1. Denis Larpin, botaniste tropicaliste : "Le botaniste baigne dans un exotisme permanent"
Portrait

Denis Larpin, botaniste tropicaliste : "Le botaniste baigne dans un exotisme permanent"

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Denis Larpin, botaniste tropicaliste du Parc zoologique de Paris // Virginie Bertereau // © Virginie Bertereau
Denis Larpin, botaniste tropicaliste du Parc zoologique de Paris // Virginie Bertereau // © Virginie Bertereau

Denis Larpin, 50 ans, ne s’occupe pas des animaux au Parc zoologique de Paris, mais des plantes. Il nous raconte son parcours, de la forêt amazonienne à Paris, et son métier de botaniste tropicaliste.

Son parcours

Denis Larpin est un peu baroudeur. Après son bac, ce "passionné de la flore" a effectué des études de sciences du végétal à l’université de Bourgogne, à Dijon, puis à l’UMPC (université Pierre-et-Marie-Curie). Celles-ci l’ont mené jusqu’à sa thèse de doctorat en botanique tropicale pour laquelle il a travaillé plusieurs années sur la végétation des inselbergs (des îles-montagnes) de Guyane, en plein cœur de la forêt amazonienne.

Par la suite, Denis a saisi une opportunité très particulière. "Le responsable des serres tropicales du Muséum national d’histoire naturelle est parti à la retraite. Après avoir passé le concours à deux reprises, j’ai donc intégré l’institution en 1996. Mais beaucoup de mes collègues sont plutôt partis travailler à l’étranger. Dans ce métier, il faut être mobile."

Le botaniste s’occupe également des serres de l’Arboretum de Chèvreloup, à Rocquencourt (78). Fort de son expérience, il a été appelé à participer à la réhabilitation des serres du Jardin des Plantes, à Paris, et celle de Guyane-Madagascar au zoo de Vincennes en 2008. Selon lui, "il existe peu de filières botaniques en France. Mais comme dans le secteur de la nature, les places sont chères, cela limite la concurrence !"

Son métier

Le botaniste joue un rôle complémentaire du paysagiste, que l’on peut comparer à l’architecte du projet pour la végétation. Pour la grande serre du zoo, Denis a participé à la sélection des plantes, dans des pépinières d’Allemagne et des Pays-Bas et jusqu’en Floride, et au choix de leurs lieux de plantation. "Mon métier consiste à gérer les collections végétales tropicales, identifier, obtenir et échanger les plantes, établir le plan de plantation en lien avec les jardiniers mais aussi faire un peu d’enseignement, de recherche et d'événementiel (des expositions par exemple)…" Tout cela est complété par des missions à l'étranger, dans un cadre scientifique ou pour l'enrichissement des collections.

Depuis la fin de la rénovation du zoo, Denis y vient régulièrement pour suivre l'état des plantes, indiquer où mettre de nouvelles recrues, suivre l'étiquetage." Le monde animal et le monde végétal sont intimement liés. Tout zoo réserve une part non négligeable à la botanique, même si les visiteurs viennent surtout voir les animaux. C’est indispensable à leur bien-être. Dans ce parc, un gros travail a été en particulier fourni sur les plantes avec la grande serre."

Selon Denis, un chercheur botaniste débutant touche environ 1.500 € net. Après 20 ans de carrière, on approche les 3.000 € net. "Mais le métier permet de voyager ! Même s’il est confronté à des réalités très terre à terre (administratives, financières…), le botaniste baigne dans un exotisme permanent."

Sommaire du dossier
Retour au dossier Mathieu Thore, soigneur animalier : "Aide-soignant ou infirmier, le soigneur crée un rapport particulier avec les animaux" Denis Larpin, botaniste tropicaliste : "Le botaniste baigne dans un exotisme permanent" Élodie Rey, curateur petits mammifères : "Ce qui me plaît dans mon métier : améliorer le bien-être des animaux" Élisabeth Quertier, responsable pédagogique du zoo : "Ma mission : sensibiliser les gens" Alexis Lécu, directeur scientifique et vétérinaire du zoo : "Il faut accepter de passer pour le ‘badguy’ auprès des animaux" Sophie Ferreira Le Morvan, directrice du zoo : "Mon métier est un peu celui de chef d’orchestre"