Ingénieurs et scientifiques à la SNCF : Vincent, 27 ans, manager d'une équipe de conducteurs de train

publié le 08 Février 2013
4 min

Conduire un train suppose non seulement de faire les bons gestes techniques, mais aussi de connaître toutes les procédures à appliquer, notamment en cas d'incident. C'est le rôle de Vincent, manager d'une équipe de conducteurs, de veiller à ce que la réglementation soit bien appliquée par les conducteurs.


Son parcours

Après son bac S et 3 ans de prépa, Vincent intègre l'École des mines de Douai. Un choix guidé par la volonté de "ne pas [se] spécialiser tout de suite, explique le jeune homme. La première année était organisée autour d'un tronc commun, et j'ai pu affiner mes envies au fur et à mesure". Sa stratégie ? "Toucher un peu à tout".

Spécialisé en gestion de technique industrielle, Vincent opte pour la filière entrepreneur et préside la junior entreprise de l'école, tout en s'attachant à découvrir, durant ses stages, à la fois l'industrie automobile et l'industrie chimique, dernière expérience qui le mène à son 1er emploi.

Vincent commence donc sa carrière en 2009 dans une usine chimique, où l'ambiance le pousse cependant à changer rapidement. Il se lance alors comme consultant en informatique, mais sa 1re mission, très administrative, ne l'enchante guère. C'est à ce moment-là que la SNCF le contacte, lui qui avait postulé à la fin de ses études à une offre en maintenance des voies électriques. Désormais, l'entreprise lui propose un poste de manager de conducteurs de train. Vincent saisit l'occasion et entre à la SNCF en octobre 2010.

En tant que jeune cadre, il suit alors 2 années de formation :la 1re est centrée sur les aspects réglementaires et l'apprentissage de la conduite des trains, tandis que la 2de consiste à acquérir une véritable expérience de conducteur. En septembre 2012, Vincent prend son poste de manager de conducteurs de train.


Son métier

Metiers de la SNCF - Vincent 1 - manager d'une équipe de conducteurs de train - ©S.BlitmanDans sa mission d'encadrement d'une équipe de 36 conducteurs, "l'aspect réglementation est essentiel, affirme Vincent dont le rôle est de s'assurer que "le savoir et le savoir-faire des conducteurs sont conformes aux normes définies par la SNCF". Pour cela, il accompagne chaque conducteur en cabine sur des trajets 2 ou 3 fois par an. En fonction des besoins décelés sur le terrain ou des modifications de réglementation, le jeune homme anime aussi des formations.

Le reste du temps est consacré au suivi administratif des bulletins de service que remplissent les conducteurs à la fin de leur journée. En cas d'incident, ils doivent rédiger un rapport à partir duquel Vincent évalue si une erreur ou une faute a été commise. "On recense 15.000 'événements conduite' par an qui vont de la simple anomalie matérielle à l'accident de personne, rappelle-t-il. Parmi eux, seuls 300 événements dits "significatifs" ont un impact sur la sécurité."


Le rythme de travail

"Globalement, j'ai plutôt des horaires de bureau et ne travaille pas le week-end", déclare Vincent. Les accompagnements de conducteurs la nuit ont lieu, quant à eux, 1 à 2 fois par mois.


Ce qui lui plaît dans son métier

"Le plus agréable, c'est d'encadrer 30 personnes, donc 30 personnalités différentes, confie Vincent. J'aime former, discuter, échanger,aider à comprendre pourquoi on fait telle ou telle chose", énumère-t-il.


Ce qui lui plaît moins

Faire le suivi administratif des services des conducteurs implique de "passer du temps devant l'ordinateur à remplir le logiciel... C'est parfois fastidieux", estime Vincent.

Le salaire


Selon son école, un jeune diplômé recruté à ce poste gagne 2.500 à 3.000 € net par mois, primes comprises.


Comment il envisage son avenir

"Après ce type de missions, on a en général le choix de s'orienter vers un poste soit de gestion soit d'expertise", explique Vincent qui se dit, lui, plutôt tenté par la première voie.


Ses conseils

"Il est rare de trouver le job idéal dès le départ", constate Vincent, fort de sa propre expérience mais aussi de celle de ses camarades de promo. "Ce n'est pas parce que vous avez un bac+5 que vous connaissez bien un métier, insiste-t-il. Or, il faut bien commencer par quelque chose". D'où l'importance, selon lui, de "se lancer dans un premier emploi et de tirer profit de cette expérience, même si c'est pour bifurquer ensuite".


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