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Idée reçue n°4 : à l’hôpital, on vénère le chef et on se tire dans les pattes

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Grey’s Anatomy, Dr House, Urgences… Dans les séries télé américaines, les médecins traitent des cas désespérés, se disputent à longueur de journée et sont parfois très proches…. Et dans la vraie vie ? Vérification sur le terrain au service de chirurgie orthopédique de l’hôpital de Garches (92).

VRAI : on vénère le chef

Un service hospitalier, c’est une vraie pyramide hiérarchique. De bas en haut, citons les externes, les internes, les chefs de clinique assistants, les praticiens hospitaliers, les professeurs des universités – praticiens hospitaliers et le chef de service. A l’hôpital de Garches, le chef de la chirurgie orthopédique, c’est le professeur Thierry Judet. Sa présence au staff donne une dimension solennelle au rendez-vous. Quand il explique, tout le monde écoute la parole du sage. Il ne prend pas de grands airs, au contraire. Patron à l’ancienne, très paternaliste, il fait de l’hôpital de Garches ce qu’il est : un centre hospitalo-universitaire, où l’on apprend également la médecine par la pratique.

FAUX (mais…) : on se tire dans les pattes

Dans les séries américaines, les héros se disputent les cas. C’est à celui qui trouvera le diagnostic le plus rapidement ou celui qui pratiquera l’opération la plus compliquée. A l’hôpital de Garches, on nuance. "C’est sûr qu’il y a un peu de compétition. Ce matin, deux internes ont voulu assister à la prothèse totale de coude, une opération peu fréquente", raconte Philippe Piriou, PU-PH (professeur des universités – praticien hospitalier). "Ils cherchent également à opérer plus souvent avec certains chirurgiens, notamment le professeur Judet", ajoute une infirmière.

Toutefois, pas de quoi se faire des croche-pieds façon La Garce dans Dr House… "Ici, nous sommes quatre internes et il y a quatre blocs. Pas besoin de se battre pour voir et faire des choses intéressantes. La compétition, c’est plus en première année ou au moment de passer l’internat, quand tu te retrouves face à 6.000 candidats et que tu vises une spécialité", témoigne Antoine. De son côté, Sébastien, interne en 5e et dernière année explique avec humour. "On s’arrange entre nous. Sinon, c’est le plus vieux qui décide et les autres vont se faire voir". Et quand on lui demande : "c’est qui le plus vieux ?". "C’est moi", répond-il avec un sourire.
Dans ce service, cela se passe bien, mais ailleurs ?

Virginie Bertereau
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Retour au dossier Idée reçue n° 1 : c’est « NFS, chimie, iono » à longueur de journée Idée reçue n°2 : les chirurgiens passent leur vie à l’hôpital Idée reçue n°3 : tout le monde couche avec tout le monde ??? Idée reçue n°4 : à l’hôpital, on vénère le chef et on se tire dans les pattes Idée reçue n°5 : pour les médecins, les patients sont des copains ou cobayes