1. La police scientifique, comme dans "Les Experts" ?

La police scientifique, comme dans "Les Experts" ?

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"Les Experts" Las Vegas, Manhattan ou Miami cartonnent en tête des audiences télévisuelles. Aucun crime ne leur résiste. Avec leurs technologies de pointe et leur esprit d’analyse, Gil Grissom, Mac Taylor, Horatio Caine et leurs équipes font parler les indices. Sur le terrain ou dans les labos, ils mènent leurs investigations tambour battant. Avec un seul but : faire triompher la vérité. En réalité, comment travaille la police scientifique ? Enquête chez les vrais experts : une journée à l’Institut de recherche criminelle de la gendarmerie.

Du chef de division au simple gendarme, tous sont unanimes : si "Les Experts" sont tout à fait crédibles d’un point de vue technique, le fonctionnement de la police scientifique n’a rien à voir avec ce qui est montré dans les séries américaines. Fiction oblige ! Belle hypothèse de départ, mais une simple affirmation ne nous suffit pas. Nous voulons des preuves. Rendez-vous est pris au fort de Rosny-sous-bois (93) pour rencontrer les Gil Grissom et Mac Taylor de la vraie vie. L’IRCGN (Institut de recherche criminelle de la gendarmerie nationale) nous ouvre ses portes pour une journée. Carte d’identité à fournir, badge obligatoire, code d’accès à chaque bureau, il faut d’abord montrer patte blanche.

Les coulisses

Une fois à l’intérieur du fort, les locaux n’ont rien d’exceptionnel. Une grande partie de l’Institut occupe même des préfabriqués en attendant un déménagement dans quelques années à Pontoise. Une simplicité qui tranche avec les décors sophistiqués et les lumières froides des séries américaines. Mais pour nos experts, peu importe. Le fond prime sur la forme. Les personnels de l’Institut, la plupart gendarmes, traitent les dossiers les plus complexes et souvent les plus médiatiques. L’affaire Flactif, la joggeuse assassinée dans la forêt de Fontainebleau mais aussi le crash du Concorde… La police scientifique a contribué à résoudre ces grandes affaires.

Les personnages

Les lieutenants-colonels Stéphane Calderara, Yvan Malgorn et Franck Marescal vont nous aider dans notre enquête. A la tête des 3 divisions criminalistiques de l’Institut (physique et chimie, ingénierie et numérique, et identification humaine), ils nous font pénétrer dans les différents départements de l’IRCGN à la recherche d’indices. L’anthropologue Jean Richebe, l’entomologiste Emmanuel Gaudry, l’expert en téléphones mobiles Stéphane Letrillard, le spécialiste en accidentologie Arnaud Del Volta ou encore les balisticiens Thierry Subercazek et Florence Grenier seront autant de témoins à charge et à décharge tout au long de notre journée d’investigation. Générique.

les experts miami
A gauche, les lieutenants-colonels Franck Marescal, Stéphane Calderara et Yvan Malgorn à droite : le casting des Experts Miami. Nos Experts français vont nous aider à repérer le vrai du faux dans les enquêtes des investigateurs américains.
Comment fonctionne la police scientifique en France ?
L’IRCGN est la tête de pont de la chaîne criminalistique de la gendarmerie, son niveau national. Il regroupe sur un seul site plus de 250 experts (231 gendarmes, 37 personnels civils) dans tous les domaines des sciences forensiques. Mais l’Institut possède des relais sur le terrain.
A l’échelon local, les techniciens en identification criminelle de proximité (TICP) sont chargés d’effectuer les premiers prélèvements et les actes simples de police scientifique.
A l’échelon départemental, une cellule d’investigation criminelle est mise en place avec des techniciens en identification criminelle (TIC), un ou plusieurs spécialistes en technologies numériques (N-Tech) et un coordinateur des opérateurs de criminalistique (COCRIM).

> Pour plus d’infos, vous pouvez contacter les centres d’information et de recrutement de la gendarmerie (liste des CIR sur le site de recrutement de la gendarmerie)

Au sein de la police, l’INPS, pendant de l’IRCGN pour la gendarmerie, comprend 5 laboratoires à Lille, Lyon, Marseille,Toulouse et Paris où se trouvent également les services centraux et le laboratoire de toxicologie.

> Pour plus d’infos, vous pouvez consulter le blog de la police.

> Sur concours, les recrutements à l’IRCGN et à l’INPS sont peu nombreux. Il existe davantage d’embauches pour les autres échelons de la police scientifique.

Crédits photo : Sylvie Lecherbonnier / CBS.

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Sylvie Lecherbonnier
Mars 2010
Sommaire du dossier
Idée reçue n°1 : « Les experts sont partout à la fois, sur le terrain et dans les labos » Idée reçue n°2 : « la police scientifique dispose d'équipements ultra high-tech » Idée reçue n°3 : « Le travail en équipe est primordial dans la police scientifique » Idée reçue n°4 : « Les affaires se résolvent rapidement » Idée reçue n°5 : « Les différentes affaires ne font ni chaud ni froid aux experts » Diaporama : les vrais Experts en images