Anthony, maïeuticien : “Certaines femmes ne veulent pas être auscultées par un homme”

Par Maria Poblete, publié le 07 Mars 2016
2 min

Anthony, 26 ans, est maïeuticien dans l'Indre.

Il est l'un des rares maïeuticiens en France. Une profession qui n'a pas été une vocation d'emblée. Il l'a choisie par défaut, après les résultats du concours en médecine. Après un an et demi d'exercice libéral dans la Creuse, Anthony, 26 ans, est “ravi et heureux”. “C'est le hasard qui m'a amené là, et je ne changerai rien“, raconte-t-il. Ses études à l'école de sages-femmes de Limoges (87) l'ont passionné, même si la difficulté était grande. “Nous étions 4 hommes pour 23 femmes, et maintenant, il ne reste que moi, les autres ont abandonné. C'est plus difficile pour nous : les enseignants ne nous accompagnent pas vraiment !”

La famille d'Anthony l'encourage, le porte et s'en amuse même. Côté professionnel, ses stages en maternité se passent très bien : “Je me suis toujours senti très entouré.” Aujourd'hui, il est à la tête de deux cabinets, l'un en ville, à Châteauroux (36), l'autre à la campagne. “Je n'essuie que quelques refus de femmes qui ne veulent pas être auscultées par un homme, surtout en ville. En milieu rural, c'est très rare, et, en général, cela se passe très bien, je suis bien reçu. L'essentiel est d'être un bon professionnel, dans le respect des patientes.”

Préparation à l'accouchement, suivi de la grossesse, suite de couches, contraception : son activité est multiple et variée. “Le fait que je sois un homme est apprécié par les mères et les pères. J'ai même parfois l'impression d'être la sage-femme des hommes. En effet, c'est souvent eux qui me posent des questions sur le nouveau-né. C'est trop fréquent pour que ce soit anecdotique.” Anthony n'est pas encore passé du côté des papas. Il sait qu'il ne suivra pas la grossesse de sa compagne... elle aussi sage-femme.

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