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Témoignage

Maëlle, ingénieure sur les chantiers navals : “Diriger des hommes n’est pas un souci”

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Maëlle, 23 ans, ingénieure sur les chantiers navals : “En prépa, nous étions 3 ou 4 filles, à l'école d'ingénieurs un peu plus.” // © Thomas Louapre/Divergence pour l'Etudiant
Maëlle, 23 ans, ingénieure sur les chantiers navals : “En prépa, nous étions 3 ou 4 filles, à l'école d'ingénieurs un peu plus.” // © Thomas Louapre/Divergence pour l'Etudiant

Maëlle, 23 ans, est ingénieure sur les chantiers navals, à Saint-Nazaire (44).

“J'ai un fort caractère, et je ne me laisse pas faire”. Maëlle, 23 ans, ingénieure sur le plus gros paquebot du monde (362 mètres de long !) en construction à Saint-Nazaire (44), annonce la couleur. Travailler en dirigeant 3 équipes d'une dizaine d'hommes, lui impose de savoir... s'imposer.

Maëlle n'a pas froid aux yeux, elle a l'habitude ! Au lycée général et technologique Joliot-Curie, à Rennes (35), elle baignait déjà dans un univers masculin : bac S spécialité physique-chimie, classe prépa scientifique et l'ENSTA (École nationale supérieure des techniques avancées) Bretagne. “En prépa, nous étions 3 ou 4 filles, à l'école d'ingénieurs un peu plus. Cela m'a appris à me défendre, à être capable de répondre aux blagues et sous-entendus”, commente-t-elle. La jeune fille rêve de travailler sur les navires, elle se spécialise en architecture navale et offshore.

À la fin de son année de professionnalisation sur un chantier naval à Concarneau (29), elle est chargée de la remise à neuf d'un navire de 60 mètres, ce qui lui permet d'intégrer STX France et d'en devenir la plus jeune cadre. Son job ? Responsable de travaux bord en montage de coque métallique. “Diriger des hommes n'est pas un souci. Ils sont contents d'avoir une femme à ce poste. J'ai un management différent, je suis jeune et ils savent que les experts techniques, ce sont eux. Je m'occupe de l'organisation”, sourit-elle.

Ses difficultés ? “Parfois, on a l'impression qu'en tant que femme, on doit en faire plus, surtout par rapport aux collègues cadres. Il y a parfois des petites réflexions, alors, je fais attention à la façon dont je m'habille le matin, car sinon je suis en bleu de travail ! J'essaie de garder ma féminité, j'ai attendu un peu pour le vernis flashy !”

Maëlle conclut, toute fière : “Je suis ravie de ce que je fais.” Une main de fer dans un gant de velours.

Sommaire du dossier
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