Florian Mugnier, nivoculteur : "Des normes environnementales très strictes"

Par Céline Authemayou, publié le 05 Mars 2013
5 min

Florian est nivoculteurs à l'Alpe d'Huez. À lui et ses collègues de créer la neige artificielle qui viendra recouvrir les pistes, grâce à un savant mélange d'eau et d'air.

Son bureau est situé à 2.300 mètres d'altitude, sous un épais manteau blanc. A 25 ans, Florian est l'un des sept nivoculteurs de l'Alpe d'Huez. Dans le métier, on les appelle les "snowmakers", les fabricants de neige. La station dispose de quatre usines, disséminées sur tout le domaine. Avec plus de 900 canons à neige, c'est l'une des plus importantes installations d'Europe.

Nivoculteur : un métier très informatisé que Florian maîtrise
parfaitement. 
// © Cyril Entzmann.

Lorsque la nature fait des caprices et que les précipitations se font rares, Florian et ses collègues peuvent créer une neige artificielle grâce à un savant mélange d'eau et d'air. "L'air est produit grâce à des compresseurs, explique le jeune homme. C'est l'élément le plus cher à fabriquer car il nécessite beaucoup d'électricité." Pour cette raison, la neige est produite uniquement la nuit, en heures creuses, lorsque les remontées mécaniques ne fonctionnent plus.

L'eau, quant à elle, est puisée dans des lacs artificiels. En bout de cycle, elle revient dans la nature et réalimente les sols. "Les normes environnementales sont très strictes, précise le nivoculteur. Moi qui suis un enfant d'ici, j'y suis très attaché. J'aurais mal au cœur d'abîmer ma montagne..."

Un savant dosage air-eau

L'usine dans laquelle travaille Florian gère 400 canons à neige. Dans le petit bureau avec vue imprenable sur les compresseurs, tout est contrôlé par informatique. En quelques clics, les techniciens connaissent l'état de tous les canons, peuvent les activer, les désactiver et régler le dosage air-eau envoyé dans le réseau. Avec un but : éviter tout gaspillage. "Lorsqu'une panne est détectée, il faut savoir d'où elle vient, explique Florian : est-ce un souci informatique ? Est-ce sur le réseau ou directement sur le canon à neige ?" Quotidiennement, le jeune homme se rend à ski sur le terrain et manie aussi bien souris que clé à molette.

Assurer un enneigement suffisant

Durant la saison, les nivoculteurs maintiennent le parc de canons en état de marche. Lorsque leurs responsables leur donnent le feu vert pour créer la neige, tout doit être opérationnel. C'est pourquoi les équipes se relaient pour assurer un service 7 jours sur 7 et 24 heures sur 24. Au début de l'hiver, le rôle des nivoculteurs prend une toute autre dimension : ils produisent le premier manteau neigeux, qui permettra d'assurer un enneigement de la station suffisant pour accueillir les skieurs. "Nous avons une certaine responsabilité, concède Florian. Si nous ratons le début de saison, cela peut reporter de deux semaines l'embauche de tous les saisonniers..."

Son parcours

Florian l'avoue sans détour : c'est le critère géographique qui a primé dans le choix de son orientation. Pour ce natif de l'Alpe d'Huez, pas question de quitter sa région. Le jeune homme s'oriente donc vers un BEP maintenance et équipement de commande des systèmes industriels enseigné dans un lycée voisin, enchaîne avec un bac pro énergétique puis poursuit avec un BTS fluide énergie environnement. "Je n'avais aucune visibilité quant à mon futur métier, reconnaît Florian. Mais j'avais des envies très précises : je voulais travailler en extérieur, en équipe et si possible en montagne."

Grâce au bouche à oreille, il rejoint pour son BTS en alternance une grosse société qui conçoit des usines à neige. Durant deux ans, il vadrouille de station de ski en station de ski et vient régulièrement à l'Alpe d'Huez. Il découvre un environnement de travail et un métier. Et rejoint la Sata quelques mois après son diplôme, au poste de nivoculteur.

Ses conseils

"Pour exercer ce métier, il faut aimer travailler en extérieur et en équipe. La réalité ne s'arrête pas à la pratique quotidienne du ski et au soleil. Non, ici, la nature dicte sa loi et crée des conditions d'exercice qui peuvent s'avérer difficiles. Ce n'est pas pour rien si la totalité de mes collègues sont comme moi des montagnards."

Le salaire dans le métier

Entre 1.400 et 1.800 euros bruts mensuels (+ primes)

La formation

Les formations en climatisation ou énergétique offrent de bonnes bases techniques (DUT génie électriqueBTS fluide énergie environnement, BTS génie climatique, etc.).

Le lycée des métiers de la montagne, à Saint Michel de Maurienne propose une formation continue en nivoculture. Les jeunes professionnels (une majorité de bacs pro) passent 14 semaines en formation et 16 en entreprise. Depuis la rentrée 2012, le lycée des métiers Jacquard, à Lavelane (Ariège) propose lui aussi un cursus (en six mois).

À consulter aussi

Les études
- L'Ecole nationale des sports de montagne
Devenir nivoculteur
Les formations de moniteur de ski
Les formations pour travailler dans le sport
Le sport en alternance
Les formations des métiers de la montagne
Se former comme pisteur-secouriste
Devenir maître chien d'avalanche

Les métiers
Les métiers de l'environnement
Le métier de maître-chien
Le métier de conducteur d'engins

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