1. Evénementiel : 14 pros racontent leur métier

Evénementiel : 14 pros racontent leur métier

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En vacances, estival rime avec festival. Nous avons rencontré 14 professionnels travaillant à l’organisation de 4 grands événements culturels de l’été. Ils travaillent pour Paris Cinéma ou les Solidays à Paris, les Francofolies à La Rochelle, et pour les Rencontres internationales de la photographie à Arles. Dans ces témoignages, ils présentent leur métier au quotidien, racontent leurs parcours et vous donnent leurs conseils pour débuter.

Cannes, Avignon, les Vieilles charrues, les Solidays, les Francofolies… La France est une terre de festivals. On en compte près de 2.000. À travers les 14 témoignages de ce dossier, nous avons essayé de montrer la diversité des professions dans ce domaine. Celles-ci se regroupent en 4 grands domaines : les métiers du secteur administratif et financier (directeur, administrateur, comptable…), les métiers de la communication, promotion, partenariat (attaché de presse, chargé de communication, chargé des partenariats…), les métiers liés à la programmation (directeur artistique, programmateur...) et enfin les métiers liés à la production (directeur technique, régisseur, scénographe …).

L’importance du bénévolat


Bon nombre de festivals ont été créés par des bénévoles et se sont professionnalisés progressivement, au fur et à mesure de l’histoire de l’événement. Le succès aidant, une structure – souvent associative – se crée avec quelques salariés permanents. Ces petites équipes (2 permanents pour Paris Cinéma, treize pour le festival d’Arles) peuvent se démultiplier, parfois de façon impressionnante, en phase de préparation. On grimpe à 30 personnes à Paris Cinéma (dont la moitié de stagiaires) et plus de 300 pour Arles. Ce fonctionnement signifie que les CDI (contrats à durée indéterminée) restent rares et les CDD (contrats à durée déterminée) plutôt la règle. Et comme les moyens financiers sont souvent limités, le recours aux stagiaires et aux bénévoles est très fréquent. Les plus chanceux enchaînent des contrats et doivent persévérer pendant plusieurs années avant d’être titularisés. Logiquement, c’est par des stages répétés qu’on peut finir par s’insérer. Ceux-ci permettent à la fois d’accumuler une expérience et de se constituer un réseau indispensable pour faire son chemin dans le secteur.

Être polyvalent pour rebondir


Les pros de l’événementiel sont aussi souvent amenés à occuper plusieurs postes en parallèle et doivent faire preuve d’une certaine souplesse pour pouvoir rebondir d’un événement à un autre. Ainsi, Cécile Nhoybouakong, en charge de la régie copie à Paris Cinéma, fait également un peu de programmation. C’est dans ce domaine qu’elle a débuté sur le festival Premiers plans d’Angers. Delphine Lagache, des Francofolies, a également plusieurs cordes à son arc : programmation, partenariat, réception des artistes… Léo Martinez, régisseur des oeuvres en Arles, prépare sa thèse en histoire de l’art et donne des cours à la fac de Toulouse. Mieux vaut donc être polyvalent et savoir un peu tout faire (des relations publiques, de la communication, de la négociation commerciale ou de contrats…), maîtriser différents logiciels, avoir des talents relationnels et rédactionnels, parler plusieurs langues, etc. Une formation généraliste est un atout. Surtout, il faut profiter des études pour apprendre un maximum de choses. "On ne sait jamais quelles sont les compétences dont on va avoir besoin", relève Delphine Lagache, qui se félicite du caractère très généraliste de ses études de communication. "À l’époque, j’avais l’impression d’un enseignement trop éparpillé. Je me rends compte finalement que cela m’a été très utile", avoue-t-elle.

Des métiers passion… qui se professionnalisent


Côté formation, le secteur a tendance à se professionnaliser et le bac+5 devient la règle. D’autant plus que la concurrence est réelle : de nombreux jeunes diplômés de filières artistiques ou de médiation culturelle arrivent sur le marché. Travailler dans un secteur qui passionne, c’est aussi ne pas compter ses heures. En programmation, un cursus en histoire de l’art allié à une passion pour la musique, le cinéma, la photographie peut constituer une bonne base. Pour les fonctions d’administration, on conseille plutôt un diplôme d’ESC (école supérieure de commerce) ou d’IEP (institut d’études politiques). Pour la partie technique, on conseillera plutôt un BTS (brevet de technicien supérieur) métiers de l’audiovisuel options son, lumière…) ou une école spécialisée dans le spectacle (Arts Déco, ENSATT...) ou le cinéma. Dans tous les cas, on vous demandera une grande motivation, un bon esprit (il faut aimer le travail d’équipe) et une première expérience. Faites donc des stages, des stages et encore des stages… Bonne chance !


Sommaire du dossier
Alexandra Arnal, 28 ans, chargée de communication à Paris Cinéma : "C’est excitant de voir une information se propager sur la toile" Alice Martin, 30 ans, administratrice des Rencontres d’Arles : "Je suis comme un chef d’entreprise" Angèle Najjar, 32 ans, responsable du volontariat à Solidarité-Sida : "Le dynamisme des bénévoles est très stimulant" Anne Barjot, 34 ans, secrétaire générale de Paris Cinéma : "Notre communication doit s’adresser à tous les publics" Cécile Nhoybouakong, 32 ans, régisseuse des copies de Paris Cinéma : "J’aime ce métier pour son aspect concret" Delphine Lagache, 39 ans, responsable de la production artistique des Francofolies : "Le concert est la concrétisation de plusieurs mois de travail" Dimitri Larcher, 35 ans, attaché de presse de Paris-Cinéma : "Je dois donner envie aux journalistes d’écrire sur le festival" Isabelle Reveret, 34 ans, coordination artistique sur les Solidays : "Souvent sur les routes, les artistes aiment bien retrouver leur confort" Isabelle Saussol, 43 ans, responsable des actions pédagogiques aux Rencontres d’Arles : "J’aime voir les réactions des élèves" Kevin Douvillez, 32 ans, responsable de la programmation des Francofolies : "J’assiste à 3 ou 4 concerts chaque soir" Léo Martinez, 30 ans, régisseur d’œuvres aux Rencontres d’Arles : "La régie permet de voir l’envers du décor" Mariz Bessaguet, 47 ans, chargée de la communication et de la médiatisation des Francofolies : "Il faut de nouvelles idées pour surprendre les journalistes" Nathalie Gualdaroni, 29 ans, responsable des partenariats et de la promotion chez Solidarité-Sida : "L’énergie dégagée par les Solidays séduit nos partenaires" Olivier Etcheverry, scénographe des Rencontres d’Arles : "J’organise l’espace pour la satisfaction des artistes et du public"