1. Métiers de l'audiovisuel : dans les coulisses de "On n'demande qu'à en rire"
Reportage

Métiers de l'audiovisuel : dans les coulisses de "On n'demande qu'à en rire"

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Quel est réellement le quotidien des professionnels de l’audiovisuel ? Reportage de l'autre côté du petit écran. // © Jérôme Plon
Quel est réellement le quotidien des professionnels de l’audiovisuel ? Reportage de l'autre côté du petit écran. // © Jérôme Plon

Quel est réellement le quotidien des professionnels de l’audiovisuel ? Pour le savoir, nous nous sommes glissés dans les coulisses de l’émission On n’demande qu’à en rire (sur France 2), où travaillent, chaque semaine, chargé de production, ingénieur du son, assistant de réalisation, scripte et maquilleuses. Reportage de l'autre côté du petit écran.

L'émission On n'demande qu'à en rire réunit chaque soir de la semaine près de 1,5 million de téléspectateurs sur France 2. Le programme, sorte de "Star Academy" dédiée aux jeunes talents comiques, mobilise pour son tournage une centaine de personnes.

Nous sommes dans le quartier de Pigalle, en plein cœur de Paris. Devant le Moulin-Rouge, célèbre cabaret situé au pied de la butte Montmartre, retraités et jeunes couples attendent l'ouverture des portes : tous sont venus assister au tournage de On n'demande qu'à en rire. L'émission, lancée en 2010 sur France 2, n'est pas diffusée en direct. Chaque semaine, cinq épisodes sont donc tournés en deux jours, le mardi et le mercredi. Ils passeront à l'antenne la semaine suivante.

Le programme, produit par Catherine Barma, papesse de l'audiovisuel français, et présenté par Jérémy Michalak, mobilise des moyens importants. Cadreurs, régisseurs, techniciens, scripte... Durant un après-midi, une centaine de professionnels vont unir leurs compétences pour "mettre dans la boîte" plusieurs émissions. Le tout dans une atmosphère oscillant entre moments d'attente et vraies montées d'adrénaline.

14h00

Sur le plateau de tournage, installé dans une salle de la taille d'un petit gymnase, se croisent d'étranges personnages : une jeune femme déguisée en poussin rencontre un fakir courtement vêtu. Les répétitions de On n'demande qu'à en rire viennent de débuter. Les candidats, qui présenteront dans quelques heures leur sketch devant un jury de personnalités, peaufinent leurs dernières blagues. Sous le feu des projecteurs, les déplacements sont réglés au millimètre près. Un peu plus à droite, un pas en arrière... Le réalisateur, Serge Khalfon, conseille et oriente les jeunes comiques.

15h00

À côté de lui, silencieuse et très concentrée, Frédérique Arnoux note sur une feuille de papier toutes les indications ainsi fournies. Elle est scripte. Durant le tournage, elle assistera le réalisateur en régie. "Je dois être capable de lui dire quelques secondes à l'avance tout ce qui va se passer sur le plateau, explique Frédérique. Il doit choisir un plan parmi ceux des 10 caméras mises à sa ­disposition : mes indications lui permettront d'opter pour le bon angle."

Dans la loge maquillage, les candidats commencent à affluer. Trois maquilleuses sont aux petits soins avec eux. Pascale Lites, l'une d'entre elles, dessine sur le visage d'un jeune homme des griffures de tigre. Un peu de noir, un peu de rouge, en quelques minutes, le trompe-l'œil prend forme. "En début d'après-midi, on nous communique les thèmes des sketchs, raconte Pascale. On sait donc un peu à l'avance quelle sera la teneur de notre travail." Mais avec le tournage de trois émissions en quelques heures, les gestes doivent être rapides, qu'il s'agisse de créer un double menton à un candidat ou de transformer une jeune femme en Lady Gaga. Soudain, de l'autre côté de la salle, les loges VIP appellent Pascale : Isabelle Mergault est arrivée. Elle lui demande de venir la maquiller.

15h45

Dans 15 minutes, les caméras seront lancées. L'ambiance décontractée qui régnait en début d'après-midi laisse place à une atmosphère bouillonnante. Les pas s'agitent, l'air s'électrise. Méline Micciché-Blanc multiplie les allers-retours entre le plateau et la régie générale. Un casque sur les oreilles, l'assistante de réalisation cale les derniers détails. À l'image de la scripte, qui épaule Serge Khalfon en régie, Méline intervient sur le plateau pour assister le réalisateur. "Scripte, assistant de réalisation et réalisateur forment un véritable trio, explique la petite brune. Les deux premiers sont en régie. Moi, ma place est sur le plateau. Mon rôle est de m'assurer que toutes les contraintes techniques ont bien été prises en compte. Cela passe, par exemple, par la disposition d'accessoires nécessaires à un comédien pour la réalisation de son sketch."

Pendant que l'assistante-réalisatrice règle les derniers détails, le public a pris place sur les gradins de bois. Jérémy Michalak fait son entrée sur le plateau, accompagné des quatre membres du jury de l'émission. Parmi eux, Laurent Ruquier et Jean-Marie Bigard. De l'autre côté de la scène, le chauffeur de salle donne quelques indications aux spectateurs : les applaudissements devront être nourris et enthousiastes.

16h00

À côté de la régie où officie le réalisateur, Jean-Marc Lardy est concentré. L'ingénieur du son mixe en temps réel l'émission : à lui de faire en sorte que le son qui passera à l'antenne soit le meilleur possible. "Tout doit être parfait du premier coup", avoue Jean-Marc. En amont, durant les répétitions, son équipe de sept techniciens a installé tout le matériel et vérifié son fonctionnement. Micros sur les plateaux, micros-cravates pour les invités... "S'il y a le moindre souci, c'est moi qu'on vient voir. Je dois être capable de fournir une explication et une solution en quelques minutes", concède le professionnel.Un tonnerre d'applaudissements retentit. La voix de Jérémy Michalak est couverte par le bruit. L'enregistrement débute. L'émission n'est pas diffusée en direct, mais elle sera très peu retouchée. Les techniciens n'ont pas le droit à l'erreur.

17h00

La première émission se termine. Quelques minutes de pause font redescendre la pression. Trousse à la main, Pascale, la maquilleuse, court sur le plateau pour faire un raccord maquillage. "Il faut savoir s'adapter, dit-elle. S'adapter aux personnes que l'on rencontre, mais aussi aux contraintes techniques. Selon les éclairages, notre façon de maquiller ne sera pas la même." Trois coups de pinceaux plus tard, toute la technique évacue le plateau. Il faut reprendre le tournage. Pas de temps à perdre, car en télévision, le temps, c'est de l'argent.

17h30

Si les 100 techniciens présents au Moulin-Rouge sont sur le qui-vive, Antoine Herrera, lui, profite d'un petit moment de répit. Le jeune homme âgé de 29 ans est chargé de production. Employé par la société de Catherine Barma, Tout sur l'écran productions, qui produit l'émission, il coordonne le tournage et s'assure du bon déroulement de ce dernier. Contrairement à tous les autres techniciens, qui travaillent sous le statut d'intermittents du spectacle, Antoine est en CDI (contrat à durée indéter­minée).

Métiers de l'audiovisuel : dans les coulisse de
Sur le plateau, de jeunes comiques se démènent, comme Laure Duclercq qui présente
son sketch : "les Ch’tis à Mykonos". // © Jérôme Plon


"Pour concevoir l'émission, je fais appel à une quinzaine de prestataires, explique-t-il. Une société s'occupe de faire venir le public, une autre gère la lumière, une troisième filme et sonorise..." C'est d'ailleurs cette dernière, Euro Media France, qui emploie Jean-Marc, l'ingénieur du son. "À moi de faire en sorte que toutes respectent notre cahier des charges", explique le chargé de production.

19h00

Générique de fin. Au cours de cet après-midi, trois émissions ont été enregistrées. Aucun souci technique n'a perturbé le programme. Tout le monde souffle. "Dans le milieu de la télévision, vous êtes sans cesse jugé sur l'instant, note Méline Micciché-Blanc, l'assistante-réalisatrice. Vous ne pouvez pas venir un matin en disant : ‘Aujourd'hui, je vais me contenter du minimum.’ En télévision, il faut être toujours au top."

Se former à l’audiovisuel

Pour travailler dans l’audiovisuel, une solide formation technique est recommandée.

Le BTS métiers de l’audiovisuel (bac+2) répond parfaitement à ces besoins. La formation, dispensée par des établissements publics et privés propose cinq options : image, son, gestion de production, montage, techniques d’ingénierie et exploitation des équipements audiovisuels.

Plus d’une centaine d’écoles (privées pour la majorité) préparent aussi aux métiers du cinéma (réalisation, image, son, montage, scénario, effets spéciaux, etc.) Elles recrutent souvent dès le bac pour trois ou quatre ans d’études, et vous permettront de bénéficier d’un large réseau d’anciens.

Certaines telles l’ESEC, le CLCF3IS, l’ESRA, l’EICAR, l’ISCPA ou l’ARFIS sont bien connues des professionnels. Les grandes écoles telles la FEMIS  ou Louis-Lumière jouissent également d’une excellente réputation mais acceptent très peu de candidats.

Enfin, l’université propose une série de formations dédiées au secteur. Beaucoup de diplômés de BTS choisissent, par exemple, de poursuivre leurs études en licence professionnelle (bac+3). Et des masters 2 permettent de pousser jusqu’au bac+5. 

À noter que les formations universitaires ne sont pas techniques : elles offrent en revanche une excellente culture générale et audiovisuelle.

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