Les débuts de Pauline, jeune diplômée en commerce international

publié le 26 Mars 2012
7 min
Pauline, 23 ans, est depuis novembre 2011 assistante commerciale export chez Rhodia, une grande entreprise de produits chimiques. Ce qui a joué en sa faveur dans son recrutement ? Sa maitrise de trois langues étrangères (anglais-allemand-italien), son master 2 en commerce international et ses longs séjours à l’étranger, dont un an en Australie.



Retour sur le parcours de cette jeune femme passionnée des langues. Son bac ES option maths en poche, Pauline n’a pas d’idées précises quant à son avenir. "Je voulais me laisser du temps et continuer mes matières préférées, les langues et les maths."

La fac plutôt qu’une école de commerce
Elle passe le concours d’entrée à l’ESCE de Lyon, une école de commerce post-bac. Elle est admise, mais choisit finalement la fac. "Je me suis demandé s’il était vraiment nécessaire de débourser 6.000 € par an pour inscrire le nom d’une école sur un CV… et j’ai tranché." Au moment des inscriptions à l’université, Pauline hésite entre plusieurs licences. "Je pensais m’inscrire en LEA, mais les enseignants m’ont redirigée vers la licence économie-gestion avec une mineure allemand et anglais renforcé. Au vu de mes bons résultats scolaires, ils m’ont dit que j’en avais les capacités."

Une année sabbatique en Australie
Après sa licence, Pauline part une année sabbatique en Australie. "A l’époque, j’avais déjà envie de faire un master tourné vers l’international, mais je n’étais jamais partie pour une longue période à l’étranger. Je me suis lancée". Pendant cette année, elle voyage, exerce des petits jobs, fait de nombreuses rencontres. Et acquiert un très bon niveau d’anglais.

De retour en France, Pauline intègre le master 1 en management international de l’IAE de Lyon 3. A la fin de cette année, elle réalise son premier stage au service client de Rhodia à Lyon, qu’elle trouve par l’intermédiaire de sa fac. Un stage qui se passe bien, puisqu’on lui propose une embauche à la fin des six mois. Mais Pauline décline, et veut poursuivre ses études jusqu’à bac+5.

Un séjour en Italie en master
Au moment de choisir son master 2, Pauline hésite : commerce extérieur, affaires internationales, ou affaires européennes ? Elle opte pour le premier, notamment car celui-ci incluait un séjour d’études en Italie. Pour Pauline, c’est l’occasion d’apprendre une troisième langue. Elle suit ses cours à Lyon pendant 5 mois, puis à Rome pendant 3 mois. Elle termine son master avec un stage à Lyon au sein de la société Iveco, un constructeur de véhicules italiens."J’ai découvert les missions d’un service marketing, et cela ne m’a pas emballée." A la fin, alors qu’elle venait d’obtenir son diplôme de master 2, elle recontacte Rhodia.

Retour chez Rhodia
L’entreprise lui accorde un entretien, puis deux autres. Elle rencontre le manager du service export, et des commerciaux.  "Ils m’ont posé des questions sur mon parcours, m’ont demandé pourquoi je revenais vers eux." Une partie des entretiens se déroule en en anglais, en allemand et en italien, les trois langues qu’elle maîtrise.

"Le fait d’avoir déjà fait un stage chez eux a joué en ma faveur, car je connaissais le fonctionnement de l’entreprise. Parler l’allemand et l’italien était également un plus : la majorité des jeunes diplômés ont étudié uniquement l’anglais et l'espagnol. Mon expérience en Australie a aussi compté : mon patron était surpris de voir une jeune femme prendre une telle décision seule. Il a vu en moi une personne responsable et autonome."

1 800 € net par mois
Aujourd’hui, Pauline gagne environ 2 260 € brut par mois, soit environ 1 800 € net. Ce qui lui plait dans son travail ? Etre en relation directe avec des clients du monde entier, et traiter avec des commerciaux chargés de négocier les ventes. Car une fois les contrats signés, c’est Pauline qui s’occupe de passer la commande, d’organiser le transport, la facturation, de gérer les problèmes de douanes… en somme de tout faire pour l’acheminer la commande jusqu’à sa livraison, aux 4 coins du monde. D’ici 2 ans, Pauline espère évoluer vers un poste de commerciale.

En attendant, si elle n’avait qu’un conseil à donner pour réussir dans le commerce international, ce serait celui-ci : "Apprenez des langues rares, comme le russe, l’allemand ou le portugais. Ce sont des compétences très recherchées".

L’avis de Philippe Cholet, entrepreneur, professeur en management international et consultant en import/export

"Je comprends la décision de Pauline d’avoir choisi l’université plutôt qu’une école de commerce. Tout le monde n’a pas les moyens de payer leurs frais de scolarité. De plus, les programmes des universités prévoient désormais des périodes de stage obligatoires, indispensables et très formateurs. Mon seul bémol : les étudiants de facs sont moins habitués à travailler en groupe. Mais de toute façon, ce qui fait la différence, ce n’est pas l’établissement d’origine, mais les caractéristiques personnelles du jeune.

Pauline est partie en Australie et en Italie, et c’est une excellente décision. Il est rare de connaître véritablement une langue sans partir sur place. De plus, ces séjours permettent d’apprendre à se débrouiller dans des conditions parfois difficiles. Ils demandent de s’adapter très vite et de faire preuve d'autonomie, qualités recherchées par les entreprises.

Pauline a eu raison de ne pas accepter la première offre de Rhodia. Elle devait terminer ses études. Elle a aussi gagné du temps pour réfléchir à ce qu’elle voulait, quitte à revenir vers Rhodia après son master. Ce choix "mature" a été, je pense, apprécié de son employeur.

Quant à son salaire de débutante, il est correct. Etre chez Rhodia lui donne surtout de réelles possibilités de progresser. Dans ce type de grandes entreprises, les effectifs sont vieillissants : elle aura de réelles opportunités à moyen terme. Il faut considérer un salaire dans la durée, et voir de quelle évolution elle bénéficiera dans 5 ou 10 ans."

Mathilde Goncalves
Mars 2012

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