1. Guillaume, 26 ans, agriculteur : “Ce que j’aime dans mon métier ? La liberté !”

Guillaume, 26 ans, agriculteur : “Ce que j’aime dans mon métier ? La liberté !”

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Envie de travailler au grand air, au contact de la nature et des animaux et d'avoir l'espoir de devenir rapidement votre propre patron ? L'agriculture propose aujourd'hui un large éventail de professions à même de répondre à vos aspirations, sous réserve d'être diplômé et motivé. Rencontre avec des jeunes pros qui ont choisi cette voie malgré les réticences de leurs parents et qui ne le regrettent pas.

Installé depuis 3 ans aux Chéris, dans la Manche, Guillaume est à 26 ans à la tête de sa propre exploitation, où il doit s'occuper de 50 bêtes au quotidien.

Son parcours
“J’ai toujours su que je voulais être agriculteur, mais mes parents n’étaient pas pour, ils pensaient que ce n’était pas assez bien pour moi. Pourtant, ils sont enfants d’agriculteur… Ils me voyaient plutôt dans la mécanique agricole. Pour leur faire plaisir, j’ai donc préparé un bac technologique STAE [devenu l’actuel bac technologique agronomie - alimentation - environnement et territoires, NDLR], plutôt qu’un bac pro, et ensuite j’ai commencé un BTSA ACSE (analyse et conduite de systèmes d'exploitation) – que je n’ai pas terminé parce que je n’en avais pas besoin pour monter mon entreprise.

Guiiallaume, exploitant agricole aux Chéris (50) - 2012

Je voulais m’installer vite, et une belle occasion s’est présentée avec une connaissance de mon père qui cherchait quelqu’un pour reprendre sa ferme. Le prix était correct (350.000 €), c’était une exploitation de 50 vaches laitières qui tournait : je me suis lancé, à 23 ans… Je n’ai pas eu trop de mal à convaincre les banques de me suivre, j’ai même pu choisir celle qui me proposait le taux le plus intéressant.”
 
Son métier
“La production de lait représente 80 % de mon chiffre d’affaires. Je fais aussi un peu de céréales, notamment pour nourrir mes bêtes, et de la viande, ce qui assure les 20 % restants. Mes journées sont bien remplies, car je dois m’occuper de mes 50 vaches tout seul. Je commence mes journées vers 7 heures du matin, et j’essaie d’être à la maison avant 20 heures. Tous les soirs à la maison, je passe en plus environ une heure sur la gestion de mon exploitation. Ma femme, qui est comptable, m’aide pour la saisie trimestrielle des comptes.”
 
Ce qu’il aime
“La liberté ! Je fais ce que je veux, je n’ai pas de patron. J’aime la vie au plein air, le contact avec les bêtes. Au début j’avais un peu peur de me sentir seul, mais en fait, je ne le suis pas du tout : entre l’inséminateur, le contrôleur laitier, le pédicure pour les vaches, les voisins, les autres exploitants, beaucoup de monde passe ici”.

Exploitation agricole aux Chéris (50) - 2012Guillaume dans son explotation agricole aux Chéris (50) - 2012
 
Ce qu’il aime moins
“Il n’est pas toujours facile d’accepter que nous ne sommes pas maîtres des débouchés de nos produits. Le prix du lait est fixé tous les 3 mois et on ne peut rien y faire. C’est un peu différent avec les céréales, puisqu’on peut les stocker plus longtemps. On peut choisir de les vendre quand les cours nous sont plus favorables. Tous les jours, je reçois un texto avec le cours du blé, justement pour choisir le bon moment. Je n’ai pas beaucoup de vacances, une semaine par an au plus, mais ça me va”. 
 
Son conseil
“C’est un métier qui n’est pas fait pour les personnes qui ne sont pas réalistes. Il faut bien prendre le temps d’évaluer le rendement à venir de sa future exploitation avant de se lancer : chaque mois, j’ai quand même 2.500 € de prêt à rembourser. Mais ça va : je me paie environ 1.000 € net, et je mets aussi de côté pour me faire une trésorerie en cas de coup dur et pour des développements futurs”.
 
Propos recueillis par Sandrine Chesnel
Juin 201
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Sommaire du dossier
Retour au dossier Guillaume, 26 ans, agriculteur : “Ce que j’aime dans mon métier ? La liberté !” Chloé, 25 ans, cavalière d’entraînement : “C’est un métier de passion, mais très physique” Cédric, 27 ans, conseiller en gestion agricole : “60 % de mon temps derrière l'ordinateur, 40 % chez les exploitants”