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Reportage

Sandra Fourqui, photographe de mode et people : "Claudia Schiffer m’a appris à être professionnelle"

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Se lever chaque matin et se préparer à côtoyer célébrités ou millionnaires. Voilà le point commun des professionnels rencontrés pour notre enquête. Ils sont coach, gouvernante, photographe, attachée de presse et ne changeraient de métier pour rien au monde. Pourtant, tous le reconnaissent, travailler aux côtés de people est loin d’être facile.

Estelle Lefébure, Claudia Schiffer, Cécile de France, Mélanie Thierry, Benoît Magimel… quelques célébrités parmi de nombreuses autres qui sont passées devant l’objectif de Sandra Fourqui, photographe. De la fac d’économie aux défilés de haute couture, elle revient sur son parcours jalonné d’heureuses rencontres et se confie sur ce qui fait le sel du métier : la proximité avec les stars.

Diplômée d’une maîtrise de sciences économiques dans l’espoir de devenir expert-comptable, rien ne prédestine alors Sandra Fourqui à la carrière qu’elle mène aujourd’hui. Si elle aime la photo et l’univers de la mode depuis l’adolescence, elle n’envisage pas pour autant d’en faire son métier : "Pour moi, la photographie de mode était un boulot de mec pour draguer de belles filles". La jeune femme change pourtant d’avis, grâce à une première rencontre : sa tante, qui travaille à l’époque à Canal+, lui présente Sylvie Deschamps, animatrice d’une émission sur les top-models. Sa destinée professionnelle va alors basculer…

Coup de cœur des tops modèles

"Lors d’un tournage, j’ai fait la connaissance des tops models Yasmeen Ghauri et Estelle Lefébure. Voyant que ce monde m’attirait, elles m’ont emmenée aux répétitions des défilés des plus grands couturiers. C’est grâce à elles que j’ai ainsi commencé à shooter, juste pour le plaisir, les plus belles femmes du monde de l’époque : Cindy Crawford, Christy Turlington, Claudia Schiffer...", raconte Sandra.


Estelle Lefébure l’a fait entrer à Sygma

La jeune femme sympathise très vite avec Claudia Schiffer qui, flairant son talent, lui propose de collaborer à son livre "Souvenirs et confidences". Une trentaine de photos publiées qui lui permettent de toucher sa première rémunération, environ 2.000 €. Puis, tout va s’enchaîner très vite : Estelle Lefébure lui demande de faire des photos pour un livre sur ses secrets de beauté, puis le top model français la fait entrer à l’agence photographique Sygma. Une vocation est née.

La tête froide face aux caprices de certaines stars

Sandra y fait, entre autres, des reportages people. Elle côtoie un monde nouveau, particulier : "Certaines personnes, très éloignées de leur image publique, peuvent ainsi devenir particulièrement odieuses, capricieuses. Face à de telles personnalités, je garde la tête froide, je prends sur moi. Mais surtout, je veille à ce que mon équipe n’en souffre pas. Il ne faut pas oublier que le photographe de mode est un vrai chef d’orchestre, c’est lui qui dirige son équipe : coiffeur, maquilleur, assistant... Heureusement, tous les people ne sont pas des enfants gâtés. Beaucoup sont très professionnels et perfectionnistes." La particularité des stars françaises ? "Elles ont besoin d’être rassurées pour se sentir à l’aise contrairement aux stars américaines qui se donnent entièrement."

Entrer dans “le cercle”

Un recul sur la profession que Sandra, 37 ans aujourd’hui, a acquis avec les années et l’expérience. "Dans ce secteur de la photographie de mode, il y a un cercle. Avant d’y rentrer, il faut faire ses preuves. Il est difficile au début d’imposer ses idées, de s’affirmer avant d’être reconnu. Il faut s’armer de patience et surtout beaucoup travailler."

Aujourd’hui free-lance, Sandra prépare une grande exposition de ses plus belles photos de personnalités. Le métier lui paraît-il facilement accessible ? Pas vraiment. Cette pro déplore de voir arriver nombre de photographes de mode incompétents sur le marché : "Des coiffeurs de stars, des petits amis de tops models... deviennent photographes. Ils n’ont aucune formation : c’est exaspérant", regrette-t-elle. Et de conclure : "Heureusement, ils ont une vie professionnelle courte !" 
Sa vision du métier 
Sa formation : maîtrise (futur master 1) de sciences économiques option mathématiques à l’université de Marne-la-Vallée.
Son conseil pour travailler avec des people : "Pour se faire une place dans ce métier où la concurrence est très forte, il faut notamment être persévérant, ne pas avoir peur de travailler gratuitement dans un premier temps, faire ses preuves, avoir une grande capacité d’adaptation, d’écoute, avec une petite pointe aussi de psychologie."
Son salaire : entre 2.500 et 12.000 € selon les budgets.
Son meilleur souvenir : "Toutes les séances photo avec Claudia Schiffer. Elle m’a appris à être professionnelle, à respecter les autres. J’apprécie notamment sa gentillesse, son humilité, sa politesse."
Son pire souvenir : "Une séance photo avec une actrice française très éloignée de son image. Elle s’est en effet révélée odieuse en réussissant à faire pleurer le coiffeur, la maquilleuse..."
Son site : www.sandrafourqui.com
Sommaire du dossier
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