles échappatoires. "Après avoir repiqué mon année de chimie, j’ai lâché prise et décidé de partir… en fac de droit. Je pensais qu’avec ma bonne mémoire, je n’aurais aucune difficulté", sourit-elle.

L'appel de la scène

Le contraire se produit mais, entre-temps, Cédrine tente le concours d’entrée au Conservatoire de danse de Bordeaux, section modern jazz. Admise du premier coup, elle cumule alors les cours de droit, de musique et de danse, jusqu’à se rendre à l’évidence : l’appel de la scène est le plus fort !

Soutenue par ses parents, son certificat d’études chorégraphiques en poche, elle décide de s'installer à Paris pour intégrer une école de comédie musicale. "En avril 2015, j’ai réussi le concours d’entrée de cette école privée, qui propose un cursus de deux ans. Mise en scène, solfège, danse, théâtre… la formation transforme les élèves en artistes complets, et c’est ce qui m’a plu. Quand j’en suis sortie, en septembre 2017, j’ai tout de suite commencé à passer des castings car l’école nous place sur des projets télé et théâtre en permanence."

Comédien : un vrai métier

Si la première année a été compliquée sur le plan financier, Cédrine s’en est sortie grâce à sa débrouillardise : "Petits boulots, figurations, pubs, doublages… il y a toujours des moyens de gagner sa vie quand on a la foi !", renchérit-elle. Aujourd’hui, après deux ans de formation dans une nouvelle école, où elle a appris, entre autres, l’écriture de spectacles et l’interprétation, elle se sent enfin prête pour vivre à 100 % de sa passion. "Le plus dur, c’est de se battre pour faire reconnaître qu’on fait un vrai métier. D’où les petits "coups de mou" parfois… Mais quand on est applaudi, ça repart. Rien n’est plus beau, ni plus réconfortant."

Son parcours en 6 dates

6 décembre 1993 : naissance à Sartrouville
Juillet 2011 : bac S
Septembre 2013 : Conservatoire de danse de Bordeaux
Octobre 2015 : entrée à l’AICOM (Académie internationale de comédie Musicale), à Paris
Mai 2017 : première apparition au théâtre des Champs-Elysées dans la pièce "Édith Piaf : entre France et Amérique"
Septembre 2017 : première année à l’École du One-Man-Show à Paris

Les formations pour devenir comédienne

À la fac : licence pro, "encadrement d’atelier de pratiques théâtrales", à partir d’un bac+2, et licence générale Arts du spectacle (Paris 8), suivie d’un master pro études théâtrales ou d’un master recherche mention études théâtrales.

Trois écoles publiques, mais très sélectives (entrée sur audition, à partir de 18 ans), proposent un cursus de 3 ans : le Conservatoire national supérieur d’art dramatique de Paris (CNSAD), l’École supérieure d’art dramatique du théâtre (ESAD) de Strasbourg et l’École nationale supérieure des arts et techniques du théâtre de Lyon (ENSATT).

De nombreuses écoles privées existent, accessibles généralement dès l’âge de 18 ans. Un cursus de trois ans est généralement proposé, mais leurs tarifs sont plus ou moins élevés. Le cours Florent est le seul à offrir une formation gratuite d’acteur (en marge de son cursus privé et payant de trois ans) : il s’agit de La Classe libre du Cours Florent, soit deux années de cours très prisées, donnant lieu à un concours national annuel, à Paris et en région.