1. Métiers du festival : Hellfest, au paradis des metalleux
Reportage

Métiers du festival : Hellfest, au paradis des metalleux

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Chaque mois de juin, depuis quinze ans, la commune de Clisson, située entre Nantes et Cholet, en Loire-Atlantique, voit sa population exploser : 60.000 fans de metal et de hard-rock s’y installent le temps d’un week-end. La raison : le Hellfest. Rencontre avec les professionnels et bénévoles qui font vivre l'un des plus importants festivals de France.

Hellfest, un festival d'enfer

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  •  // © Léonor Ananké pour l'Etudiant
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  • Plus de 1.000 salariés et 3.500 bénévoles pendant 3 jours

    Le Hellfest est un moment festif, rythmé par des concerts sur huit scènes, se déroulant de 10 h 30 à 2 h du matin pendant trois jours. Plus de 70 nationalités sont présentes. Un véritable marathon multiculturel. À Clisson, plus de 160 groupes se produisent : une année de travail et une organisation au millimètre près sont nécessaires. Les quelque 500 techniciens recrutés pour l’occasion, les 500 agents de sécurité et les 3.500 bénévoles, en plus des 13 salariés à l’année, s’activent en coulisses, afin d’offrir un week-end inoubliable aux festivaliers. Chiffre insolite de l’édition 2017 : 350.000 litres de bière, soit 1,4 million de demis, ont été vendus durant ces trois journées de musique. Un véritable record !

  • Les groupes : sans eux, pas de show !

    Vendredi, 14 h 30. Sous l’Altar, la scène couverte, dédiée aux musiques extrêmes, les Californiens d’Exhumed, groupe fondé en 1991, font le show. Le chanteur, armé de sa (fausse) tronçonneuse, harangue le public, tandis que les vigiles restent attentifs aux mouvements de la foule dans la fosse.

  • Le technicien son : un acteur indispensable

    Marc, 24 ans, est technicien son sur la petite scène réservée : la "Hellfest Cult ", le fan club payant du festival. Sa mission : il aide les groupes à s’installer, procède à la sonorisation de la salle en réglant le son et en veillant à ce qu’il reste impeccable durant tout le concert. Marc a effectué deux années de licence en arts du spectacle, avec l’idée de travailler rapidement. Il a néanmoins suivi une formation pratique de technicien du spectacle, option son. Au début de sa carrière, il était simple intérimaire pour le fan club du Hellfest, il a gravi les échelons, petit à petit, et s’occupe désormais de la régie depuis deux ans. Pendant le festival, les journées sont intenses ! Ce métier demande d’être réactif face aux soucis techniques, notamment aux problèmes de micro

  • Le directeur de production et régisseur : une présence permanente

    Pierre-Marie (à droite), mieux connu sous le nom de Twiggy, a 31 ans. Il est directeur de production et régisseur des "Mainstages", les deux scènes principales accueillant les têtes d’affiche du festival, telles que Deep Purple, Aerosmith ou Linkin Park. Diplômé d’un BTS (brevet de technicien supérieur) audiovisuel, qu’il obtient alors qu’il travaille déjà dans le milieu en tant que bénévole, ce Nantais est aujourd’hui intermittent et part régulièrement en tournée avec des groupes. Au Hellfest, il est responsable de l’accueil des groupes qui jouent sur ses deux scènes, des loges, des échanges, des transferts, mais aussi de tout l’aspect logistique : du montage avant l’événement jusqu’au démontage. Pendant le festival, il travaille non-stop, du jeudi jusqu’au lundi.

  • Le community manager : partager concerts et coulisses en live

    Pendant le festival, Eric, 28 ans, filme et met en ligne les live sur les réseaux sociaux du Hellfest, (390.000 fans sur Facebook et 52.000 abonnés sur Twitter). Le reste de l’année, il est responsable de la communication et de la billetterie à l’Astrolabe, une salle de concerts orléanaise. Diplômé d’un master en communication à l’université de Bordeaux, Éric est entré dans l’équipe à la suite d’un stage, réalisé lors de son cursus. Sa journée type : il se lève très tôt pour faire le point sur les commentaires reçus sur Internet, fait un rapport au responsable de la communication et à la direction du festival, se balade sur le site et filme avec son portable, armé d’un "steady cam", aussi bien du côté des concerts qu’en termes d’ambiance.

  • L’assistante du responsable de la communication : la gestion du fan club

    Durant cette édition 2017, Anna, 25 ans, a assisté le responsable de la communication du festival. 
Cette mission correspond à son stage de fin d’études de master direction de projets ou établissements culturels, effectué à l’université de La Rochelle. Elle s’occupe notamment de l’espace réservé
 au "Cult", le fan club du festival, où elle gère 
l’arrivée des artistes, les fiches techniques ainsi que les plannings des bénévoles et des intervenants.

  • L’équipe de restauration : des journées à rallonge

    Après un master en communication, Eva, 28 ans, a abandonné sa carrière commerciale. Depuis trois ans, cette fan de musique est patronne de sa société, spécialisée dans la restauration en festival. Eva et ses huit salariés se lèvent à 5 h pour recevoir les livraisons, ouvrent le stand à 9 h 30, attendent les clients dès 10 h 30, et les servent jusqu’à la fermeture du site à 1 h 30 du matin. "Puis, il faut encore tout nettoyer pour que le stand soit propre pour le lendemain", précise Eva. Mais ces efforts valent la peine : le Hellfest est le moment le plus important de l’été pour sa société.

  • L’assistant du directeur technique : coordination et respect des plannings

    Surprise pour la presse et les invités : le coin VIP s’est totalement transformé cette année. L’un des instigateurs de ces nouveaux lieux, au cœur desquels se trouvent désormais un bassin et des éléments de décor, c’est Valentin (à droite), 30 ans, assistant du directeur technique. Diplômé d’un bac+3 en communication et publicité, 
il travaille au Hellfest depuis 2015. Il fait partie de l’équipe nommée Urbano, disponible à tout moment pour venir en aide aux autres équipes, notamment sur des problèmes techniques. Parmi ses missions : l’installation des passages de câbles et de plus d’un kilomètre de barrières de sécurité séparant le public de la scène. Les années précédentes, Valentin se trouvait du côté de l’exécution. Désormais, il coordonne une équipe et la manage, en respectant les plannings. "Et en faisant attention à tout".

  • Les administratifs : billetterie et comptabilité indispensables au bon déroulement

    Durant le week-end, les équipes du Hellfest se procurent pas moins de 40 quads, pour sillonner les allées attenantes au site sans encombre. Depuis son BTS (brevet de technicien supérieur) de communication, réalisé en alternance avec le festival, Florent, 23 ans, est à la fois en charge de la billetterie, du paiement "cashless" pour les festivaliers [dématérialisé, sous forme de carte à charger], mais aussi des bénévoles. Son rôle : trouver rapidement une solution en cas de problèmes, notamment techniques.

    Derrière lui, sur le quad, Joy est la comptable du Hellfest depuis fin 2013. Âgée de 27 ans, elle gère les 18 millions d’euros de chiffre d’affaires annuel du festival.

    Son conseil pour faire ce métier : "devenir bénévole et se constituer un bon réseau".

  • Le service d’ordre : attentif et omniprésent

    Dimanche soir, sous la Valley, l’une des scènes couvertes du festival. Alors que le groupe américain Clutch joue sur scène, les vigiles gardent un œil sur les mouvements de foule, alors que les photographes s’affairent. Le "pit photo", correspondant à l’espace entre la barrière de sécurité et la scène, est ouverte aux 400 photographes accrédités par le festival durant un laps de temps court – une à trois chansons –, au début du concert. Lorsqu’ils sont là, les vigiles doivent être particulièrement attentifs aux "slammers", qui se laissent porter dans les airs par le public.

Dans un festival, des professionnels de tous horizons se côtoient, de l’administratif à la technique, en passant par le management. Mais ils ont tous un point commun : leur passion.

Administration et communication

L’équipe d’un festival n’est pas seulement constituée de profils dits culturels, elle est aussi composée de personnels administratifs, comme dans toute association ou entreprise. C’est le cas du comptable, métier accessible via un BTS ou un DUT (diplôme universitaire de technologie) comptabilité et gestion, voire d’une licence professionnelle. Certaines écoles de commerce proposent également des formations de ce type.

La communication est tout aussi importante dans l’organisation d’un festival. Le métier d’attaché de presse ou de community manager est ainsi une possibilité, avec un panel de formations allant du BTS communication jusqu’au master information communication. Le master Magistère du CELSA, par exemple, offre un programme de formation plus axé sur la culture. Des écoles de communication, souvent privées, dispensent également des cursus de ce type.

Management culturel

Avant le jour J du lancement du festival, beaucoup de choses sont à caler en amont : un festival ou un événement culturel ne se construit pas en un jour. C’est le travail du responsable de projets culturels, accessible via une licence professionnelle, communication et valorisation de la création artistique, ou gestion de projets et structures artistiques et culturels, par exemple.

Il est possible d’aller jusqu’au bac+5 à l’université, en choisissant un master culture et communication ou encore un master management de la culture. Aix-Marseille université propose ainsi un master droit et management de la culture et des médias, spécialité management des organisations et manifestations culturelles. De son côté, l’université Sorbonne-Nouvelle Paris 3 dispose d’un master conception et direction de projets culturels. Dans le privé, de nombreuses formations existent, notamment des Bachelors en événementiel. Attention à bien vous renseigner sur la reconnaissance par l’État de ces formations, souvent onéreuses.

Technique et logistique

Sans ces travailleurs de l’ombre, pas de festival ! Dans la musique, l’un des métiers indispensables est le technicien son, spécialisé dans la sonorisation de l’événement. Plusieurs cursus sont possibles : en deux ans, en effectuant un BTS (brevet de technicien supérieur) audiovisuel, option métiers du son, ou un DMA (diplôme des métiers d’art) régie de spectacle option son. Il existe également des licences professionnelles à l’université, des Bachelors dans des établissements privés à niveau bac+3. Et pour ceux qui souhaitent aller plus loin, il y a l’École nationale supérieure des arts et techniques du théâtre de Lyon ou la Femis, à Paris, diplômant à bac+5.

Mêmes types de formation pour devenir régisseur : un BTS métiers de l’audiovisuel, mais cette fois avec une option gestion de production, peut être une bonne base, tout comme un DMA régie de spectacle, complété par une licence professionnelle. Autre formation possible pour travailler en coulisses : un bac professionnel technicien des métiers du spectacle, souvent disponible en apprentissage.