Métiers de la Commission européenne : des polyglottes au service de l'Europe

Par Aurore Abdoul-Maninroudine, publié le 26 Mars 2018 - Mis à jour le 27 Mars 2018
4 min

Située à Bruxelles, en Belgique, la Commission européenne fait des propositions de lois et veille au respect des traités. Elle s’appuie sur des juristes, économistes, interprètes, attachés de presse, secrétaires… issus des 28 États membres. Le temps d’une journée, l’Etudiant a rencontré ces convertis au rêve européen qui parlent en moyenne trois ou quatre langues.

L’amende de 2,42 milliards d’euros pour Google pour abus de position dominante ? C’était elle. La négociation du Brexit ? Encore elle. La proposition de réautoriser le glyphosate pour cinq ans ? Toujours elle. Acclamée ou vilipendée, la Commission européenne est au cœur de l’actualité.

Fonctionnaire européen, agent contractuel ou temporaire, il existe une grande diversité de statuts pour travailler à la Commission européenne. Toutes les procédures sont sur le site de l’Office européen de sélection du personnel (EPSO).

Fonctionnaire européen généraliste

C’est le statut le plus recherché en raison des nombreux avantages qu’il procure, notamment financiers : le salaire varie entre 2.300 € brut par mois pour un assistant débutant et 17.000 € pour un administrateur en fin de carrière, un revenu qui n’est pas soumis à l’impôt national. Autre avantage, les concours sont communs aux institutions européennes. Ainsi, une fois le concours en poche, vous aurez accès à des postes au sein de la Commission, ou du Conseil de l’Union européenne, ou du Parlement ou de la Cour de justice.

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Il existe deux concours généralistes. Le premier permet de devenir un administrateur chargé "d’élaborer les politiques". En théorie, il faut avoir au moins une licence. En pratique, les admis sont le plus souvent titulaires d’un voire de deux masters, dont l’un sur les affaires européennes. Un grand nombre d’administrateurs sont en outre passés par le Collège d'Europe, souvent surnommé Collège de Bruges, qui constitue la voie royale pour une carrière européenne. Le second concours permet de devenir assistant.

Chaque année, ils attirent des dizaines de milliers de candidats. Un premier tri entre les candidats est effectué via un QCM (questionnaire à choix multiple) de logique sur ordinateur. "Pour le réussir, il faut énormément s’entraîner, car le test est chronométré, insiste Aleksandra. Gérer la pression liée au temps est cruciale !"

Interprète permanent

Pour devenir interprète permanent dans les institutions européennes, la compétition est rude. "La plupart des interprètes ont fait de longues études", souligne Laurence. Après deux ans de classes préparatoires littéraires, elle a intégré l’ESIT (École supérieure d’interprètes et de traducteurs) de l’université la Sorbonne-Nouvelle, avant de compléter sa formation en Californie par un second master.

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"Pour être un bon interprète, la maîtrise des langues étrangères est nécessaire, mais pas suffisante. Il faut avoir un bon esprit de synthèse et une solide culture générale, savoir travailler vite et s’intéresser à tout !" Le métier est aussi ouvert aux interprètes free-lance ayant réussi un test d’accréditation interinstitutionnel.

Contractuel ou agent temporaire

Il est possible de travailler dans les institutions européennes en contrat à durée déterminée. C’est le cas de Clémence. "Les contrats des agents temporaires sont souvent utilisés pour les postes politiques comme le mien, puisque je m’occupe des relations presse d’un commissaire." Son contrat se finira à la fin du mandat de l’actuelle Commission.

Mais alors, comment s’y prendre pour décrocher un tel poste ? "Il faut avoir une stratégie car c’est la guerre, explique Clémence. Les candidatures sont tellement nombreuses qu’elles ne sont pas toutes examinées, il faut donc se faire remarquer ou être recommandé." Pour sa part, c’est grâce à la création d’un chat Twitter sur l’agriculture qu’elle a gagné son pari. Le réseau est déterminant à Bruxelles !

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