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Portrait

Comment je suis devenue psychothérapeute

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C'est au lycée que Coraline commence à s'intéresser à la psychologie. // © Photo fournie par le témoin
C'est au lycée que Coraline commence à s'intéresser à la psychologie. // © Photo fournie par le témoin

À 29 ans, Coraline Collet exerce en libéral comme psychologue et psychothérapeute à Marseille. Elle propose un accompagnement fondé sur les thérapies comportementales et cognitives.

À cause du coronavirus, Coraline Collet, psychologue et psychothérapeute libérale de 29 ans, a changé sa routine. Elle a réduit ses jours de consultation en présentiel à Marseille (13) à deux par semaine et les commence en espaçant le mobilier, pour respecter la distanciation physique.

Elle s’occupe ensuite des prises de rendez-vous et de l’envoi des factures puis les consultations s’enchaînent : 6 par jour, contre 10 avant l’épidémie. "Il y a beaucoup de 'burn out' et d’anxiété avec le déconfinement. Je m’occupe aussi des problèmes relationnels, dépressions et des troubles obsessionnels compulsifs", raconte-t-elle. Le reste de sa semaine est consacré aux consultations à distance.

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Un intérêt pour les comportements

Au lycée, Coraline choisit la filière sciences médico-sociales (aujourd’hui ST2S), avec l’idée d’exercer dans le paramédical. Petit à petit, elle s’intéresse aux comportements humains grâce à des films et elle pense alors pouvoir pratiquer la psychologie dans le domaine judiciaire, pour des criminels par exemple.

Parmi ses camarades, elle est la seule à s’inscrire en licence, en l’occurrence de psychologie, à l’université d’Aix-Marseille (13). Les avis de ses professeurs sont pourtant presque tous défavorables : "J’ai toujours eu des difficultés à l’école, tout en me débrouillant pour avoir un peu plus que la moyenne", indique-t-elle.

Après avoir redoublé sa troisième année, elle est sélectionnée pour intégrer le master de psychologie sur l’orientation professionnelle intitulé aujourd’hui "master de psychologie des transitions : orientation, insertion, conseil".

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Le choix de la thérapie

Pour Coraline, c’est la fin des années de licence "très théoriques", avec enfin l’usage d’outils "de psychologue" comme les tests de personnalité et les bilans de compétences et deux stages dans des établissements médico-sociaux.

Son master en poche, elle travaille pour l’association Espace pédagogie et formation France sur l’orientation de décrocheurs scolaires et auprès de bénéficiaires de minima sociaux. Plus tard, la jeune femme se lance en parallèle dans une formation de deux ans (trois aujourd’hui) aux thérapies comportementales et cognitives (TCC) dispensée par l’Association française de TCC à Aix-en-Provence.

"Les TCC représentent un des courants de la psychologie. C’est une thérapie brève qui vise à faire comprendre aux patients les mécanismes de leurs troubles en s’intéressant à leurs pensées, leurs émotions et leur comportement", résume-t-elle. Grâce à sa formation, Coraline dit avoir eu davantage confiance dans sa façon d’exercer son métier.

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L'installation en cabinet

En septembre 2017, Coraline décide de s’installer en libéral après un bref passage en tant que psychologue remplaçante à l’éducation nationale : "Un collègue m’a proposé d’avoir accès à son cabinet deux jours par semaine.

"Depuis, elle s’est inscrite au registre national des psychothérapeutes auprès de l’Agence régionale de santé pour pouvoir utiliser ce titre. "Cela prouve aux gens que je maîtrise une thérapie. 75% des gens qui m’appellent le font parce que je pratique la TCC", explique-t-elle.

À l’avenir, Coraline pense à "affiner [s]a boîte à outils". Elle a ainsi commencé à se former en EMDR, une technique psychothérapeutique fondée sur les mouvements oculaires.

Le parcours de Coraline Collet en 6 dates

– 12 août 1990 : naissance à Marseille
– 2008 : obtention du baccalauréat en filière "sciences médico-sociales" (devenue ST2S)
– 2014 : obtention d’un master de psychologie de l’orientation, de l’insertion et du conseil à l’université d’Aix-Marseille
– Septembre 2016 : début d’une formation de deux ans aux thérapies comportementales et cognitives avec l’AFTCC à Aix-en-Provence
– Septembre 2017 : installation en libéral à Marseille
– 2018 : inscription au registre national des psychothérapeutes

Zoom sur le titre de psychothérapeute

Depuis 2010, l’usage du titre de psychothérapeute est réglementé. Pour se déclarer officiellement psychothérapeute, une inscription à un registre national auprès d’une Agence régional de Santé (ARS) est requise. Pour que l’inscription soit validée, le professionnel doit avoir reçu une formation en psychopathologie clinique auprès d’un établissement agréé par l’État et fait un stage.
Cette formation s’adresse aux titulaires d’un diplôme de niveau doctorat donnant le droit d’exercer la médecine en France ou d’un master de psychologie ou de psychanalyse.
À noter : des dispenses totales ou partielles de cette formation et de ce stage peuvent être accordées aux psychiatres, psychologues, médecins et psychanalystes.
Pour connaître les établissements agréés de votre secteur en cas de besoin de formation et de stage, il est possible de se renseigner auprès des ARS. Celle d’Île-de-France indique que l’AFTCC et l’École pratique des hautes études en psychopathologie disposent par exemple d’un agrément.

Salaire
En libéral, les salaires des psychothérapeutes peuvent varier de quelques centaines d’euros en début de carrière et avec une activité réduite, jusqu’à 5.000 ou 6.000 euros brut par mois par la suite, en travaillant des semaines complètes.