Cyril Leuthy, monteur

publié le 21 Mai 2007
3 min

MonteurSon métier

« Je suis le premier spectateur d’un film. Bien sûr, avant d’accepter un travail, je lis le scénario. Mais ensuite, j’essaie d’en savoir le moins possible, pour pouvoir poser sur les images tournées un regard vierge. C’est très important. » En tant que monteur, la mission de Cyril débute après le tournage, une fois enregistrées toutes les séquences du film. C’est à lui, alors, de travailler avec le réalisateur à l'assemblage de tous les éléments pour rendre cohérent ce qui a été tourné, et raconter ainsi une histoire. « Le monteur est la personne qui construit le film, en essayant de traduire au mieux ce que veut le réalisateur. Un travail de fourmi, très long et délicat. On travaille sur des logiciels qui nous permettent d’assembler les images entre elles. On peut passer des semaines sur une séquence, pour rendre l’enchaînement totalement naturel. Le but du jeu, c’est de faire disparaître le travail, qu’il soit invisible à l’écran. »
Le jour, la nuit, le week-end… Seul dans sa salle de montage, Cyril repasse encore et encore les mêmes séquences, à la recherche du meilleur effet, mais aussi de l’émotion juste. La difficulté, c’est de conserver une fraîcheur de regard sur une image déjà vue mille fois… Ce regard est essentiel pour le réalisateur, que l’on doit rassurer, encourager, mais à qui l’on doit aussi faire accepter des coupes. Débutant dans le métier, Cyril occupe encore souvent des postes d’assistant monteur. Il prend alors en charge toute la logistique, pour permettre au chef monteur de se concentrer sur le film. On ne fait pas vraiment de montage, mais c’est une étape qui permet d’apprendre. « La FEMIS nous prépare très bien au métier de monteur dans le cinéma, très créatif. Dans la réalité, il faut souvent d’abord en passer par le poste plus technique d’assistant. »

Les qualités indispensables

« Il faut être solitaire, patient, méticuleux et perfectionniste, ne pas avoir peur de passer des heures dans le noir, face à trois écrans. Mais il faut aussi être fin psychologue et diplomate pour traduire au mieux les envies du réalisateur. Intuitif, le monteur doit cultiver sa sensibilité, son émotion, afin d’être toujours disponible pour une histoire. Enfin, il doit maîtriser correctement l’outil informatique. »

Son conseil

« Je pense que la meilleure voie reste celle de la FEMIS, même si cela implique de repartir pour trois ou quatre ans après un bac + 2. Sur le plan technique, il existe de bons BTS de montage, mais il faut cultiver parallèlement sa sensibilité personnelle et artistique. »


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