1. Aurélie, caviste : "Je voulais dépoussiérer l’aspect vieillot du vin"

Aurélie, caviste : "Je voulais dépoussiérer l’aspect vieillot du vin"

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Travailler sur un produit noble et dans un univers de passionnés : voilà ce qui vous attend si vous vous tournez vers les métiers du vin. Dans ce secteur, il y a bien sûr les producteurs et viticulteurs, mais de nombreuses opportunités sont aujourd'hui offertes sur des fonctions commerciales et de marketing. Des missions qui se professionnalisent depuis quelques années, avec des formations, elles aussi, de plus en plus pointues.

C’est une petite boutique au cœur du vieux Lille. Lumières et néons roses, bouteilles design exposées en vitrine comme des vêtements de mode : bienvenue chez "Un vin, une fille". A l’intérieur, Aurélie Fougère, 28 ans, est aux commandes.

Lorsqu’elle a lancé son magasin en novembre 2010, elle était diplômée depuis deux ans de l’EM Normandie. Elle y avait suivi une spécialisation en création d’entreprises : de quoi lui donner des bases pour établir un budget, trouver des financements et défendre un business plan. Son objectif était clair : "Dépoussiérer l’aspect vieillot du vin", avec une boutique "qui s’adresse avant tout aux filles, mais pas seulement". La jeune femme propose une gamme restreinte, à tous les prix. "Ce qui m’intéresse, ce n’est pas seulement le vin en lui-même : c’est aussi l’esthétique de la bouteille et de l’étiquette, le message."
 
 
 
Une boutique "girly"
Pour développer sa touche "girly", Aurélie organise dans sa boutique des rencontres ou vernissages avec des photographes, des dessinatrices, des créatrices de bijoux, des peintres…qu’elle expose ensuite dans ses murs. Elle vend aussi des paniers cadeaux pour des entreprises, et quelques produits d’épicerie fine.

Pour assoir sa légitimité, cette passionnée a suivi, avant de lancer sa boutique, une formation diplômante à l’école du vin de Paris. Elle a ainsi décroché le WSET, un diplôme qui sanctionne une semaine de cours d’œnologie, de viticulture, connaissances des vignobles….

"J’adore le milieu du vin, les relations avec les producteurs. Ce secteur me passionne depuis longtemps. Je viens de Bretagne, mais j’ai une partie de ma famille dans le Sud-ouest".

Mais au-delà du secteur du vin, ce qui plait à Aurélie c’est d’être son propre patron. "A ma sortie de l’EM Normandie, j’ai travaillé 2 ans comme salariée dans la grande distribution à Lille. Aujourd’hui, j’apprécie d’avoir toutes les clés en main, c’est une très grande liberté", raconte-t-elle.

 
Un business pas très lucratif… pour le moment
Seul bémol à cette aventure : sa boutique n’est pas encore rentable. Aurélie a investi 5.000 € de ses économies pour le lancement, a bénéficié de plusieurs prêts et aides au démarrage… Mais pour le moment, l’argent ne coule pas à flot.

Elle a vécu pendant plusieurs mois avec ses allocations chômage, et touche aujourd’hui… le RSA. "J’habite avec mon copain, donc je m’en sors. Mais cette situation est provisoire. Je devrais commencer à me payer d’ici peu !"
 
Jessica Gourdon
Juin 2012

Zoom sur les formations

Dominante gestion/commerce
- Master pro "commercialisation internationale des vins" à l’université d’Avignon
- Master pro "management commercial du vin et des spiritueux", à l’IAE de Bordeaux 4
- Master pro "commerce des vins", à Montpellier 1
- Mastère spécialisé "commerce international des vins", à l’ESC Dijon (enseignements à Paris ou à Dijon, possibilité alternance)
- Mastère spécialisé "management des vins et des spiritueux", BEM (en alternance)
- Bachelors et masters du Bordeaux International Wine Institute – Inseec

Dominante droit
- Master droit de la vigne et du vin, à Bordeaux 4
- Master "droit du vin et des spiritueux", à l’université de Reims

Dominante sciences, géologie
- La licence 3 "sciences de la vigne" à l’université de Bourgogne
- Master pro "vignes, vin, terroir" à l’université de Bourgogne
- La licence 3 biologie option "vin" à l’université de Reims
- Master "vins et champagne : agro-ressources et environnement"

Oenologie
Le diplôme national d’œnologie (DNO) est délivré par les universités de Dijon, Reims, Bordeaux 2, Toulouse 3, Montpellier Sup Agro. Entrée à bac+3, après une formation de type licence en sciences. Deux années d’études.
 

Sommaire du dossier
Retour au dossier Aurélie, caviste : "Je voulais dépoussiérer l’aspect vieillot du vin" Matthieu, chargé de communication pour une marque de Champagne : "Ce que j’aime, c’est la diversité de mes missions" Julien, juriste responsable de l’AOC du Cognac : "Je traque les contrefaçons" Angélique, commerciale en viticulture : "Je dois connaître les besoins des viticulteurs"