1. Portraits de pros : en immersion avec la gendarmerie subaquatique
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Portraits de pros : en immersion avec la gendarmerie subaquatique

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À quoi ressemble le quotidien des brigades nautiques ? Reportage photo aux côtés des plongeurs de la gendarmerie subaquatique à Lézardrieux dans les Côtes-d'Armor.

Portraits de pros : en immersion avec la gendarmerie subaquatique

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  •  // © Eric Flogny pour l'Etudiant
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  • Jérémy Delpech, 28 ans : le métier par passion

    Petit-fils de gendarme et passionné par la plongée, Jérémy Delpech, 28 ans, a rejoint la brigade nautique de la gendarmerie par passion. Passé par l’université (licence STAPS (sciences et techniques des activités physiques et sportives) obtenue à Bordeaux (33)), il est en poste en Bretagne depuis 2009. "Ce métier me permet de rencontrer des gens d’univers très différents. Il n’y a pas de place pour la routine."

  • Évoluer dans l’eau : une seconde nature

    Dans une eau à 6 degrés, avec la pluie pour compagne, les plongeurs attendent les ordres. Ce matin, toutes les brigades nautiques côtières de Bretagne (soit 43 plongeurs) se sont données rendez-vous à Lézardrieux pour leur entraînement mensuel. Dans des conditions réelles, Jérémy (au centre) et ses collègues vont descendre sur une épave, située à 20 mètres de profondeur. Les morceaux du bateau, érodés par les éléments, sont tranchants : il faut évoluer avec précision et peser chaque geste.

  • Une préparation minutieuse

    Chaque départ est minutieusement préparé par les équipes. Marée haute ou basse, puissance des courants, tout est passé au crible avant la plongée. La cible du jour, un ancien bateau néerlandais, est située dans la baie de Lézardrieux. Le Ludwig Janssen, réquisitionné durant la Seconde Guerre mondiale, est le terrain d’entraînement des gendarmes.

  • Des conditions difficiles

    Jérémy et ses équipiers vont devoir explorer l’épave et passer au peigne fin le moindre mètre carré. La technique est bien rodée : au fond de l’eau, les gendarmes avancent en ligne, pas à pas. La plongée dure quarante minutes. À 20 mètres de profondeur, avec une visibilité ne dépassant pas quelques centimètres, il faut apprendre à communiquer au toucher et par gestes. Quant au corps, bien que protégé par une combinaison étanche, il doit s’aguerrir au froid.

  • Des enquêtes de terrain sous-marines

    À la demande des enquêteurs judiciaires, ils interviennent pour rechercher, en mer ou en eau douce, une personne disparue, ou pour récupérer un corps, un objet (une arme, par exemple). Lorsque la cible a été trouvée, la première étape consiste à "fixer" la scène : poser des balises, prendre des photos. Il faut ensuite protéger le corps et le remettre à leurs collègues chargés des investigations. Enfin, les gendarmes effectuent des prélèvements d’eau. "Nous menons une véritable enquête en milieu sous-marin", explique Jérémy.

  • Une nymphe pour protectrice

    Dans la mythologie grecque, la nymphe marine, Actée, qui a donné son nom à la vedette de la brigade, protège les équipiers. À bord, ces derniers se préparent, vérifient le matériel et échangent sur les dernières interventions. Pour être efficaces, les experts ne doivent plus penser à la plongée. "Les entraînements sont là pour nous aider à acquérir des automatismes."

  • Des "trésors" au fond de l'eau

    Il y a quelques jours, les hommes de Lézardrieux ont retrouvé au fond du port un coffre-fort. Certains objets – plus ou moins hétéroclites – remontés au fil des ans trônent dans le bureau de la brigade. À côté des activités "pêche" l’investigation représente 40 % du temps de travail de la brigade. Jérémy et ses collègues opèrent sur la zone de défense ouest, de Calais (62) à Saint-Gilles-Croix-de-Vie (85).

  • Avec 45 kilos de matériel sur le dos...

    Pour dompter l’élément aquatique, les gendarmes disposent d’un véritable arsenal. Lorsqu’ils plongent, ils ont chacun 45 kilos de matériel sur le dos : bouteilles d’air, combinaison, appareil photo numérique, détecteur de métaux, parachute pour relever les objets trouvés… Avant d’atteindre leur zone de plongée, ils peuvent parfois parcourir des kilomètres à pied avec tout leur équipement sur le dos. Une fois sur place, ils doivent parfois plonger quatre ou cinq fois. Et recommencer encore…

  • ... et toujours prêt à repartir !

    "Le plus difficile, c’est lorsqu’il faut stopper les recherches sans avoir rien trouvé", concède Emmanuel. Après le travail de terrain, il faut rentrer à la base et préparer de nouveau le matériel. Être prêt à repartir au moindre appel : telle est la règle de base du métier.

  • Savoir prendre du recul

    Entre deux entraînements, l’équipe partage un repas sur fond de blagues potaches. L’esprit de corps est indispensable : il permet de tenir le choc lorsque les missions sont éprouvantes d’un point de vue tant physique que psychologique. "Quand nous travaillons sur une disparition, nous sommes là pour retrouver les corps et pour permettre aux familles de faire leur deuil", indique Jérémy. Chacun dédramatise les situations avec plus ou moins de finesse mais, "dans ce métier, celui qui n’a pas d’humour ne tient pas longtemps !", assure-t-il.

  • Un métier exigeant

    Le métier exige une excellente condition physique. Pour supporter la rudesse du milieu aquatique, souvent hostile, il faut être passionné… et en bonne santé ! Les gendarmes doivent se soumettre tous les ans à une visite médicale, accompagnée tous les quatre ans d’un examen plus poussé. N’entre pas qui veut au sein des brigades nautiques, côtières ou fluviales, qui comptent 230 enquêteurs en France. La sélection se fait sur tests physiques (apnée, nage). Toutes les recrues suivent, durant cinq semaines, une formation intensive avant de rejoindre leur lieu d’affectation.