Guillaume, fleuriste dans un palace parisien : "Il faut savoir provoquer la chance !"

Par Céline Authemayou, publié le 08 Février 2013
5 min

À 28 ans, Guillaume fait partie de la petite équipe de fleuristes du Plaza Athenée, l'un des douze palaces de France. Un lieu de prestige où les compositions de ce passionné marquent de son empreinte les couloirs et suites feutrées dédiés à une clientèle fortunée.

Son métier

Des bouquets aux formes voluptueuses garnissent les moindres recoins du Plaza Athénée. Ce palace parisien installé avenue Montaigne est l'un des rares hôtels de France à disposer de sa propre équipe de fleuristes. Pour confectionner les 850 bouquets mensuels, trois professionnels se relaient 365 jours par an au sein d'un petit atelier, installé dans les sous-sols du palace.

350.000 roses et orchidées à l'année

Guillaume a rejoint la prestigieuse maison en juillet 2011. Le jeune homme conçoit des bouquets pour les suites du "Plaza" et pour l'ensemble des parties communes de l'établissement. Stockées dans une chambre froide où la température ne dépasse pas 8°C, les fleurs arrivent par flot continu, en quantité astronomique : 250.000 roses et 100.000 orchidées viennent embellir l'hôtel chaque année.

"Contrairement à un fleuriste indépendant qui doit se rendre au marché tous les matins à l'aube, nous passons directement commande sur Internet, auprès de fournisseurs réguliers qui nous livrent les achats", explique Guillaume. La qualité des fleurs doit être irréprochable et leurs coûts raisonnables. "Nous avons beau travailler dans un palace, nous devons tout de même respecter un budget mensuel", argumente le fleuriste.

Provoquer l'effet "waouh"

Après la commande, place à la conception des bouquets. Pour les chambres, des modèles ont été établis et restent identiques tout au long de l'année. Ils répondent aux doux noms de codes de FL1, FL2 et FL3. Quinze roses pour l'un, des fleurs mélangées pour l'autre, du volume pour le troisième... "Ces catégories dépendent entre autres de la taille de la suite et de son prix", explique Guillaume.

Les créations des parties communes laissent quant à elles plus de place à la fantaisie. "Il faut provoquer l'effet waouh", s'amuse le jeune fleuriste. Les compositions, toutes en volume doivent éblouir les clients fortunés du palace – où la nuit coûte au minimum 900 €. Tous les trois jours, Guillaume et ses collègues remplacent toutes les fleurs du Plaza Athénée. Pas question d'entrevoir le moindre pétale fané...

Un but : satisfaire les clients

Dans cet environnement de luxe, où le moindre détail compte, Guillaume estime avoir la même mission que ses confrères qui exercent en boutique : satisfaire le client. Malgré tout, des différences existent. "Evidemment, ici, le lien avec la clientèle est moins direct car nous ne vendons pas nos bouquets, concède le fleuriste. De même, le budget confortable dont nous disposons nous permet d'être un peu moins regardant sur le coût final des compositions."

Son parcours

Après un baccalauréat scientifique obtenu en 2002, Guillaume s'est orienté vers un DUT génie biologique option agronomie, "sans trop se poser de questions". "Mes parents sont agriculteurs, explique le jeune homme, c'est donc un secteur que je connais bien." Suite à une année de prépa post-DUT, il tente plusieurs concours pour intégrer des écoles d'ingénieurs, échoue et s'oriente vers une licence professionnelle production végétale, dispensée par l'Ecole Supérieure d'Agriculture (ESA), à Angers.

Une spécialisation pointue et un détour par l'Amérique

"J'ai décroché mon premier emploi dans une entreprise horticole de Castres, dans le Tarn, se souvient Guillaume. J'ai beaucoup appris mais au bout d'un an et demi, j'ai eu envie de partir à l'étranger, pour découvrir de nouveaux horizons." Direction les Etats-Unis et Minneapolis, où il suit durant un semestre des cours à l'université locale. Il y découvre l'art floral, travaille pour un fleuriste réputé et revient en France dix-huit mois plus tard avec la ferme intention d'exercer cette profession. "Il me fallait des bases solides, je me suis donc inscrit en CAP et en BP fleuriste." Diplômé le 27 juin 2011, Guillaume signait une semaine plus tard son CDI au Plaza Athénée. "J'ai tout simplement répondu à une annonce, sourit le fleuriste. Mais je pense que mon expérience à l'étranger et mes différents stages effectués dans des maisons prestigieuses durant mon CAP ont fait la différence."

Ses conseils

"Il faut savoir provoquer la chance ! J'ai bien conscience que peu de fleuristes vont travailler dans un environnement tel que le Plaza Athénée. Mais il ne faut pas hésiter à foncer, prendre des risques, tout en restant fidèle à son tempérament."

Fleuriste, le métier

Dans sa boutique, le fleuriste conseille et sert ses clients. Mais ses fonctions sont beaucoup plus vaste. Avant l'ouverture, ce professionnel part s'approvisionner chez les grossistes et les producteurs. Il sélectionne lui-même les fleurs qui rejoindront son stock, guidé par certaines dates du calendrier (Saint-Valentin, fête des mères, etc.). En arrière-boutique, il rempote, taille, traite et arrose ses plantes.

Quelles formations ?
Le CAP fleuriste – qui peut être réalisé en alternance - suffit, mais le BP (brevet professionnel) et le BM (brevet de maîtrise) fleuriste constituent réellement un plus.

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