1. Mes 20 ans : Laurent Mariotte

Mes 20 ans : Laurent Mariotte

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À 18 ans, muni de son seul bac littéraire, celui qui présente aujourd’hui l’émission de recettes Petits Plats en équilibre sur TF1 vient à Paris avec l’envie de faire de la radio ou de la télé. Après avoir animé pendant plusieurs années des émissions enfantines ou de divertissement, il décide de tout arrêter pour passer un CAP de cuisine. Retour sur le parcours de cet autodidacte, qui sort le 17 mars, aux éditions l’Etudiant, Ma cuisine facile et pas chère.

laurent-mariotteOù avez-vous grandi ?
Dans un village, près d’Épinal, dans les Vosges, où j’ai passé mon enfance et mon adolescence. J’ai été pensionnaire de la quatrième à la seconde.

Quels souvenirs gardez-vous de ces années-là ?
Finalement, j’ai apprécié le pensionnat. Comme je n’étais pas un élève très assidu, cela m’a donné un cadre et une structure que je ne regrette pas aujourd’hui. De plus, j’y ai noué de nombreuses amitiés. Je me souviens particulièrement d’un copain, Benjamin Salvador, qui faisait du théâtre avec moi. Il habitait Belfort et me faisait rire.

Un professeur vous a-t-il marqué ?
À l’époque, j’étais en A2 [l’actuel bac L, spécialité langues vivantes étrangères, NDLR] et j’adorais un professeur de français un peu fou qui faisait ses cours en marchant sur les tables, comme dans le film le Cercle des poètes disparus. Il avait aussi un vocabulaire « à la Audiard ». Bref, il ne laissait personne indifférent. Je me souviens également d’un professeur d’allemand qui était très rigide : je l’assimile à ce côté très strict du pensionnat.

Faisiez-vous partie de ces littéraires allergiques aux maths ?
C’est simple : je ne comprenais rien aux mathématiques. L’oral du bac a été une catastrophe ! J’ai eu 1,5 sur 20 ! L’examinateur, excédé, m’a rapidement dit : « Sauvez-vous d’ici ! »

Apparemment, vos oncles suivaient attentivement vos études.
Ils ont en effet été très présents dans mon éducation. Comme j’ai perdu mon père quand j’étais gamin, les 6 frères de ma mère avaient toujours un œil sur moi. Ce sont eux, d’ailleurs, qui ont décidé de me mettre en pension.

À l’approche du bac, vous faites un « deal » avec votre mère…
Je lui ai annoncé que si je décrochais mon diplôme, je déménagerais à Paris pour faire de la radio ou de la télévision. Déjà, vers l’âge de 15-16 ans, je bossais dans des petites radios locales à Épinal et j’adorais ça.

Une fois le bac en poche, vous rejoignez donc la capitale.
Cela a été dur pour ma mère, mais elle m’a laissé partir : elle me faisait totalement confiance. J’ai donc débarqué à Paris, avec mon frigo dans ma petite Renault 5, à la recherche d’un toit et d’un boulot. Je m’étais tout de même inscrit dans une école privée de radio, le Studio école de France. Pour financer cette formation et mon loyer, j’avais obtenu un prêt étudiant.

Dans quel état d’esprit étiez-vous ?
J’étais ravi d’être enfin à Paris ! J’ai trouvé un appartement à Fontenay-sous-Bois [94] et, grâce à l’école, je pouvais avoir une convention de stage, le sésame pour approcher le monde professionnel. Au bout d’une semaine, je suis allé voir Jacques Martin [l’animateur de télé vedette à cette époque], en lui disant que je voulais faire le même métier que lui, mais que je n’avais aucune expérience, que je ne connaissais personne et que j’arrivais tout juste des Vosges. Il m’a pris en tant que stagiaire sur son émission Dimanche Martin. J’ai eu mon premier salaire à 18 ans : 1.500 francs par mois [environ 250 €].

Vous passiez tout votre temps libre à visiter Paris…
Je me souviens que je prenais n’importe quel bus, je m’arrêtais à une station et je me baladais avec ce sentiment divin de liberté et de découverte. Je suis tombé amoureux de Paris. Aujourd’hui encore, je ne pourrais pas vivre ailleurs. Et puis, grâce à Jacques Martin, j’allais voir des spectacles ou des pièces de théâtre tous les soirs. Il ne sortait pas beaucoup et me donnait donc ses places.

Vous enchaînez très vite les expériences professionnelles.
En fait, je ne suis vraiment allé en cours que pendant un an. Je n’ai pas suivi la fin du cursus de Studio école de France. Durant deux ans, j’ai ainsi été assistant de production sur RTL avec l’animateur Fabrice. À 20 ans, j’ai commencé à correctement gagner ma vie. Puis, j’ai rejoint l’émission de Fabrice, la Classe [une émission de divertissement humoristique qui passait sur France 3], où j’ai assisté aux débuts de Pierre Palmade, Michèle Laroque, Jean-Marie Bigard…

Quels conseils l’animateur Fabrice vous a-t-il donnés à l’époque ?
Quand j’ai commencé, il m’a tout de suite dit : « Si tu veux être animateur télé, il faut que tu sois cultivé. » Tous les jeudis, je déjeunais avec lui et il me faisait réciter les capitales du monde, les régimes politiques… Nous nous baladions aussi dans Paris et il me parlait de l’architecture de cette ville, de l’œuvre du baron Haussmann…

Et puis, la chaîne Canal J vous appelle.
J’étais le premier animateur à incarner cette nouvelle chaîne de télé, dédiée à la jeunesse, avec l’émission Cajou. Pendant 9 ans, j’ai fait 2 heures de direct chaque jour avec des émissions nouvelles tous les ans !

Vous rejoignez ensuite TF1...
La chaîne m’a appelé pour coanimer Intervilles en prime time, entre autres. Puis, j’ai commencé à faire de l’événementiel avec moins de régularité. Cela commençait à me peser. Je devenais dépendant du système. Il fallait que je réagisse.

Pourquoi décidez-vous de tout arrêter pour passer un CAP de cuisine à 35 ans ?
Depuis que je suis tout jeune, j’ai toujours aimé les émissions culinaires. J’ai grandi dans une ferme. Ma grand-mère cuisinait beaucoup et elle m’a donné le goût de préparer des bons produits. Quand je suis arrivé à Paris, je faisais la bouffe dans mon petit appartement. Je n’ai jamais eu de micro-ondes. Animer une émission de cuisine était mon rêve absolu. Mais je voulais être légitime. C’est pour cette raison que je me suis effectivement inscrit en CAP [certificat d’aptitude professionnelle] à l’école Grégoire-Ferrandi pour une formation accélérée de 6 mois. Nous étions 12 adultes, âgés de 27 à 60 ans.

Que vous reste-t-il de ces 6 mois ?
J’étais vraiment dans mon élément. Tous les matins, à 8 heures, nous étions là à vider les poulets, tailler les légumes… Je trouvais qu’il y avait beaucoup de similitudes entre la cuisine et la télé en direct : l’adrénaline, la tension, le coup de feu puis l’envoi. Cela m’a beaucoup plu.

Une fois que vous avez votre CAP, vous revenez à la télé…
Cuisine.TV m’a alors proposé une émission intitulée 24 Minutes chrono, dans laquelle je préparais un plat en temps réel. J’en ai fait plus de 300. Ensuite, j’ai fait des chroniques pour France Bleu, puis pour France Info, où, depuis 2007, je tiens une chronique culinaire le samedi. En 2008, j’ai proposé des programmes courts à TF1. J’ai commencé avec une rubrique cuisine dans « 10 h le mag » et, aujourd’hui, je présente Petits Plats en équilibre.

Tous les étés, avec l’émission « Cuisine d’été » sur France Info, vous partez à la découverte des chefs de la nouvelle génération. Qu’ont-ils en commun ?
Ils sont tous très passionnés et respectueux du produit de saison, de la cuisine du marché. Ce sont aussi de vrais bosseurs. De plus, c’est moins « l’armée » en cuisine, ils sont bien plus décontractés, moins « gueulards ».

Le livre de Laurent Mariotte, "Mes recettes faciles et pas chères" sort le 17 mars aux éditions l'Etudiant.
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Propos recueillis par Séverine Tavennec
Crédit Photo : Nathanaël Turpin-Griset

Biographie
1969 : naissance de Laurent Mariotte à Épinal (88).
1987 : il décroche son bac A2.
1991 : il anime Cajou, sa première émission en direct sur Canal J.
2000 : il rejoint TF1 pour coanimer l’émission Intervilles. Il y animera aussi, en 2001, l’émission les Coups d’humour.
2005 : il passe un CAP de cuisine à l’école Grégoire-Ferrandi à Paris.
2007 : il devient chroniqueur à France Info, où, chaque samedi, il présente À toutes saveurs.
2010 : il anime l’émission Petits Plats en équilibre sur TF1.

Et si c'était à refaire ?
Laurent Mariotte était-il fait pour transmettre sa passion des bonnes recettes de cuisine ? Nous lui avons fait passer le T.O. P, le test d’orientation de l’Etudiant.

Son bilan T.O.P
"Social", tendance "Réaliste/Artiste" : tel est le profil qui se dégage après l’étude des pôles de compétence de Laurent Mariotte. Des atouts évidents pour le type d’animation télé qu’il a choisi.

Pôle « Social » : c’est un bon indicateur du goût du relationnel et du contact. Il s’agit, en général, de personnes coopératives allant facilement vers les autres, qui aiment être entourées et partager mais qui fuient les conflits. Elles sont souvent diplomates et douées pour la médiation. Ce pôle peut aussi révéler un besoin de se sentir utile (aider, transmettre, guérir…).

Pôle « Réaliste» : il caractérise des personnes qui aiment concrétiser et voir le résultat de ce qu’elles entreprennent. Il peut correspondre à des aptitudes techniques ou manuelles, ce qui se traduit par un côté habile et minutieux. Enfin, il peut indiquer un besoin de terrain et se retrouve aussi chez celles et ceux qui aiment la nature et le sport.

Pôle « Artiste » : créativité, curiosité et passion sont les qualités de ce pôle. Les personnes qui ont ce profil ont des idées et de l’intuition. Elles suivent leurs émotions et la routine est généralement leur ennemie, car elles ont besoin de découvertes et de variété. Le moteur de ces personnes qui aiment se démarquer ? La liberté.

Son profil, son métier…
Contact humain, intuition, travail concret, espace de liberté sont quelques-uns des mots- clés qui correspondent à la combinaison des pôles de compétences de Laurent Mariotte. Ce qui concorde bien avec son parcours et son métier ! Son profil révèle, en effet, qu’il est à l’aise dans des environnements de travail souples, peu structurés, qui laissent place à l’épanouissement personnel. L’importance du pôle « Social » montre que l’animateur a le goût et le besoin de transmettre. Aller vers les autres et leur faire plaisir est une tendance naturelle chez lui. Les résultats de son pôle « Réaliste » s’expliquent, eux, par son penchant pour les activités concrètes et son besoin d’un métier tourné vers la pratique, le terrain et dont on peut mesurer les résultats. Pas étonnant non plus de voir ce pôle ressortir chez quelqu’un qui, comme lui, apprécie la nature, le jardinage et le vélo. Enfin, les performances obtenues par son pôle « Artiste » illustrent sa curiosité, son ouverture d’esprit, son envie de nouveauté et son besoin de se passionner pour ce qu’il fait. Bref, cette combinaison est parfaitement en adéquation avec le métier d’animateur télé (transmettre) qu’il exerce dans un domaine à la fois concret et créatif.
Clothilde Hanoteau
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Sommaire du dossier
Recette de Laurent Mariotte : Salade de pommes de terre nouvelles à l’aneth et aux crevettes