1. Les débuts d’une jeune diplômée en droit

Les débuts d’une jeune diplômée en droit

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Aurélie, 26 ans, a décroché il y a un an son master en droit économique et relations d’affaires à Perpignan. Aujourd’hui, elle est gestionnaire de patrimoine immobilier. Elle nous raconte ses premiers pas sur le marché du travail.

Un master en droit aux débouchés variés. Après un bac STT action et communication administrative (devenu depuis bac STG), Aurélie décroche une licence en droit privé, puis, en juin 2007, un master 1 en droit économique et relation d’affaires à l’Université Via Domitia de Perpignan. "Ce master aborde de nombreux aspects de la vie économique sous l’angle juridique et permet de travailler dans des secteurs très variés. Comme il fallait que je fasse un stage, j’ai opté pour le secteur immobilier, dont j’avais un peu approché les problématiques lors d’un héritage personnel." Bien lui en a pris puisqu’elle en a depuis fait son métier. "J’aurais pu tenter les concours d’avocat et de magistrat, mais j’avais, de toute façon, envie me lancer rapidement dans la vie active".

Du stage au CDI. La jeune femme envoie des candidatures spontanées aux syndics de sa région, mais c’est grâce à une recommandation qu’elle finit par décrocher un stage à Levallois-Perret (92). Sa mission principale : rédiger des procès-verbaux d’assemblées générales de copropriétaires à partir de notes. Au bout d'un mois de stage à peine, son employeur lui propose un poste en CDI à Paris. Il s’agit cette fois de louer des biens pour le compte de propriétaires. "J’ai eu beaucoup de chance, car j’ai terminé mon stage juste au moment où quelqu’un quittait l’entreprise." Plutôt surprise qu'on lui offre un tel poste avec sa si jeune expérience dans le secteur, Aurélie accepte d'emblée. "J’ai senti que le relationnel comptait plus que le diplôme. Des membres de ma promotion n’ont d’ailleurs toujours pas trouvé de travail comme juriste en entreprise, le débouché le plus courant. Moi, je conseille de ne pas se démonter et d’accepter un poste légèrement moins attrayant que ce qu’on pouvait espérer afin de faire ses preuves".


Période d'essai concluante. Aurélie relève donc le défi avec succès et est confirmée à son poste. La jeune femme y voit deux raisons. D'abord, son sérieux et son sens de la rigueur, notamment acquis au long de ses études juridiques. "Même si, avec mon master, je ne possèdais pas forcément la pratique nécessaire au poste, mes employeurs ont vu que j’avais acquis une méthodologie, un raisonnement juridique et que je savais chercher l’information". Ensuite, sa bonne entente avec sa supérieure hiérarchique. "Nous fonctionnons en binôme, même si je suis son assistante. Ma chef m’aide, me forme, m’explique les choses avec beaucoup de gentillesse et de pédagogie, ce qui met à l’aise et facilite l’intégration. En plus, nous avons à peine dix ans d'écart".

L'assurance vient avec l'expérience. Plus largement, grâce à une ambiance décontractée et une moyenne d’âge peu élevée dans l'équipe, notre gestionnaire a rapidement trouvé ses marques au sein de l’entreprise. Sans avoir de retour précis sur son travail, Aurélie a l’impression d’avoir "plutôt réussi" ses débuts. "Je ne crois pas avoir commis de grosse boulette, en tout cas on ne me l’a pas fait remarquer. Je pense également avoir pris pas mal d’assurance. A mes débuts, quand un propriétaire ou un locataire me posait une question au téléphone, je demandais systématiquement l’avis d’un collègue, aujourd’hui, sauf cas particulier, je sais leur répondre".

Un quotidien dense. Aurélie effectue des horaires de bureau classiques (9h – 18h avec une pause déjeuner d’une heure). Son travail consiste à assurer la gestion locative d’environ 1000 appartements. Conséquence : elle doit sans cesse répondre au téléphone. "Les locataires appellent quand ils ont un problème, par exemple une fuite ou un dégât des eaux. Il faut alors faire un constat, une déclaration à l’assurance puis envoyer une entreprise. Ils se montrent parfois agressifs. En général, avec les propriétaires, le ton est plus courtois d’autant qu’ils nous ont choisis pour gérer leur bien". Outre cette permanence téléphonique, Aurélie rédige les baux de location, les congés lorsqu’un locataire s’en va, ou des fiches de location (qui recensent les caractéristiques principales d’un appartement) afin que le service commercial puisse passer une petite annonce sur Internet ou dans un journal spécialisé. Elle gère enfin la relation propriétaire – locataire, quand ce dernier réalise des travaux ou demande qu’ils soient effectués. "Il faut être méthodique et savoir hiérarchiser les tâches pour ne pas se retrouver débordée", estime Aurélie.

Deux ans pour évoluer. De son côté, sa supérieure s’occupe des actes plus compliqués sur le plan juridique (congés pour vente ou pour reprise). Surtout, elle effectue de nombreux déplacements : rencontre avec les propriétaires ou les locataires, réception de travaux, discussion avec des architectes. En revanche, ni l’une ni l’autre ne doivent courir après les loyers impayés. "Pour le moment, j’aime ce que je fais et surtout j’ai le sentiment d’acquérir des compétences. J’ai envie de continuer dans la gérance. Mais je me donne deux ans pour évoluer. J’espère que ce sera au sein de mon entreprise actuelle, sinon j’irai voir ailleurs. Mais je pense que je serai nettement plus à l’aise pour faire valoir mon expérience et négocier que lors de ma sortie de l’université".




Combien gagne-t-elle ?
"Assistante gérance", selon la dénomination donnée par son entreprise, Aurélie gagne 2150 € brut par mois, hors primes. En devenant gestionnaire de patrimoine, elle peut espérer au moins 3000 € brut, voire davantage dans une structure plus importante.

Baptiste Blanchet