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Témoignage

Pierrick, sertisseur aux ateliers Jean Christophe : “Me faire plaisir et faire plaisir aux clients”

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La célèbre place Vendôme et ses bijouteries mondialement connues sont au bout de l'avenue. Le petit atelier du joaillier Jean Christophe n'a pas pignon sur rue, mais il renferme des bijoux tout aussi précieux. Passé par la maison Chaumet avant de créer sa propre marque, l'artisan, nommé maître d'art par le ministère de la Culture en 2010, propose sa collection et fabrique des pièces uniques pour ses clients. Pour l'aider, deux salariés. Un joaillier et Pierrick Dutilh, sertisseur de 26 ans.

METIERS - ARTISANAT DU LUXE - Pierrick -Sertisseur - Atelier Jean Christophe 03Si au début le travail de matériaux précieux est une source de stress, selon Pierrick, “on s'habitue et on ne prête plus vraiment attention à la valeur des pierres”. © Céline Authemayou.

Comment il travaille les matières

Lorsqu'un bijou est commandé par un client, Pierrick intervient en bout de course, lorsqu'il faut fixer les pierres précieuses au métal. C'est le sertissage. À l'aide de petits outils prenant la forme de grosses aiguilles, l'artisan adapte sa technique à la matière et au rendu désiré. "On parle de sertissage grain, griffe ou clos", explique le jeune homme.

Pour assurer la qualité de ses gestes, Pierrick travaille à l'aide d'un microscope, qui offre une vue imprenable sur les diamants, saphir et autres émeraudes. "Bien sûr un seul et même artisan peut faire la partie joaillerie et le sertissage. Mais pour être bon dans ces métiers, il faut pratiquer quotidiennement, pendant des années. La spécialisation est donc essentielle pour perfectionner le geste."

Ce qui lui plaît

Certains bijoux fabriqués au sein de l'atelier peuvent atteindre 4.000 à 5.000 €, voire beaucoup plus selon les demandes des clients. Si au début le travail de matériaux précieux était une source de stress, "on s'habitue, concède Pierrick et on ne prête plus vraiment attention à la valeur des pierres. Le plus plaisant est surtout de travailler des belles pierres, au bel éclat, à la pureté incroyable. Car c'est ce qui fera le résultat final."

Son parcours

Son stage professionnel de troisième, Pierrick l'a réalisé chez Jean-Christophe Fouchier (le créateur de la marque Jean Christophe), en 2004. "Lors de cette immersion en atelier, j'ai pris conscience que j'étais fait pour un métier manuel. J'ai découvert une façon de travailler, des matières, la minutie des gestes..." Pierrick s'inscrit alors en CAP (certificat d'aptitude professionnelle) joaillerie puis obtient une mention complémentaire joaillerie puis un CAP sertissage en un an.

"L'entreprise chez qui je réalisais mon stage de fin d'études m'a proposé un poste, se souvient le jeune homme. J'y ai travaillé deux ans, avant d'être licencié pour raisons économiques." Il mettra plus d'un an à retrouver du travail, dans un contexte miné par la crise. En mars 2010, il rejoint Jean-Christophe Fouchier en CDI (contrat à durée indéterminée).

METIERS - ARTISANAT DU LUXE - Pierrick - Sertisseur -  Atelier Jean Christophe 05Pour assurer la qualité de ses gestes, Pierrick travaille à l'aide d'un microscope, qui offre une vue imprenable sur les diamants, saphirs et autres émeraudes. © Céline Authemayou.

Ses conseils

"Il est indispensable de passer par une école pour exercer ce métier. CAP, bac pro, mention complémentaire... Certains établissements offrent la voie de l'apprentissage. Attention tout de même, les places sont chères car les ateliers prennent très peu d'apprentis. Chaque jour, nous recevons trois à trois appels pour ce genre de demandes..."

Son salaire mensuel : 1.700 € brut

"Les débutants commencent avec le SMIC. Mais dans le monde du sertissage, il existe des primes, qui permettent d'étoffer un peu son salaire : chaque pierre posée rapporte une somme de quelques euros, selon la valeur de la pierre."

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