1. Métiers du casino : reportage à l’école des croupiers

Métiers du casino : reportage à l’école des croupiers

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Casier judiciaire vierge exigé ! Comme pour devenir fonctionnaire, si vous voulez travailler dans un casino, vous devrez montrer patte blanche. Mais la comparaison s’arrête là ! Comment se former à ces métiers mal connus ? A quoi ressemble le quotidien des pros des machines à sous et des tapis verts ? Combien gagne-t-on ? Travaille-t-on forcément la nuit ? Témoignages de jeunes qui ont choisi cette voie, et reportage à Paris, à l’école des croupiers.

Si aucun niveau de diplôme n’est a priori requis pour travailler dans un casino, il faut le plus souvent passer par une formation, même courte, spécialisée avant de se faire recruter. Reportage dans un centre de formation de croupiers, à Paris.

Ils sont 7. 7 garçons, chemise blanche, pantalon noir. Devant eux, une table de jeu sur laquelle sont jetés, en vrac, des tas de jetons de plusieurs couleurs... Quand le chronomètre se déclenche, les garçons les empilent par couleur (vert, rouge, jaune), très vite. En 2 minutes 30, 2 minutes 40 pour les plus lents… Ils recommencent ainsi 7 à 8 fois pour améliorer leur temps. Ils sont en formation à l’école des croupiers de Cerus Casino depuis 3 semaines. Dans 2 mois, François, Sébastien, Romain, David, Alan, Guillaume, Mehdi et Alexis travailleront dans un casino ou dans un cercle de jeux (il n’en existe qu’un à Reims et 8 à Paris) ou encore pour des sociétés d’événementiels.

La Casino attitude

L’exercice d’agilité avec les jetons s’appelle le chipping. Le but ? Reconstituer les stocks en travaillant la précision et la rapidité. Avec le dos bien droit et le sourire ! Les apprentis croupiers apprennent aussi le maniement des cartes, les règles de tous les jeux : roulette, black jack, Texas hold’em poker, stud poker, craps… Ils sont aussi informés de la réglementation et des risques d’addiction au jeu. Eux-mêmes doivent être irréprochables : la police des jeux s’assure, par une enquête moralité, que les futurs croupiers n’ont jamais eu d’antécédents avec la police, la gendarmerie, la justice, les douanes.

Doué en calcul mental

Pour être croupier, mieux vaut aussi ne pas être fâché avec les chiffres. Plus précisément, avec les tables de multiplication : la table de 35 (à la roulette, un joueur peut gagner jusqu’à 35 fois sa mise), mais aussi de 17, de 11, de 8 et de 5 (à chaque fois pour les mêmes raisons). "L’entretien de motivation pour la formation vérifie la mémoire, la rigueur, la concentration, la logique et le calcul mental", explique Damien Engels, responsable communication de Cerus Casino.

Animer plutôt que participer

"Quand on démarre la formation, on a beaucoup de choses à apprendre", reconnaît Alexis, 20 ans, qui, après un bac S, a abandonné ses études en deuxième année de DUT mesures physiques, pour devenir croupier. Mais le garçon, qui espère, après un passage dans un casino, faire carrière sur des paquebots de croisières, est motivé : "Depuis que j’ai 18 ans, je joue avec des amis, et j’ai toujours préféré animer les parties plutôt que participer. Aujourd’hui, je suis dans mon élément". C’est le cas aussi de Guillaume, 25 ans, qui a travaillé dans l’animation, après son bac pro carrosserie réparateur. "Depuis le jour où un ami m’avait emmené dans un cercle de jeux quand j’ai eu 18 ans, je rêvais d’être croupier. Exactement comme un enfant qui veut devenir pompier ou gendarme. Jouer ne m’a jamais intéressé. Aujourd’hui, mon rêve serait d’être embauché au casino d’Enghien-les-Bains".

Bilingue anglais : un atout à jouer cartes sur table

Pour financer la formation de croupier - qui coûte 4.700 € à Paris (4.400 € à Lyon et Bordeaux), Alexis a contracté un prêt. Une prise en charge par Pôle emploi (l’emploi étant garantit à la sortie) ou par certains conseils régionaux est possible, mais pas systématique. Medhi, 26 ans, détenteur du BAFA et ancien animateur dans des clubs vacances et des colonies, a eu la chance d’obtenir un financement. L’envie de travailler dans un casino lui est venue lors d’un séjour de 2 ans en Australie qu’il a mis à profit pour apprendre l’anglais. "La maîtrise de la langue anglaise est incontournable pour travailler sur les paquebots de croisières qui représentent l’aboutissement d’une carrière pour beaucoup de croupiers", souligne Damien Engels.

Des places pour les filles

Mais avant d’en arriver là, il faut d’abord faire ses premiers pas dans un casino. S’adapter aux exigences de la clientèle et aux horaires de travail, tous les jours de l’année, de 10 heures à 3 heures du matin la semaine (jusque 5 heures le week-end). "Je conseille aux jeunes qui veulent travailler dans un casino de s’y rendre pour se faire une idée de l’ambiance, ajoute Damien Engels. Ils s’apercevront aussi que ce n’est pas un métier à risque car 85 % des recettes sont reversées à l’Etat, tout est donc très contrôlé. D’ailleurs les filles sont les bienvenues. Les casinos sont demandeurs, la clientèle étant plutôt masculine. Et elles peuvent faire carrière. La première femme croupière est devenue directrice de casino !" poursuit Damien Engels.
En savoir plus :
 Ils ont choisi de travailler dans un casino

Sarah, 24 ans, croupière, puis chef de partie : « On se couche quand le jour se lève »
Cédric, 31 ans, technicien de machines à sous : « La formation était payante, mais ma région me l’a financée »
Thomas, 22 ans, assistant clientèle : « Je dois aller au-devant des clients du Casino pour les conseiller »

Métiers du casino : reportage à l’école des croupiers

Céline Manceau
Avril 2011
Sommaire du dossier
Retour au dossier Sarah, 24 ans, croupière, puis chef de partie : « On se couche quand le jour se lève » Cédric, 31 ans, technicien de machines à sous : « La formation était payante, mais ma région me l’a financée » Thomas, 22 ans, assistant clientèle : « Je dois aller au-devant des clients du Casino pour les conseiller » Métiers du casino : reportage à l’école des croupiers