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Enquête

Wedding planner : une main de fer dans un gant de velours

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On imagine un(e) wedding planner au milieu des robes de mariée, en pleine dégustation chez les traiteurs, à dépenser des sommes astronomiques pour des services de luxe… C’est vrai ! Mais ce métier, c’est aussi négocier d’arrache-pied des tarifs préférentiels, répondre aux désidératas des clients avec le sourire, et être un bon gestionnaire d’entreprise : presque tous ces pros sont installés à leur compte. Rencontre avec des wedding planners qui nous racontent leur quotidien.

Wedding planner. Derrière cet anglicisme se cache un véritable professionnel de l’événementiel, fin diplomate (tact exigé avec les futurs mariés !) et négociateur hors pair. Avec en prime une fibre entrepreneuriale… et une grande disponibilité.

Chef d’orchestre


En véritable chef de projet, le wedding planner fait le lien entre ses clients et les prestataires (traiteurs, photographes, décorateurs…). Toute l’organisation de l’heureux événement repose sur ses épaules, depuis la "commande" qui lui est faite, jusqu’à la pièce montée du jour J. Jour où il doit aussi être capable de faire face à tous les imprévus. Jerry Malka, directeur de Jerry’s Event, en sait quelque chose : "Le jour d’un mariage, en arrivant dans la salle de réception, je me suis aperçu que le plan de table était différent de celui que j’avais envoyé. Je l’ai refait pendant la cérémonie !". Parmi les impératifs du wedding planner : répondre à tous les besoins des mariés, anticiper des "plans B" – y compris sur des détails apparemment anecdotiques comme prévoir des lacets de chaussures de rechange pour le marié, mais aussi assurer la bonne rythmique entre chaque prestation : cocktail, accueil des mariés, intervention des amis avec l’orchestre ou sur PowerPoint, pièce montée, feu d’artifice, etc.


En bonne fée, le wedding planner a toujours une solution dans son sac pour faire face aux imprévus (photo : Julie Richard de Wedding & Co).


Cheville ouvrière


Des missions multiples que le wedding planner accomplit dans l’ombre. "Souvent, les jeunes femmes qui rêvent de ce métier ont vu ‘Un mariage trop parfait’ et imaginent qu’être wedding planner c’est strass et paillettes. Je préviens toujours les stagiaires que pour arriver à la féérie du jour J, c’est du boulot !", insiste Charlotte Felter-Beuvelet, directrice de Com'une Orchidée. "C’est vrai, on organise le plus beau jour de la vie de nos clients, on travaille sur le "rêve", mais pour y arriver, il faut refaire plusieurs fois les devis, négocier avec les prestataires, les relancer 15 fois par téléphone…". Une réalité qui n’est pas sans lui déplaire. Comme pour Julie Richard, directrice de Wedding & Co : "Je ne suis pas du tout ‘fleur bleue‘, c’est le côté ‘working girl‘ du métier qui me plaît." Aude, à la tête de l’agence Epouse & Moi (voir son portrait en vidéo) partage ce point de vue : "Le métier laisse une grande place à la créativité et à la fantaisie, mais il faut être très rigoureuse et organisée."

Pas d’horaires de bureau


L’organisation de mariages est une activité très séquencée : d’octobre à janvier, c’est la prospection (recherche de clients, de lieux) ; de février à avril, la production (recherche de prestataires, négociation, mise en place des déjeuners tests) ; et de mai à septembre, le terrain (montage et démontage de mariages tous les week-ends). Mais la prospection reste un souci permanent, toute l’année, y compris en dehors des horaires de bureau. "Nous avons des rendez-vous jusqu’à 23 h la semaine, et souvent le week-end", reconnaît Charlotte Felter-Beuvelet.

Le wedding planner doit coordonner tous les prestataires pour assurer la bonne marche de l'évènement (Photo : Julie Richard de Wedding & Co). Même si les femmes wedding planner sont les plus nombreuses, le métier se conjugue aussi au masculin (Photo : Jerry Malka de Jerry's Event).


Travailler sur "l’affectif"


Autre aspect important du métier : l’immersion dans l’intimité des familles. "J’ai voulu faire un stage de wedding planner pour travailler avec des particuliers : ça me paraissait plus ludique qu’avec les entreprises", se souvient Clémentine Beaulet, ex-stagiaire de Wedding & Co. Résultat ? "Ce qui change vraiment, c’est la place de l’affectif. Avec les particuliers, elle est énorme. On s’implique forcément un peu. Parfois, la future mariée se confie. Ou il m’est arrivé d’être émue à l’église. Il faut essayer de trouver sa place." Revers de cette relation affective selon elle : "Ce n’est pas une entreprise du CAC 40 qu’on a en face de soi, et on a des scrupules à prendre l’argent d’un particulier qu’on a appris à connaître".

Et dans cette relation client-prestataire, le wedding planner doit faire preuve de tact. "En Corse, un marié voulait arriver à la cérémonie en skis nautiques, ce qui signifie qu’il allait être complètement mouillé ! Je ne dis jamais ‘non’ mais quand les demandes sont trop fantaisistes, il faut faire comprendre au client que ce n’est pas possible", souligne Farida Chaouane, freelance pour Events&home. Comme le résume, avec humour, Julie Richard, directrice de Wedding & Co, "Si on ne cadre pas un client, il risque de devenir un mini-chef ; un mini-chef, ça va, 30 minis-chefs, ce n’est pas possible". Une main de fer dans un gant de velours…
La fibre entrepreneuriale

Si vous visez le métier de wedding planner, sachez que la plupart de ces professionnels travaillent à leur compte. Mieux vaut donc avoir la fibre entrepreneuriale et avoir envie d’être son propre patron.
Explication dans notre article "
Wedding planner : comment débute-t-on dans le métier ?"
Le premier mariage de Farida Chaouane, wedding planner chez Events&home
"J’ai débuté en organisant un mariage haut-de-gamme pour un couple de Jordaniens installés à Dubaï. C’était beaucoup de stress ! Ils avaient un gros budget (60.000 euros pour 120 invités), mais ils n’ont laissé que 3 mois à l’agence pour tout organiser. On a tout fait par e-mail et par téléphone, en anglais. Pour chaque poste (fleurs, traiteur, etc.), je leur proposais plusieurs prestataires différents. J’ai organisé la réception dans un château en Dordogne, avec beaucoup d’animations. Pendant toute la durée de la préparation, j’avais la tête dans le guidon, pas d’horaire fixe et surtout pas de week-end !
Le jour J, il faut garder son sang-froid. Les mariés devaient arriver à la cérémonie en montgolfière mais comme il y avait du vent, c’était trop dangereux de la faire décoller. Le problème c’est que je n’avais pas prévu de plan B… Erreur de débutante ! En panique, j’ai repéré une Mini Cooper cabriolet sur le parking. J’ai improvisé, en installant les mariés à l’arrière. Ils étaient déçus, mais ça a beaucoup plu aux invités. A la fin, les mariés m’ont félicitée, ils étaient ravis de leur journée."
Farida continue d’organiser des mariages de prestige pour des couples étrangers souhaitant se marier en France. Elle se marie elle-même le 8 octobre 2011, mais par manque de temps…. elle a fait appel à une wedding planner.
Sommaire du dossier
Wedding planner : comment débute-t-on dans le métier ? Video : une journée avec un wedding-planner