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Wedding planner : comment débute-t-on dans le métier ?

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On imagine un(e) wedding planner au milieu des robes de mariée, en pleine dégustation chez les traiteurs, à dépenser des sommes astronomiques pour des services de luxe… C’est vrai ! Mais ce métier, c’est aussi négocier d’arrache-pied des tarifs préférentiels, répondre aux désidératas des clients avec le sourire, et être un bon gestionnaire d’entreprise : presque tous ces pros sont installés à leur compte. Rencontre avec des wedding planners qui nous racontent leur quotidien.

Plus qu’une formation, c’est surtout votre expérience du terrain qui fera de vous un bon wedding planner. De nombreux professionnels sont passés par un cursus en communication, en école de commerce ou d’événementiel, mais il exsite aujourd'hui des formations dédiées proposées par des agences. Dans tous les cas, le stage long est un passage obligé, avant de pouvoir monter sa propre structure, la plupart des wedding planners en France étant free-lance ou à leur compte.

Le stage, marche-pied avant de se lancer


Faire ses armes comme stagiaire dans une agence de wedding planning ou d’événementiel est un grand classique dans le milieu. Les sociétés étant de très petites structures (le plus souvent avec un ou deux salariés), l’avantage c’est que vous serez très vite responsabilisé. "J’ai une stagiaire qui m’assiste. Je lui confie les recherches, les négociations avec les prestataires, la scénographie et la décoration", détaille Charlotte Felter-Beuvelet, directrice de Com’une Orchidée. Un apprentissage précieux pour constituer son carnet d’adresses, d’autant que les formations dédiées sont rares et plutôt coûteuses (lire encadré).

Les candidats aux stages en agence sont très nombreux. "Je reçois une demande de stage par jour", confirme la directrice de Com’une Orchidée. Une bonne alternative pour débuter est de se tourner vers l’événementiel. Laura, étudiante en dernière année à l’IDRAC (Institut de recherche et d'acion commerciale), l’a expérimenté : "J’avais envoyé des candidatures spontanées à plein d’agences d'organisation de mariages, j’avais mis une annonce sur Viadeo, et même postulé aux Etats-Unis, mais, faute de trouver un stage de wedding planner pertinent, j’ai décidé d’effectuer mon stage de fin d’études dans une agence événementielle. Ça me permet d’acquérir de l’expérience dans l’organisation d’événements, sans remettre en question mon projet de wedding planner."


Le wedding planner apporte une dernière touche à la décoration des tables (Charlotte Felter-Beuvelet de Com'une Orchidée).


Oser se mettre à son compte


S’il peut sembler ambitieux de vouloir se lancer dans l’organisation de mariage peu après à la sortie de l’école, beaucoup l’ont tenté, avec succès pour certains. Comme Charlotte Felter-Beuvelet, directrice de Com’une Orchidée. "Après un DUT logistique, j’ai intégré l’ISCPA (Institut supérieur de la communication, de la presse et de l’audiovisuel), où j’ai rencontré ma future associée. Toutes les deux, nous étions attirées par le côté magique du mariage. Un an après notre diplôme, nous avons ouvert notre agence". Pari gagné, puisque l’entreprise "tourne" depuis 5 ans… Se mettre à son compte est en effet incontournable pour vivre de ce métier. Suite à sa formation à Look Institute, Farida Chaouane a envoyé des candidatures spontanées à une multitude d’agences et publié une annonce sur les réseaux sociaux. "Au bout de quelques mois, j’ai été contactée par Events&home, sur Viadeo. La directrice de cette petite agence cherchait une partenaire mais ne pouvait pas embaucher. Du coup, j’ai créé ma société en auto-entrepreneur, et depuis je travaille en freelance pour elle !"

Même décision pour Jerry Malka, diplômé en ressources humaines, qui a opéré un virage à 180 degrés. "Après un master à l’ISGP (Institut supérieur de gestion et de planification), j’ai travaillé pendant 6 mois dans le recrutement, mais la vie en entreprise ne correspondait pas à mon profil plutôt artistique. A la fin de mon CDD, j’ai décidé de me consacrer à l’organisation d’événements et plus particulièrement de mariages. J’ai ressorti mes cours d’école de commerce, j’ai créé un statut d’auto-entrepreneur et je me suis lancé." L’occasion de mettre en pratique ses acquis. "Mon expérience dans les ressources humaines m’aide beaucoup, car une rencontre avec des futurs mariés, c’est comme un entretien de recrutement dans les deux sens."


Le jour J, c'est la consécration de plusieurs mois de travail pour le wedding planner.


Gérer son budget


De l’avis des wedding planners qui ont réussi dans le milieu, il ne faut pas se décourager le temps de se tailler une bonne réputation. Il est préférable d’avoir un apport pour se lancer car la première année n’est pas toujours rémunératrice. Beaucoup de wedding planners commencent à travailler depuis leur domicile, avec parfois un petit boulot à côté. "Au début, on prenait 12 % du budget total du mariage mais ce n’était pas rentable, explique la directrice de Com’une Orchidée. Pour les gros budgets, on gagnait avec mon associée plus de 6.000€ par mariage mais pour les petits, moins de 3.000€, avec la même charge de travail. On a regardé comment ça se passait aux Etats-Unis et on a décidé de mettre en place un forfait de 4.500€". Les honoraires des agences varient de 2.500 à 7.500€. Il n’est pas rare qu’elles diversifient d’ailleurs leurs activités en organisant tous types d’évènements pour les particuliers (anniversaires, enterrements de vie de jeune fille, fêtes de divorce, etc.), et en proposant leurs services aux entreprises.

Miser sur le bouche-à-oreille


Le wedding planner doit non seulement être un bon gestionnaire, mais aussi faire sa promotion pour convaincre des prospects. L’organisation de mariages fonctionne beaucoup sur le bouche-à-oreille, mais, au début d’une activité, pour trouver des clients, il faut réseauter sur le Web (réseaux sociaux, voire création d’un blog spécialisé). Mais aussi en démarchant en personne, par exemple dans les afterworks, nids de trentenaires célibataires. "Je débute dans le métier, donc mon objectif est de faire monter mon image et ma crédibilité", explique Jerry Malka, qui a déjà organisé un premier mariage "à prix d’ami". Depuis, il a travaillé sur son autopromotion pour se faire connaître. Il a créé un site Internet, une page Facebook dédiée, fait imprimer des cartes de visite, acheté un encart publicitaire dans un journal, placé des affiches chez des commerçants et envisage de monter un partenariat avec un vidéaste. Autant de bons outils pour se faire repérer par les futurs clients, même si la meilleure façon de les convaincre est de réussir les mariages qui vous seront confiés.

Les formations des agences

Les agences d’organisation de mariage proposent presque toutes des formations "maison". Les formules sont variées - elles durent entre une semaine et 2 mois - et les frais d’inscription varient de 1.700 à 10.000 €. Julie Richard a créé la Wedding School en 2007. "Au total, j’ai formé une centaine d’élèves. La moitié s’est mise à son compte et quelques beaux noms sont sortis du lot." L’école propose plusieurs formules, dont une intitulée "stage de perfectionnement" très concrète, à partir de 3.500€. Au programme : des cours de création d’entreprise, d’étude de marché, de gestion d’entreprise (bases juridiques, fiscales), de relation clientèle, de négociation, etc. 

Mirabilis, Look Institute ou Devenir Wedding Planner proposent également des formations sérieuses. A la fin de la session, elles délivrent un certificat qui n’a pas valeur de diplôme mais est reconnu dans le milieu. Il peut d’ailleurs vous aider à obtenir un stage. Farida Chaouane a suivi une formation de deux mois à Look Institute. "Le contenu était un peu trop théorique à mon goût mais quand je suis sortie, je me sentais prête à me lancer. Sur les 10 filles de ma promo, nous sommes 2 à nous être mises à notre compte, les autres ont préféré faire un stage, afin d’acquérir une première expérience de wedding planner."

Le wedding planning en chiffres

- Une agence est composée, en moyenne, d’un wedding planner et d’un ou deux stagiaires.
- Une agence active traite 15 mariages par an (elle doit en organiser au moins 10 pour que son activité soit rentable).
- En 2010, 200 agences actives étaient répertoriées, dont la moitié en Ile-de-France.
- Le budget moyen des couples faisant appel à un wedding planner est de 30.000 € (de 20.000 à 300.000 €).
Source : APCE (agence pour la création d’entreprise)

"Le Publicis du mariage n’existe pas"

Aucune usine du mariage ne se dresse dans le paysage des agences de wedding planning. "Toutes ceux qui s’y s’ont frottés ont échoué, moi compris !", glisse Julie Richard, directrice de Wedding & Co. Cette diplômée en communication, qui a commencé sa carrière dans l’événementiel, a découvert le métier de wedding planner à New York, au début des années 2000. « Je me suis fait passer pour une future mariée et j’ai été reçue dans des lofts, des hôtel, d’énormes agences. En rentrant à Paris, j’ai commencé à mettre en place mon projet." 6 agences se partagent alors le marché. En trois ans, la mode des wedding planners est lancée ! "Après un passage dans Zone Interdite, j’ai reçu 3.000 demandes de stages. Le carnet de commandes débordait (32 mariages en un an) et il a fallu s’agrandir ; l’agence a compté jusqu’à une dizaine de personnes." Revers de la médaille, les agences poussent comme des champignons, et Wedding & Co se retrouve vite face à 150 concurrents. En 2008, début de la crise financière. Les commandes baissent et, un an plus tard, Julie Richard se voit contrainte de se séparer de son équipe. Tenace, elle a poursuivi l’aventure et s'est retrouvée deux ans plus tard à la tête d'un réseau d’agences implantées dans toute la France. Elle projette déjà d’en ouvrir à l’étranger. Une belle façon de rebondir avec succès !
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