1. Métier au contact de la nature : David, apiculteur amateur devenu professionnel
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Métier au contact de la nature : David, apiculteur amateur devenu professionnel

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David, apiculteur reconverti, a fait de sa passion son métier (installation de ruches dans le Queyras). // © Photo fournie par le témoin
David, apiculteur reconverti, a fait de sa passion son métier (installation de ruches dans le Queyras). // © Photo fournie par le témoin

Du 19 au 21 juin 2014, ce sont les APIdays, "Journées nationales de l’abeille, sentinelle de l'environnement", pour la cinquième édition. L'occasion, de vous faire découvrir le métier de David, apiculteur qui s’est lancé en professionnel au début de l'année 2013. Un métier "passion", au contact quotidien de la nature, mais dont les débuts ne sont pas toujours très rémunérateurs.

David a abandonné son métier de constructeur de piscines pour devenir apiculteur. Il possédait déjà une vingtaine de ruches au fond de son jardin depuis plusieurs années, une passion pour les abeilles que son beau-père lui a enseigné. "L’aider à s’occuper de ses ruches me plaisait, et puis… il faut sauver nos petites abeilles !", sourit-il.

Pour devenir professionnel, il a validé un BPREA (brevet professionnel responsable d'exploitation agricole) apiculture au CFPPA (centre de formation professionnelle pour adultes) du Gard, à Rodilhan (30). "Une formation nécessaire, car il y a un monde entre la pratique en amateur et le passage au professionnel", admet David. Il a pu ainsi effectuer une série de stages chez des apiculteurs pendant une saison. Après ce diplôme agricole d’un an, il a complété son apprentissage avec une formation professionnelle d’élevage de reines organisée par l'USAR (Union syndicale des apiculteurs du Roussillon), qui a duré 3 jours à Perpignan (64).

Un métier qui suit la floraison

Depuis un an, David exerce le métier d’apiculteur de manière professionnelle, avec quelques centaines de ruches. "J’aime travailler dehors, être proche de la nature, être au contact de la ruche, on n’est pas dérangé par un téléphone qui sonne tout le temps, apprécie-t-il. L’odeur du miel quand on ouvre une ruche, c’est quand même différent de celles du chlore et du polypropylène", compare-t-il avec son ancien métier.

Portrait de pro – Apiculteur –  David

Le travail d’apiculteur se cale sur la floraison. "Dès février, je prépare les abeilles pour qu’elles fassent une miellée de romarin 40 jours plus tard", détaille-t-il. David vérifie qu’elles sont en bonne santé et les stimule en les nourrissant avec un équivalent du nectar pour mettre la reine en ponte. Il pose les hausses pour recueillir le miel dès qu’une nouvelle miellée commence.

D’avril à juillet, David a une autre mission : l’élevage des reines. Il s’agit de sélectionner des œufs dans une ruche, puis de les donner à une autre ruche dont on enlève la reine. La deuxième ruche élève ensuite ces œufs comme de futures reines, qui sont ensuite utilisées pour faire d’autres essaims qui vont peupler de nouvelles ruches. David revend ensuite ces essaims ou les utilise pour développer son "cheptel de ruches".

À l’automne, il prépare les abeilles pour l’hiver, puis met le miel en pot pour le vendre.

Des contraintes nécessaires

Aucune de ses journées ne se ressemble : celles-ci dépendent essentiellement de la météo. "Je suis de près les prévisions du temps. La pluie et la chaleur sont favorables à la création du nectar : si une ruche est trop pleine de miel, la moitié des abeilles partent, alors il faut surveiller", explique-t-il. David part régulièrement poser des ruches en montagne, la nuit. Une contrainte nécessaire, car "il faut attendre que toutes les abeilles soient rentrées", justifie-t-il. Ces voyages de nuit sont un des inconvénients du métier, d’autant plus qu’il doit "décharger les ruches du camion, sans grue ni élévateur pour l’instant, chaque ruche pèse entre 40 et 50 kilos", précise-t-il. Autre bémol, David ne se verse pas encore de salaire. "Comme dans tout investissement dans l’agriculture il faut attendre 3 ans avant d’avoir un retour", prévient-il.

Pour ceux qui souhaitent débuter aussi leur activité professionnelle, il leur conseille de "bien se former avant, ne pas avoir peur de solliciter d’autres apiculteurs et avoir le courage d’affronter la paperasse administrative". En effet, pour obtenir des aides financières, notamment régionales ou européennes, il faut remplir d’importants dossiers administratifs. "C’est un vrai parcours du combattant, il faut compter un an entre le moment où on commence les démarches et celui où on s’installe", témoigne David. La patience est donc une qualité nécessaire pour se lancer dans ce métier de passionné.

Comment devenir apiculteur
Il est plus prudent de suivre une formation professionnelle avant de commencer son activité, pour notamment apprendre à gérer une exploitation agricole. Il existe un BPREA apiculture, mais aussi un bac professionnel conduite et gestion de l’exploitation agricole. On peut également suivre une formation apicole dans une association, qui vous délivrera une formation diplômante non qualifiante. Il est conseillé ensuite de multiplier les stages et courtes formations spécialisées, via des associations ou des syndicats.
Pour être reconnu comme apiculteur professionnel par la MSA (Mutualité sociale agricole), il faut posséder 400 ruches. En général, les apiculteurs pratiquent leur métier en amateur pendant quelques années avant d’atteindre ce nombre et de devenir professionnel, à moins de posséder un petit pécule.
S’installer en tant que professionnel nécessite un investissement financier important pour acquérir le matériel, les locaux, les terrains ainsi que l’achat des premiers essaims.
Si vous êtes débutant vous trouverez tous les conseils auprès de spécialistes, notamment dans les associations, mais aussi auprès des professionnels de la chambre d’agriculture : ils vous aideront à constituer vos dossiers de demandes d’aides financières dans les collectivités territoriales et l’Union européenne.