1. Kevin Douvillez, 32 ans, responsable de la programmation des Francofolies : "J’assiste à 3 ou 4 concerts chaque soir"
Témoignage

Kevin Douvillez, 32 ans, responsable de la programmation des Francofolies : "J’assiste à 3 ou 4 concerts chaque soir"

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En vacances, estival rime avec festival. Nous avons rencontré 14 professionnels travaillant à l’organisation de 4 grands événements culturels de l’été. Ils travaillent pour Paris Cinéma ou les Solidays à Paris, les Francofolies à La Rochelle, et pour les Rencontres internationales de la photographie à Arles. Dans ces témoignages, ils présentent leur métier au quotidien, racontent leurs parcours et vous donnent leurs conseils pour débuter.

"J’ai un boulot génial mais je ne suis pas sûr de pouvoir l’exercer pendant 20 ans" convient Kevin Douvillez, en charge de la programmation artistique des Francofolies. Depuis 5 ans, ce Breton trentenaire écume toute l’année les salles de concerts pour dénicher les nouveaux talents qu’il va programmer chaque année à la Rochelle.

Hygiène de vie nécessaire


kevin douvillez francofolies programmation artistiqueUn rythme soutenu de 3 à 4 concerts par soir à Paris comme en province, 5 jours par semaine ! Autant dire qu’il faut adorer la scène et ne pas avoir de contraintes familiales, ce qui est le cas de Kevin. "Je suis un homme de la nuit mais pas un fêtard. Ce métier demande une certaine hygiène de vie, presque monacale. Sur un concert, je ne peux pas me permettre de rester boire des coups avec mes amis. J’écoute au moins 5 titres et puis je vais voir une autre scène."

De l’importance du live


Bien sûr la programmation de 120 concerts (sur 5 jours), concoctée en dialogue avec Gérard Pont, le directeur du festival, nécessite beaucoup d’heures d’écoute de CD envoyés par les managers et les maisons de production ou sur Internet. Mais pour Kevin, rien ne remplace le live. Voir l’artiste sur la scène permet de sentir une atmosphère et des détails, son look, sa façon de se présenter et de se déplacer, la scénographie, les lumières…

Des négociations parfois compliquées


Programmer c’est aussi produire des événements ou imaginer des rencontres artistiques comme par exemple réunir la Grande Sophie et un orchestre d’harmonie (une sorte de fanfare d’amateurs sans cordes) pour surprendre le public. Enfin, le travail du programmateur consiste aussi à négocier les contrats, "une étape délicate et compliquée". "D’un point de vue budgétaire le festival reste une économie précaire confrontée notamment à la concurrence des autres festivals. Il faut aussi faire face à l’augmentation du cachet des artistes de 10 à 15% par an." Pour tenir les budgets, Kevin compare cette phase de négociation comme du marchandage classique. Pour convaincre certains artistes de se déplacer, la fidélité aux Francos peut jouer, mais aussi les rencontres avec d’autres artistes… afin de leur donner envie de se produire à la Rochelle.

Etudiant en histoire de l’art


A priori rien ne destinait Kevin à cette carrière. Etudiant en maîtrise d’archéologie-histoire de l’art à la fac de Rennes, il postule pour un stage chez Morgane Productions, spécialisée dans la réalisation audiovisuelle. "Au bout d’un mois de stage, j’ai eu la chance d’être embauché comme assistant de production. C’était les années 2000 et l’explosion des chaînes câblées a entraîné un fort besoin de programmes audiovisuels." Kevin grimpe les échelons de l’entreprise rennaise qui rachète les Francofolies en 2005.

Exprimer sa sensibilité


Avec le recul, Kevin estime que sa formation universitaire, pourtant éloignée du monde de la musique et de l’audiovisuel, lui a été très utile. "Mes études m’ont appris par exemple à synthétiser un grand nombre d’informations. Comme programmateur, je dois avoir une vision globale de la musique, dresser un état des lieux des courants actuels et des nouveautés. L’histoire de l’art m’a servi aussi à exprimer ma sensibilité. Cela m’est très utile dans la relation aux artistes pour dialoguer avec eux, expliquer ce qui me plaît ou ce que je n’aime pas. J’avais un peu de mal au début à exprimer mes goûts… et puis les mots sont venus !"

Sa formation : maitrise d'archéologie et histoire de l'art (Rennes 2)
Son statut : salarié
Son salaire : 2.800 à 3.000 € net
Son conseil : assister à beaucoup de concerts, être ouvert et à l'écoute. Avoir des notions de productions ou de technique (le son, la lumière...) est également important.
Sommaire du dossier
Retour au dossier Alexandra Arnal, 28 ans, chargée de communication à Paris Cinéma : "C’est excitant de voir une information se propager sur la toile" Alice Martin, 30 ans, administratrice des Rencontres d’Arles : "Je suis comme un chef d’entreprise" Angèle Najjar, 32 ans, responsable du volontariat à Solidarité-Sida : "Le dynamisme des bénévoles est très stimulant" Anne Barjot, 34 ans, secrétaire générale de Paris Cinéma : "Notre communication doit s’adresser à tous les publics" Cécile Nhoybouakong, 32 ans, régisseuse des copies de Paris Cinéma : "J’aime ce métier pour son aspect concret" Delphine Lagache, 39 ans, responsable de la production artistique des Francofolies : "Le concert est la concrétisation de plusieurs mois de travail" Dimitri Larcher, 35 ans, attaché de presse de Paris-Cinéma : "Je dois donner envie aux journalistes d’écrire sur le festival" Isabelle Reveret, 34 ans, coordination artistique sur les Solidays : "Souvent sur les routes, les artistes aiment bien retrouver leur confort" Isabelle Saussol, 43 ans, responsable des actions pédagogiques aux Rencontres d’Arles : "J’aime voir les réactions des élèves" Kevin Douvillez, 32 ans, responsable de la programmation des Francofolies : "J’assiste à 3 ou 4 concerts chaque soir" Léo Martinez, 30 ans, régisseur d’œuvres aux Rencontres d’Arles : "La régie permet de voir l’envers du décor" Mariz Bessaguet, 47 ans, chargée de la communication et de la médiatisation des Francofolies : "Il faut de nouvelles idées pour surprendre les journalistes" Nathalie Gualdaroni, 29 ans, responsable des partenariats et de la promotion chez Solidarité-Sida : "L’énergie dégagée par les Solidays séduit nos partenaires" Olivier Etcheverry, scénographe des Rencontres d’Arles : "J’organise l’espace pour la satisfaction des artistes et du public"