1. Marion Fayolle, illustratrice : des Arts déco de Strasbourg au "New York Times"
Portrait

Marion Fayolle, illustratrice : des Arts déco de Strasbourg au "New York Times"

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Marion Fayolle, illustratrice, est l'auteure de "L’homme en pièces", qui a fait l’objet d’une nouvelle édition en février 2016. // © Photo fournie par le témoin
Marion Fayolle, illustratrice, est l'auteure de "L’homme en pièces", qui a fait l’objet d’une nouvelle édition en février 2016. // © Photo fournie par le témoin

LES JEUNES ONT DE L'AVENIR ! C’est à la Haute école des arts du Rhin de Strasbourg, mieux connue sous l’appellation "Arts déco", que Marion Fayolle, 27 ans, a eu l’opportunité de travailler pour le "New York Times". Ses dessins, comme ceux des 16 autres artistes publiés dans le prestigieux quotidien new-yorkais, sont exposés jusqu’au 10 avril 2016, au musée Tomi Ungerer, à Strasbourg. 

Diplômée en 2011, dans la section illustration de la Haute école des arts du Rhin de Strasbourg, mieux connue sous l’appellation "Arts déco", Marion Fayolle publie depuis des dessins dans le célèbre "the New York Times". La jeune femme a co-fondé la revue étudiante "Nyctalope" pendant son cursus. Une vingtaine d’étudiants y participaient. "C’était un moyen de montrer ce qu’on faisait", explique l’illustratrice.

"The New York Times"

Entièrement "faite à la main" au sein des Arts déco, la revue n’est éditée qu’à 200 exemplaires. Mais l’un d’eux se retrouve à Berlin et tombe entre les mains de la directrice artistique de la rubrique "Opinion" du "New York Times". Alexandra Zsigmond se rapproche de l’école strasbourgeoise, où Guillaume Dégé, responsable de la section illustration de l’école, se saisit du projet : travailler sur des illustrations d’articles sur des sujets d’actualité brûlants. Les dessins de 17 étudiants seront ainsi publiés. Réalisés dans des délais très courts – entre 6 et 24 heures – ces illustrations sont "payées correctement, environ 500 $ le quart de page", précise Marion, qui en a réalisé une vingtaine pour le quotidien américain. Ses dessins, comme ceux des autres artistes publiés dans le prestigieux quotidien new-yorkais, sont exposés jusqu’au 10 avril, au musée Tomi Ungerer, à Strasbourg.

Sélection officielle d’Angoulême en 2014

Outre le dessin de presse, Marion a déjà publié cinq livres. Le premier, son projet de diplôme, "L’homme en pièces", a fait l’objet d’une nouvelle édition en février 2016, après avoir été traduit en anglais dès 2014. Cette année-là, son album, "La tendresse des pierres", la place en sélection officielle du festival international de la bande-dessinée d’Angoulême. "Ça booste un peu la visibilité", se réjouit celle qui a passé "presque trois ans" sur ce projet.

La danse et une comédie musicale sous forme de livre

Elle a déjà travaillé pour la revue "XXI", Télérama, "Psychologie magazine" ou encore "Marie Claire" et se consacre actuellement à une commande pour le Théâtre Gérard Philippe à Saint-Denis (93). "J’assiste aux ateliers de danse d’un chorégraphe en résidence qui monte un spectacle avec des gens – dont des ados et des personnes âgées – ne parlant pas français", explique-t-elle. En parallèle, Marion élabore "une comédie musicale en forme de livre. Un gros projet qui s’appelle ‘Les amours suspendues’ et devrait paraitre en 2017". Celle qui a d’abord dessiné et écrit en parallèle, travaille aujourd’hui sur la manière d’accorder les deux. "Ce n’est pas évident, car il faut décider à quel moment c’est le dessin qui parle et à quel moment c’est le texte, mais il ne faut pas que le dessin soit une décoration du texte", résume l’illustratrice.

Dessin de Marion Fayolle illustrant l'article

Philo, psycho ou art

Aussi loin qu’elle se souvienne, l’illustratrice, originaire d’un petit village de la Drôme, a toujours dessiné. Lorsqu’elle était en filière littéraire, avec 5 heures de dessin en option, Marion aimait beaucoup la philo. "J’ai hésité entre des études de philo, de psycho ou d’art", confie-t-elle. Un intérêt qui transparait dans son univers : "Toujours métaphorique. Je travaille à rendre visible l’immatériel : les concepts, l’abstrait, les sentiments, le couple, la famille, le lien à soi…" Marion y parvient avec beaucoup de talent, comme en attestent les dessins publiés sur son blog.