1. Métiers de la santé : les bonnes fées de l’hôpital
Reportage

Métiers de la santé : les bonnes fées de l’hôpital

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L’hôpital de Tours est une véritable ville dans la ville. Y fourmillent près de 9.000 équivalents temps plein, ce qui en fait le premier employeur de la région Centre-Val de Loire. Pendant toute une journée, l’Etudiant a suivi – au pas de course – le personnel médical et paramédical du pôle gynécologie-obstétrique-médecine fœtale-reproduction.

Les bonnes fées de l’hôpital

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  •  // © Mat Jacob pour l'Etudiant
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  •  // © Mat Jacob pour l'Etudiant
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  • Au CHU de Tours, personnels médical et paramédical travaillent ensemble pour donner naissance

    La sage-femme (personnel médical) et l’aide-soignante (personnel paramédical) travaillent ici en binôme dans le cadre d’un accouchement "classique". Elles disposent d’une trentaine de minutes pour mettre l’enfant au monde, la patiente ayant en moyenne une dizaine de contractions et trois poussées par contraction. Après trente minutes d’effort expulsif, les médecins interviennent et l’accouchement prend, comme ici, des allures de mêlée de rugby… Le personnel médical est alors en première ligne. Il fait l'essentiel du travail et prend les décisions importantes. Un peu en retrait ou sur les côtés, le personnel paramédical a pour principale mission de "servir", c’est-à-dire de présenter la Bétadine (un antiseptique) et les outils stérilisés aux médecins et aux sages-femmes. Ces outils peuvent être des ciseaux chirurgicaux, des forceps, des ventouses ou encore des spatules. Pauline (de face, au centre de l’image), 27 ans, est à la fois aide-soignante et auxiliaire de puériculture. Perchée sur un petit marchepied face au futur papa, elle coache la patiente et se tient prête à appuyer délicatement sur son ventre au cas où les épaules du bébé ne passeraient pas. À 16 h 35, tout ce petit monde se disperse. La petite Manon dort paisiblement contre sa maman.

  • Le bureau des sages-femmes, centre névralgique du service

    Il y a des signes qui ne trompent pas. Au service obstétrique, on ne parle pas de "collègues", mais de "copains copines". Pour Marlène (au centre de l’image), cette bonne ambiance, également ressentie par les patients, est "indispensable pour évacuer le stress et affronter les moments difficiles, comme les interruptions médicalisées de grossesse". La transmission a beaucoup à voir avec une course de relais, puisque les trois aides-soignantes du matin croisent leurs homologues du soir une dizaine de minutes. Cette réunion se déroule dans le centre névralgique du service, à savoir le bureau des sages-femmes. Elle permet de relayer les informations importantes concernant les patientes présentes en salle de naissance. Des informations qui ne figurent pas toujours dans le dossier médical : souhait particulier d’une patiente, relation avec le personnel soignant, etc.

  • Pauline, aide-soignante et auxiliaire de puériculture

    "Chaque couple a son histoire. Certains, par exemple, ont eu beaucoup de mal à avoir un enfant. Un lien particulier se crée entre eux 
et nous. Chaque accouchement est différent. Non, vraiment, je ne m’ennuie jamais", affirme Pauline. 
Le service obstétrique compte une salle de césarienne (semblable à un bloc opératoire), deux salles de réanimation, six chambres de prétravail (pose de la péridurale) et sept salles d’accouchement. 3.541 bébés y sont nés en 2016. Dans ce service, les aides-soignantes et les auxiliaires de puériculture réalisent les mêmes soins. Ici, Pauline aide la patiente à garder la bonne posture lors de la phase de travail de l’accouchement.

  • Marlène, aide-soignante

    Lucas a deux heures, sous le regard déjà protecteur de son père. Marlène, 23 ans, aide-soignante lui administre de la vitamine D et une très petite dose de paracétamol afin de mettre fin à ses maux de tête. Après l’accouchement, elle pèse le bébé, prend ses mesures (taille et périmètre crânien), contrôle sa température, le nourrit, lui nettoie les yeux et le cordon. Le tout est soigneusement inscrit sur une feuille de "surveillance du nouveau-né", qui sera consultable par les aides-soignants en suite de couches. À l’hôpital, les reconversions ne sont pas rares. Avant de réussir le concours d’aide-soignante, Marlène était agent des services hospitaliers, en charge de l’entretien des locaux et de la distribution des repas.

  • Simon, auxiliaire de puériculture

    Simon, 35 ans, est le seul homme auxiliaire de puériculture de toute la maternité, et il s’y est "toujours senti à [sa] place". Au sein du service obstétrique-suite de couches pathologiques, il accompagne, dans les premiers jours de vie du bébé, les mères qui ont accouché par césarienne. Son credo : "Autant que possible, faire faire plutôt que faire." Il conseille et assiste les patientes au moment notamment de changer, nourrir et laver le nouveau-né. Une mission qui demande patience et pédagogie. Simon entame sa deuxième vie professionnelle après avoir été pâtissier pendant dix ans. Il se plaît à dire qu’il a, jusqu’à maintenant, "toujours travaillé pour les enfants".

  • Charline, technicienne de laboratoire

    Dans le cadre d’une FIV, chaque embryon est le résultat de plusieurs mois d’examens et de traitements. Pour les patients qui ne parviennent pas à procréer (et qui, aujourd’hui, attendent et espèrent de l’autre côté de la cloison), cet organisme invisible à l’œil nu et extrêmement fragile a une valeur inestimable. L’enjeu est donc énorme pour Charline, l’une des trois techniciens de laboratoire du service. Elle est, ici, hyperconcentrée pour la phase délicate de manipulation. 

    Après avoir placé sous une hotte la boîte de culture contenant les embryons du couple jusqu’à présent infertile, la jeune femme de 35 ans règle sa loupe binoculaire puis prélève méticuleusement "deux des plus beaux embryons" à l’aide d’une paille, appelée cathéter. Le tout est ensuite soigneusement glissé dans un fourreau de protection et remis au médecin (en arrière-plan), qui transfère aussitôt les embryons dans l’utérus de la patiente. Verdict – enceinte ou non – dans une semaine. "Il n’est pas rare que mes patientes me présentent leur bébé. Je me dis alors : toi, je t’ai vu sous ma loupe il y a neuf mois", raconte Charline. Elle fait ce métier pour ces moments particulièrement gratifiants.

  • La technicienne de laboratoire doit aussi savoir répondre aux questions des patients et, parfois, à leurs inquiétudes

    Injection intracytoplasmique de spermatozoïde (ICSI). Pour beaucoup d’entre nous, c’est du chinois. Au service médecine et biologie de la reproduction, les techniciens de laboratoire prennent donc systématiquement le temps d’aller à la rencontre des couples stériles, afin de répondre à leurs questions concernant les différentes techniques de FIV (fécondation in vitro). Les faire-part envoyés neuf mois plus tard sont de précieux souvenirs mis sous verre et affichés dans les couloirs. Comme pour rappeler que les miracles se produisent uniquement quand on y croit.

  • Aurore (à gauche), et Odeline (à droite), respectivement infirmière et aide-soignante

    Coup d’œil sur le planning des consultations du jour. Aurore (à gauche), 30 ans, et Odeline (à droite), 27 ans, respectivement infirmière et aide-soignante, travaillent en binôme au service orthogénie. Outre pratiquer les soins techniques, elles sont souvent amenées à conseiller et informer les patientes sur les différents moyens de contraception et les IVG (interruptions volontaires de grossesse). Ce service prend parfois en charge des patientes désemparées en situation précaire. Quelles que soient les circonstances, Aurore et Odeline appliquent scrupuleusement la règle qu’elles se sont fixée, à savoir : "Ne jamais juger, toujours accompagner. " 

  • Aurore, concentrée, effectue une prise de sang

    Leur parcours, leur personnalité et même les raisons qui les ont poussées à travailler à l’hôpital sont très différents. Mais Aurore et Odeline se coordonnent et se complètent à merveille. Ici, on s’entend même pour dire qu’elles forment un sacré tandem. Une femme sujette au diabète de grossesse se présente pour un contrôle de glycémie prescrit par un médecin du service. Aurore l’installe dans le bureau des infirmières, vérifie son identité, s’assure qu’elle est bien à jeun et repère la veine pour effectuer la prise de sang.

  • Odeline s'assure au quotidien du confort des patients

    Pendant ce temps, Odeline dilue 75 grammes de sucre dans une petite quantité d’eau. Les soignantes se montrent particulièrement bienveillantes et rassurantes. Deux prises de sang sont nécessaires, et la future maman a une peur bleue des aiguilles. Les tubes seront ensuite analysés au laboratoire, qui transmettra les résultats au médecin.

  • Alizée, infirmière

    Alizée, 23 ans, consulte l’ordinateur sur lequel figure le dossier médical de chaque patiente, ainsi que le "plan de soins" : médicaments et soins prescrits un peu plus tôt par le médecin. Au service gynécologie, chaque infirmière prend en charge une dizaine de patientes. Ce matin, elle doit d’abord retirer une pompe à morphine et une sonde vésicale, avant d’injecter un anticoagulant à une patiente. Refaire un pansement, surveiller la tension et la température, poser des bas de contention : les soins techniques vont s’enchaîner toute la matinée. 

    Le service gynécologie s’occupe des pathologies lourdes, comme des cancers du sein ou de l’utérus. Alizée prendra donc le temps de s’enquérir du moral des patientes, de leur appétit, de leurs douleurs, de leur situation familiale et professionnelle. Au besoin, elle fera appel au psychologue, au diététicien, au kinésithérapeute ou à l’assistante sociale. Le rythme de travail est très soutenu et les moments de décompression sont rares. "Certains jours, comme aujourd’hui, je n’ai même pas le temps d’aller aux toilettes ou de prendre une pause déjeuner. Mais je n’ai pas choisi ce métier pour rester assise", confie Alizée. Elle commence au plus tôt à 6 h 35, et termine au plus tard à 21 h 20.

  • Olivier, technicien de laboratoire

    Olivier, qui est technicien de laboratoire, manipule des gamètes mâles et femelles sous l’œil attentif de deux stagiaires, une interne en biologie médicale et une étudiante sage-femme. Pas moins de 2.000 stagiaires ont été accueillis au CHU en 2016. L’hôpital compte une dizaine d’écoles et d’instituts, dont un IFSI (institut de formation en soins infirmiers), un institut de formation d’aides-soignants et un institut de formation de techniciens en analyses biomédicales. À l’hôpital, on prend en charge les malades, et on forme les professionnels qui soigneront les futurs patients.

350.000 : c’est le nombre, considérable, d’emplois d’aide à domicile, d’aide-soignant et d’infirmier qui seront créés d’ici à 2022, selon un rapport du ministère du Travail.

Infirmier(ère)

Quelle est la qualité indispensable pour exercer le métier d’infirmier(ère) ? Alizée, infirmière au service gynécologie du CHU de Tours, répond sans hésiter : "La résistance physique et psychologique". Les moments de rush et les émotions fortes font partie du quotidien des infirmiers. Parmi les qualités nécessaires, citons aussi le sens du relationnel et le goût pour le travail d’équipe. L’infirmier peut aussi exercer en libéral, dans un centre de santé, une école…

Chacun des quelque 330 IFSI (instituts de formation en soins infirmiers) de France organise son propre concours d’entrée. Selon une étude de la DREES (Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques), en 2014, les étudiants en première année de formation étaient majoritairement titulaires d’un bac S (33 %) ou d’un bac ST2S (26 %). Cette même année, un tiers des nouveaux entrants étaient issus d’une formation préparatoire. Les jeunes diplômés peuvent exercer après trois ans de formation et l’obtention du diplôme d’État d’infirmier (grade licence).

Aide-soignant(e)

"Mon parcours est, comment dire, un peu particulier !" Odeline, aide-soignante au CHU de Tours, a obtenu le diplôme d’aide-soignant par équivalence après avoir validé une première année en école d’infirmiers. Le cursus classique, d’une durée de dix mois, alterne cours pratiques et périodes de stage. Il est ouvert à tous les étudiants d’au moins 17 ans, sans condition de diplôme et sans quota d’entrée (ou numerus clausus). La passerelle entre les études d’infirmier et celles d’aide-soignant n’est pas à sens unique, puisque ces derniers peuvent se présenter au concours des IFSI après trois ans d’exercice.

Lire aussi : Êtes-vous fait(e) pour être puéricultrice(teur) ?

Le diplôme d’aide-soignant vaut promesse d’embauche. Selon la DREES, entre 80 et 85 % des jeunes diplômés trouvent leur premier emploi en seulement moins d’un mois. Comme le révèle, cette même étude, la majorité des aides-soignants (72 %) travaillent en milieu hospitalier, où ils représentent le gros des troupes avec les infirmiers.

Technicien(ne) de laboratoire

Contrairement aux métiers d’aide-soignant et d’infirmier, il n’y a pas de voie royale pour devenir technicien(ne) de laboratoire (ou technicien d’analyses en biologie médicale). Plusieurs possibilités s’offrent à vous, comme le diplôme d’État de technicien de laboratoire médical. Ce diplôme délivré dans une petite poignée d’instituts sanctionne trois années de formation postbac. Autres possibilités : un BTS (brevet de technicien supérieur) analyses de biologie médicale, ou un DUT (diplôme universitaire de technologie) génie biologique option analyses biologiques et biochimiques. Sans surprise, ces formations accueillent surtout des bacheliers scientifiques et STL (sciences et technologies de laboratoire).

Une fois diplômé, vous pourrez exercer dans différents types de laboratoires (privé en ville, pharmaceutique, agroalimentaire, médical). Charline, quant à elle, a fait le choix de l’hôpital pour "être au contact direct des patients". Une exigence commune aux professionnels du secteur paramédical.