Jérémy, concepteur de robots : "Le fait de bidouiller permet vite de se rendre compte si cela plaît"

Par Laura Makary, publié le 25 May 2018
5 min

À 30 ans, après un passage en école d’ingénieurs et un doctorat, Jérémy est désormais ingénieur robotique. Il raconte son métier, entre technique, gestion d’équipe et relations clients.

Avant la robotique, c’est d’abord la physique qui a passionné Jérémy, quand il était au lycée. Intéressé par cette discipline, il poursuit ses études en licence à Aix-Marseille Université. "C’est le côté plus pratique de la physique qui me tentait. J’ai donc choisi d’intégrer une école d’ingénieurs assez généraliste, pour découvrir aussi bien la mécanique que l’informatique et l’électronique. Je suis entré à l’ENSTA Bretagne après ma licence via les admissions parallèles. C’était idéal, car j’ai pu y découvrir plusieurs types de métiers", se souvient-il.

"J’aimais particulièrement la recherche et l’ingénierie"

Après une année de césure dans un grand groupe, Jérémy choisit, en dernière année, la spécialité robotique, tout en suivant un master de recherche en double diplôme. Pour se spécialiser davantage, il effectue trois années de doctorat, portant sur la localisation et la cartographie de robots sous-marins.

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"J’aimais particulièrement la recherche et l’ingénierie, d’où mon envie de faire une thèse appliquée, en lien avec des laboratoires de recherche. Une fois mon doctorat obtenu, j’ai trouvé facilement du travail", explique l’ingénieur.

"Aujourd’hui, j’encadre quatre jeunes ingénieurs en robotique"

C’est ainsi qu’il intègre, en octobre 2016, Forssea, une start-up tout juste créée, développant un robot sous-marin. "À l’époque, nous n’étions que deux CDI [contrats à durée indéterminée], ce qui m’a séduit. Aujourd’hui, nous sommes une dizaine de salariés. Ce poste me permet de valoriser ma thèse et j’aime l’équilibre des différentes tâches. Mon quotidien est occupé à 20 % par du management et de la gestion d’équipe : j’encadre quatre jeunes ingénieurs en robotique. 20 % de mon temps sont dédiés aux besoins des clients, en lien avec l’équipe dirigeante de l’entreprise. Et les 60 % restants sont consacrés à la technique : que mettre dans le robot ? Comment se déplace-t-il, avec quels propulseurs, à quel endroit ? Quels capteurs ? Il faut décider de l’électronique, l’intelligence artificielle, l’informatique, les algorithmes de localisation et de contrôle… C’est l’avantage d’une jeune entreprise : nous avons tous les aspects de la création d’un robot entre les mains", détaille Jérémy.

Son conseil aux ingénieurs robotiques en herbe : ne pas hésiter à découvrir les robots. "Il existe beaucoup de ressources sur Internet. Vous pouvez commander un kit Arduino, qui ne coûte pas très cher, pour commencer à faire tourner un moteur. Le fait de bidouiller permet vite de se rendre compte si cela plaît ou non !", suggère Jérémy, qui recommande aussi un passage par une école d’ingénieurs, de préférence assez généraliste, proposant une spécialité en robotique.

Deux ans après son arrivée dans l’entreprise, notre ingénieur robotique reste en tout cas passionné par son quotidien. Et précise que "les rémunérations sont attractives dans le secteur". De quoi susciter des vocations !

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