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Visite au Quai d'Orsay : diplomate, une vocation

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Métiers de la diplomatie – Cellule de crise au ministère des Affaires étrangères – 2013. // © Ministère des Affaires étrangères

Cellule de crise au ministère lors d'une prise d'otages à l'étranger en 2013. Les agents occupent un premier poste à Paris pendant trois ans avant de partir hors de l'Hexagone. // © Ministère des Affaires étrangères

"Nous partageons des expériences qui ne peuvent être comprises que par ceux qui les ont vécues", glisse, au ministère, une diplomate, un sourire énigmatique aux lèvres. Les rares candidats qui réussissent les concours d'entrée au Quai d'Orsay savent qu'ils s'ouvrent une vie hors du commun, à l'abri de la monotonie.

Un parcours fléché

En entrant au ministère des Affaires étrangères, les agents suivent une formation de trois mois et demi à l'Institut diplomatique et consulaire. Au programme : organisation et fonctionnement du ministère, présentation des métiers, pratiques de la diplomatie française... Les agents occupent un premier poste à Paris pendant trois ans, puis changent de poste et de zone géographique tous les trois ans – ils passeront en moyenne les deux tiers de leur carrière à l'étranger, où ils devront jongler avec tous les volets de la diplomatie : politique, consulaire, culturel...

Si le premier poste est toujours dans l'Hexagone, les agents doivent assez vite anticiper le deuxième, qui peut se trouver n'importe où dans le monde, dans l'une des 163 ambassades de France ou l'un des 92 consulats. Une préparation dans l'attente de l'affectation où se mêlent l'excitation et l'inquiétude.

En début de carrière, les conseillers (catégorie A+) gagnent plus de 3.000  € net mensuels et les secrétaires (catégorie A) près de 2.500  €. Si tous débutent comme rédacteurs, les conseillers encadreront plus tard les secrétaires.

Une manière d'être

Mais ce qui caractérise tous les professionnels des Affaires étrangères, c'est une attitude commune à tous, qui s'acquiert lors des premiers pas sur le terrain, puis devient une façon d'être. Et justifie les nombreux codes du Quai d'Orsay, accumulés au fil des années.

Certains sont explicites, comme les chaussures qui doivent être impeccablement cirées ; d'autres, plus implicites, dictent la manière de s'adresser à des homologues ou de ménager les susceptibilités. Des règles qui ne sont écrites nulle part, mais il faut les connaître.

"La tenue, c'est le plus facile, les codes de communication et de comportement, en revanche, sont difficiles à intégrer, souffle une jeune rédactrice de 27 ans, au Bureau des budgets. Il faut lire entre les lignes, s'imprégner d'une culture. Au bout de quelques mois, on comprend les codes implicites du langage, mais pour les maîtriser il faut bien toute une carrière."

Un choix de vie

Le modèle de l'homme diplomate, suivi par son épouse et ses enfants au gré des missions, a pris la poussière. Pour la nouvelle génération d'agents (hommes ou femmes), les départs sont souvent plus complexes car, désormais, les conjoints entendent aussi mener leur carrière.

Métiers de la diplomatie – Visite à des détenus français au Pérou par la vice-consule. // © Ministère des Affaires étrangères

Visite de la vice-consule au Pérou à des Français détenus dans la prison de Callao près de la capitale Lima. // © Ministère des Affaires étrangères

La diplomatie est "un choix de vie qui se décide à deux", note la jeune rédactrice. Bien classée à la sortie de l'IRA (institut régional d'administration) de Metz, elle a choisi de rejoindre le Quai d'Orsay pour sa dimension internationale. "Mon mari est prêt à me suivre et à mettre sa carrière entre parenthèses", confie-t-elle.

Pour son premier départ à l'étranger, elle espère obtenir un poste en Afrique. "Je veux en profiter tant que je n'ai pas d'enfants. Après, je sais que j'aurai plus de contraintes pour choisir mes destinations."

Des concours très sélectifs

Les concours de catégorie A ou A+ du Quai d'Orsay permettent d'accéder aux postes de secrétaire (via deux concours : cadre d'Orient et cadre général) ou de conseiller des Affaires étrangères (concours cadre d'Orient).

Pour s'inscrire aux concours cadre d'Orient (en 2014 : huit postes de secrétaire, trois postes de conseiller), il faut au moins une licence ainsi que la maîtrise de l'anglais et d'une langue orientale. Le concours cadre général (huit postes en 2014) pose les mêmes conditions, mais la seconde langue étrangère est moins spécifique. Une autre voie possible est le recrutement par les cinq IRA (instituts régionaux d'administration), sur concours, après une licence au minimum.

Enfin, le ministère emploie chaque année quelques diplômés de l'ENA (École nationale d'administration). Il existe aussi un concours de catégorie A d'attaché des systèmes d'information et de communication, accessible après un bac+3 en informatique (deux places en 2014). Le ministère fait aussi appel à des contractuels : des spécialistes recrutés hors concours.

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Sommaire du dossier
Retour au dossier Visite au Quai d'Orsay : diplomate, une vocation Les métiers de la diplomatie : Léa, 26 ans, rédactrice politique Les métiers de la diplomatie : Walid, 27 ans, adjoint au sous-directeur des menaces transversales Les métiers de la diplomatie : Claire, 26 ans, rédactrice Les métiers de la diplomatie : Jean-Baptiste, 27 ans, attaché des systèmes d'information et communication Les métiers de la diplomatie : Vincent, 30 ans, chargé de mission Les métiers de la diplomatie : Paul, 26 ans, rédacteur Les métiers de la diplomatie : Claire, attachée culturelle