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Kamini - Le sex-symbol de Marly-Gomont

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Un clip lâché sur la toile. Un buzz énorme. Un tube qui déchire les charts ! Voilà l’histoire du black de Marly-Gomont, Kamini, dont l’album vient de sortir.

Je suis un véritable extra-terrestre. Je n’ai pas vécu dans les cités. Je ne fais partie d’aucun clan », raconte Kamini, la nouvelle icône du hip-hop made in France. Loin des codes traditionnels du rap, il se marre en racontant son passage sur Skyrock. Il a scotché l’animateur en zappant les dédicaces, pourtant l’exercice obligé de tous les rappeurs. « C’est normal, j’ai tout fait seul dans mon coin, à la campagne. » En quelques mois, cet artiste champêtre a littéralement explosé en écoulant plus de 500 000 copies de son titre délirant « Marly-Gomont », au mépris des fondamentaux du marketing. Il remet ça avec un album composé de douze titres de la même veine. Entre rires et larmes, entre bouffonneries et messages plus sérieux, ce black de 27 ans a littéralement inventé un style unique et un flow totalement décapant.

Infirmier psychiatrique
En Picardie, rien ne prédestinait ce fils de médecin, titulaire d’un diplôme d’infirmier, à devenir la révélation rap de l’année. « À 25 ans, avec mon diplôme en poche, je m’étais fixé comme objectif de réussir dans la musique en deux ans ou bien, en cas d’échec, de suivre des études de médecine pour reprendre le cabinet de mon père », se rappelle Kamini. C’est donc dans un hôpital psychiatrique qu’il commence à bosser pour gagner sa vie, tout en concoctant ses morceaux à la production si surprenante. Une expérience de « fou » qui va le marquer, puisque quatre titres de son dernier album seront consacrés à cet univers de dingues.
Septembre 2006, loin de tout, il compte sur la Toile pour diffuser ses titres. À ce jeu, son clip déjanté, conçu avec les moyens du bord et qui raconte l’histoire d’un black dans le bled paumé de Picardie, fait rapidement le tour des forums. Les patrons de maisons de disques flairent le bon coup et le contactent illico presto pour lui faire signer son premier contrat. « Il a fallu garder la tête froide. J’ai rencontré tous les boss des labels. C’était un peu surréaliste, je n’y croyais pas au début. » Et d’ajouter : « Je pense que l’éducation que m’ont donnée mes parents a été essentielle. Je suis resté moi-même, je n’ai pas lâché prise. Je crois d’ailleurs que mon père est assez fier de me voir garder les pieds sur terre. »

Un nouveau MC Solaar
Son air loufoque ? « Faut pas exagérer. J’ai une écriture spontanée : c’est ça mon secret. Et puis travailler dans un hôpital psychiatrique, ça rend un peu cinglé ! Même quand j’étais avec des cas désespérés ou des fous furieux, j’essayais d’avoir un peu d’humour. » De l’humour et du sang froid, il fallait en avoir à Marly-Gomont où l’intégration s’est certes bien déroulée
grâce à son père médecin, mais où les surnoms du genre « Blanche Neige » ont fusé dans la cour du lycée. « Je me suis toujours dit que ce n’était pas grave. Je ne me suis jamais battu à cause de cela. Mon frère, lui, était beaucoup plus irritable que moi ! »
En conversant avec Kamini, on imaginerait bien le nouveau MC Solaar, entre humour et dérision, avec une certaine élégance. « ça me flatte quand on me compare à lui. Je l’apprécie énormément. » Et même si son style est beaucoup moins sophistiqué que celui de Claude M’Barali, il impose aussi une nouvelle forme de rap, instantanée, surjouée et complètement décalée.
Au fond, il suffit pour s’en convaincre de le voir avec sa coiffure en pétard, du style « j’ai mis les doigts dans la prise d’électricité » ! Ça pourrait permettre de comprendre la genèse du nouveau courant alternatif que Kamini vient de lancer sans s’en rendre vraiment compte.
Bref, c’est tout cela qui fait de ce célibataire un nouveau sex-symbol ! « Je crois que j’ai toujours été un sex-symbol ! Mais il faut reconnaître que le succès est un accélérateur dans le processus de séduction. »

Premier album : « Psychostar World », chez RCA.

Ses coups de cœur

- Son livre : « L’Alchimiste de Paolo Coelho. Un livre énorme sur le hasard et les coïncidences. »
- Son film : « Sans hésiter, Spider-Man 3 de Sam Raimi. J’adore les mangas et les histoires de Marvel. »
- Son disque : « Celui de Mika. Il y a vraiment des titres géniaux sur son dernier album. »
- Son plat préféré : « La côte de bœuf-frites. »
- Sa ville préférée : « Marly-Gomont, bien entendu ! »

Sommaire du dossier
Retour au dossier Sophie Marceau - Le goût des autres Alexandra Lamy - « Je voulais être gardienne de chèvres » Kamini - Le sex-symbol de Marly-Gomont Joss Stone - Authentique Manu Larcenet - « Pour combler ma solitude, je dessinais » Laurent Voulzy - En toute quiétude Judith Godrèche - Tout feu tout flamme Emmanuelle Seigner - Sur la bonne voix Catherine Frot - « Je voulais être inoubliable » Audrey Tautou - Tout entière Sanseverino - « Je me comportais comme un ado attardé » Damon Albarn and co… London calling Karin Viard - « A 20 ans, j’angoissais pour mon avenir » Marie Gillain - La douceur de vivre