Maud Baiocco, monitrice de ski : "Le niveau technique exigé est très élevé"

Par Céline Authemayou, publié le 05 Mars 2013
5 min

Au cœur de la station ou sur les pistes, ils sont reconnaissables entre mille. Les 300 moniteurs de l'Ecole du ski français arborent tous la même tenue de travail : une combinaison d'un rouge éclatant, estampillée ESF sur le dos. Parmi eux, Maud, 29 ans, qui en est à sa onzième saison à l'Alpe d'Huez.

Maud a trouvé dans son métier le moyen d'allier toutes ses passions. //
© Cyril Entzmann.

Du matin au soir, jusqu'à sept heures et demie par jour durant les vacances scolaires, elle enchaîne cours particuliers et cours collectifs pour les touristes. Ski, surf, skieur débutant ou confirmé, Maud s'adapte à tous les publics. "Cette variété de profils fait toute la richesse du métier et permet de ne jamais tomber dans la monotonie", affirme la jeune femme.

Des moniteurs, travailleurs indépendants

Le dimanche matin, le directeur technique de l'ESF réalise le planning de la semaine. Il répartit le travail des moniteurs en fonction de différents critères. Le plus important : l'ancienneté. Un professionnel de 55 ans aura plus d'heures qu'un débutant. Autre élément pris en compte : les langues étrangères. Maud parle l'anglais et l'italien.

Si un client russe souhaite recevoir un cours particulier, les moniteurs russophones deviennent prioritaires. "Cette organisation tient de notre statut, explique Maud. Nous ne sommes pas salariés de l'ESF mais travailleurs indépendants." Les moniteurs sont donc leurs propres patrons, à ceci près que les clients passent par l'Ecole pour réserver leurs cours. "Certains moniteurs décident de monter leur propre école de ski, constate Maud. Mais la plupart rejoignent l'ESF : le public connaît la structure, elle est gage de qualité". Sur chaque heure de cours facturé, les moniteurs mettent une partie de l'argent de côté pour payer chaque mois deux secrétaires.

Du ski au vélo

Durant cinq mois, Maud chausse donc ses skis pour enseigner l'art de la glisse. Comme beaucoup de métiers de montagne, le sien est rythmé par les saisons. Une fois la neige fondue, la jeune femme retrouve son activité d'été : avec son compagnon, lui aussi moniteur de ski, elle a monté une petite agence de voyage dédiée aux randonnées à vélo. Ils proposent des circuits dans toute la région. Malgré cette activité annexe, ce sont les cours de ski qui assurent le revenu principal du couple.

Son parcours

Ado, Maud se rêvait professeur de lettres. Après un baccalauréat littéraire, la jeune femme quitte Lyon, sa ville d'origine, pour rejoindre l'université Stendhal à Grenoble et sa licence de lettres. A l'époque, le ski est un passe-temps, un loisir ancré dans l'histoire familiale et porté par un père féru de glisse. "Tous les week-ends, nous venions à l'Alpe d'Huez pour skier", se souvient Maud qui a évolué, comme la plupart des moniteurs, dans le milieu de la compétition durant son adolescence.

Alors qu'elle est à l'université, elle part 15 jours à Tignes en stage de préformation pour devenir monitrice stagiaire. "Mon père m'a un peu forcé la main, sourit la jeune femme. L'intérêt était de pouvoir travailler pendant les vacances, pour gagner un peu d'argent." Après quinze jours d'apprentissage, elle est conquise. Elle quitte l'université et rejoint l'Alpe d'Huez en qualité de monitrice stagiaire. "J'ai découvert un métier qui me permettait de mêler différentes passions : la montagne, le contact avec les gens, l'enseignement." Pendant les années suivantes, la jeune femme enseigne tout en poursuivant sa formation. Cinq années sont en général nécessaires pour décrocher le brevet d'Etat de moniteur de ski, qui permet entre autres de dispenser des cours particuliers et de créer sa propre école de ski. Maud obtient son "BE" en 2008.

Ses conseils

"Les étapes sont nombreuses avant d'accéder au métier et le niveau technique exigé est très élevé. Il est préférable de passer une saison en station avant de faire son choix, histoire de voir si cet univers vous convient. Ce métier est basé sur le contact, il faut aimer être en extérieur... Et ce, même par -  30 °C !"

Le salaire dans le métier

Variable, selon le nombre d’heures de cours.

La formation

Pour devenir moniteur, vous devez posséder un très bon niveau en glisse ainsi qu'un DE (diplôme d'Etat) ski alpin ou le nouveau BEES 2 (brevet d'Etat d'éducateur sportif) option ski alpin.
Le diplôme est soumis à différentes étapes (premier degré, préformation, Eurotest, etc.) qui s'échelonnent sur quatre à cinq ans. L'École nationale des sports de montagne (ENSM), située à Chamonix est la référence dans le secteur. A noter, la pratique des langues étrangères est un atout non négligeable. 

À consulter aussi

Les études
- L'Ecole nationale des sports de montagne
Devenir nivoculteur
Les formations de moniteur de ski
Les formations pour travailler dans le sport
Le sport en alternance
Les formations des métiers de la montagne
Se former comme pisteur-secouriste
Devenir maître chien d'avalanche

Les métiers
Les métiers de l'environnement
Le métier de maître-chien
Le métier de conducteur d'engins

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