Amaru, 33 ans infirmière à Médecins sans frontières

Par Emmanuel Vaillant, publié le 01 Octobre 2013
4 min

"J'ai toujours voulu exercer le métier d'infirmière", affirme Amaru, 33 ans. "J'ai aussi une passion pour les voyages et un intérêt pour l'action humanitaire, qui tiennent sans doute à mon parcours personnel", souligne cette jeune fille d'origine éthiopienne.

Son parcours

Après un bac S et un an comme jeune fille au pair en Grande-Bretagne pour maîtriser l'anglais – "indispensable dans l'humanitaire" –, Amaru a donc intégré un IFSI (institut de formation en soins infirmiers). Trois ans plus tard, elle est diplômée d'État et travaille dans une clinique parisienne dans un service de chirurgie digestive. "J'avais en tête de partir en mission humanitaire, mais je voulais d'abord apprendre mon métier dans un milieu hospitalier."

Après quatre ans d'expérience en France, Amaru adresse sa candidature à trois ONG (organisations non gouvernementales) : Action contre la faim, Médecins du monde et Médecins sans frontières. Le jour même, elle reçoit trois propositions de poste ! "J'ai choisi MSF parce que la mission correspondait bien à mon métier et au niveau de responsabilités que je recherchais", explique-t-elle.

Amaru, 33 ans infirmière à Médecins sans frontières

Avant de partir en mission humanitaire, Amaru voulait d'abord apprendre
son métier dans un milieu hospitalier. // © Photo fournie par le témoin.

Son métier

Première mission en RDC (République démocratique du Congo) en 2009, premier choc. "Au début, ce qui m'a le plus frappée, c'est l'ampleur de mes responsabilités, raconte la jeune femme. J'imaginais un travail d'infirmière en contact avec les patients et, en fait, j'avais un rôle de cadre infirmier qui supervise le travail des personnels recrutés localement pour des actions de soins primaires : vaccination, malnutrition, accouchement..."

Après sept mois passés dans des camps de réfugiés du Nord-Kivu, Amaru rentre en France. Deux mois plus tard, elle repart au Congo-Brazzaville. Cette fois, elle est responsable des activités externes, c'est-à-dire qu'elle est chargée d'apporter des soins à des populations reculées. Son mode de transport : la pirogue. "C'était un travail classique d'infirmière de terrain pendant six mois. Passionnant et épuisant", résume-t-elle.

Après un nouveau break en France, elle part trois mois en Côte d'Ivoire pour installer et gérer une pharmacie près d'une zone de conflit. "Il fallait tout construire, depuis l'évaluation des besoins en médicaments et en kits chirurgie jusqu'aux commandes et à la gestion des stocks." Quatrième mission : retour en RDC. Amaru s'occupe pendant trois mois d'une campagne de vaccination dans la région du Katanga. "C'est un travail d'organisation, de gestion des équipes et de négociation avec les autorités locales." Cinquième et dernière mission : en Éthiopie. Amaru est chargée d'établir un bilan médical des besoins de la population, qui se conclut par la fermeture d'une base MSF. Mission accomplie.

Et après...

À la suite des cinq séjours à l'étranger enchaînés en quatre ans, Amaru fait une pause. Avec un projet professionnel clair : acquérir la spécialisation d'infirmière-anesthésiste. Pour cela, elle vient d'être reçue aux épreuves de sélection et s'engage dans une formation de deux ans en alternance. Ensuite, elle compte exercer pendant au moins deux ans en hôpital, en France. Et après ? "Je repartirai sans doute en mission avec ma spécialité infirmière."

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